1988-2008: 52% de la croissance économique mondiale accaparés par les 2% les plus riches

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Source: Branko Milanovic (2014)

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Le monde est-il plus inégal qu’en 1820?

Un intéressant papier de Branko Milanovic (« A short history of global inequality:The past two centuries« , Exploration in Economic History, décembre 2011) permet de nuancer la progression séculaire des inégalités mondiales.

Il est vrai que l’indicateur mondial de concentration des revenus a atteint une valeur considérable (0,65, sur une échelle de 0 à 1).

Pourtant, dans une certaine mesure, la situation est moins grave qu’en 1820.

  • Il y a deux siècles, les pays se distinguaient peu, mais à l’intérieur de chacun d’entre-eux les écarts sociaux étaient très prononcés. En 2002, 80% des inégalités de revenus à l’échelle internationale procèdent des écarts de PIB moyens entre  pays. A l’inverse, en 1820, 70% des inégalités s’expliquaient par les barrières de classes sociales internes aux différents pays. Les nations prolétaires ont remplacé les prolétaires.

  • En 1820, les inégalités approchaient la « frontière de possibilité d’inégalité », c’est-à-dire le seuil fatidique au delà duquel plus de concentration des revenus aurait plongé la masse du peuple dans l’indigence (graphique ci-dessous). Depuis lors, les inégalités ont progressé mais restent très en dessous de leur seuil maximum.

Entre 1820 et  200, le revenu moyen a été décuplé. Dès lors, pour ramener le commun au minimum vital, il faudrait concentrer les richesses entre les mains de quelques uns d’une manière inouïe.

Le monde est assez riche pour que la voracité de certains ne menace plus la survie des autres, mais ce n’est pas une raison pour ne plus veiller au grain.

DG