Etrangers=chômage?

Aujourd’hui, plusieurs candidats à l’élection présidentielle souhaitent limiter drastiquement les flux migratoires: Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et le candidat sortant.

Ce dernier prétend sans ambages qu’il y a « trop d’étrangers en France » et qu’il faut diviser par deux les entrées sur notre territoire.

Voici comment son site de campagne  justifie le propos:

En France, 24% des étrangers non-communautaires sont au chômage. Parallèlement, la France compte 2,8 millions de demandeurs d’emploi, et notre population active croît d’environ 100 000 personnes chaque année. Par conséquent, des mesures ont été prises afin de réduire le niveau de l’immigration professionnelle.

En consultant les chiffres de l’Insee , on mesure à quel point la présence étrangère est un faux problème, du point de vue de la situation de l’emploi.

Le tableau ci-dessus livre trois enseignements :

  • Entre 2007 et 2010, la crise a plongé 430 000  personnes dans le chômage.  Sur ce total, 32 000 sont des étrangers non européens (7,4%).
  • En 2010, 8,6%  des chômeurs sont des étrangers non européens.
  • Parmi les 668 000 chômeurs âgés de 15 à 24 ans, 30 000 sont étrangers, ce qui représente 4,5% du chômage des jeunes en France.

Les étrangers ne sont pas la cause du chômage en France, mais cela ne dissuade pas les nationalistes de vendre leur poudre de perlimpinpin.

DG

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Sarkozy à la recherche du temps perdu

Depuis 5 ans, la « rupture » annoncée par l’actuel Président de la République n’a pas eu lieu.

C’est ce qui découle d’un  classement de l’OCDE qui range les pays selon le degré d’accélération des réformes depuis 2008.

Le terme « réforme » désigne la libéralisation des marchés et la maîtrise des dépenses publiques.

« Politiquement difficiles », les « réformes » seraient la promesse de la croissance retrouvée, à travers une meilleure mobilisation des facteurs de production:

Fondé sur 30 années d’expérience des réformes, le rapport de l’OCDE montre que les craintes concernant les effets négatifs à court terme que pourraient avoir les réformes structurelles sont exagérées. En effet, un certain nombre de ces réformes semblent avoir sur la croissance un effet stimulant relativement rapide, tandis que dans la quasi-totalité des cas, les coûts à court terme des réformes structurelles sont globalement inexistants.

A l’aide du graphique ci-dessous, examinons dans quelle mesure  l’actuel Président de la République a  dérangé le cours des choses.

L’OCDE  évalue la réactivité de chaque pays aux recommandation qu’elle formule. Les bons élèves se situent à droite du graphique.

La décélération que l’on observe en Allemagne serait le résultat d’une « fatigue » (en français dans le texte (!)) consécutive aux chamboulements sociaux des années Schroëder/Merkel.

La Suède et le Royaume Uni avancent tous drapeaux déployés vers l’allègement du coût du travail et la dérégulation des marchés de biens et services.

Là où la crise est la plus dure, on ne se fait pas prier pour « réformer » (Grèce, Espagne, Irlande, Portugal).

La France, quant à elle,  évolue, mais à un rythme de sénateur.

Certes, l’OCDE salue les efforts du Gouvernement français dans le domaine de la défiscalisation des heures supplémentaires ou le report de l’âge légal du départ en retraite, mais l’organisation internationale reste sur sa faim.

En effet,  selon elle, le coût du travail, le niveau du salaire minimum et la réglementation  des marchés seraient trop élevés. Qui plus est, depuis 2009, le rythme des « réformes » aurait ralenti dans notre pays.

Voilà pourquoi, afin de rattraper son « retard », le Président de la République  improvise une « tva sociale » et brandit la menace du référendum pour dissuader  l’opposition à ses « réformes ».

DG

 

Tva sociale: qui paiera l’addition?

Quelqu’un va payer la Tva sociale. Mais qui?

Les étrangers?

C’est l’effet qui est annoncé, puisque la tva augmenterait le prix des biens importés tandis que la production locale bénéficierait de l’allègement de charges sociales.

Or, depuis 20 ans, le financement de la protection sociale a largement évolué en faveur de l’impôt (2 à 30% du total) sans effet notable sur nos échanges extérieurs.

De plus, si les salaires nets viennent à augmenter (pour un salarié payé 2000 euros par mois,  on évoque un gain mensuel compris entre 15 et 50 euros), le coût du travail bougera peu.

Dès lors, un choc inflationniste est prévisible.

Il affecterait deux catégories de personnes: retraités modestes, chômeurs et titulaires des minima sociaux d’un côté,  titulaires de revenus de la propriété (dividendes, intérêts, loyers…) de l’autre.

Qui va payer?

Certes, les revenus du capital ne sont pas indexés sur l’inflation mais, comme le note Natixis, ces derniers occupent une place modeste dans le revenu disponible des ménages (8% contre 20% en Allemagne).

Qui plus est, ils sont relativement peu consommés, contrairement aux minima sociaux.

Moralité: la TVA sociale défavoriserait les inactifs, les chômeurs et les salariés modestes au profit des actifs les plus huppés.

Un véritable bouquet final dans le feu d’artifice sarkozyste.

DG