La musique se démondialise-t-elle?

Grâce à la mondialisation et  à internet allons nous écouter toutes les musiques du monde? Pas vraiment, selon deux études récentes.

Ferreira et Waldfogel (2010) soulignent la prééminence du goût pour la musique nationale ou en provenance de pays proches par la géographie ou la langue. Le bais domestique s’est même fortement accru depuis le milieu des années 80, avec la multiplication des chaînes nationales de télévision musicales et la pression des pouvoirs publics en faveur des productions locales, comme, par exemple,  l’existence de quotas de chansons nationales à la radio.

En 1990, quand les excellents Garçons Bouchers chantent « La lambada on n’aime pas ça », la part de marché intérieure de la musique française est largement inférieure à 50% et ne cesse de diminuer. A partir de 1995, le retour de balancier a été spectaculaire, comme le montre le graphique ci-dessous.

Maria Masood montre qu’il existe un relation non linéaire entre PIB et diversification internationale de la consommation de musique. Au delà d’un certain niveau de richesse nationale, on se montre aussi peu éclectique que dans un pays à faible revenu. Certes, le panier de consommation musicale d’un habitant des pays de l’OCDE contient 3 fois plus de titres étrangers que celui d’un habitant des pays en voie de développement. Mais cet éclectisme est trompeur, puisque nos pays riches ont tendance à concentrer l’essentiel de leurs dépenses en  musique étrangère sur un petit nombre de pays, notamment anglo-saxons.

L’auteur établit un parallèle avec la micro-économie des goûts musicaux, qui montre qu’après une phase d’expérimentation, le touche-à-tout culturel qui a découvert ses préférences en est bien content et s’y tient.

Revenons aux Garçons Bouchers et à leur préférence affichée pour la java. En optant pour une musique populaire bien de chez nous,  raillent-ils le formatage des goûts musicaux au risque de verser dans l’ethno-centrisme? Par forcément, car l’histoire de la java est reliée à celle des migrations internes (Auvergne) et extérieures (Italie), auxquelles s’ajoute un zeste de musique hongroise. Comme quoi, et c’est la limite des indicateurs de diversité musicale qui se contentent de comptabiliser les flux internationaux de produits culturels, les influences culturelles les plus profondes se jouent  subtilement des frontières.

Amis Facebook de tous les pays unissez-vous?

Avec quels pays entretient-on le plus de liens amicaux sur Facebook?

La carte du monde interactive des amitiés Facebookprésentée ici par Flavien Chantrel,  est très intéressante pour identifier l’influence des distances géographiques, des proximités linguistiques et des migrations sur les liens amicaux internationaux.

La France, en raison de son passé colonial, est plus tournée vers l’Afrique du Nord que vers ses voisins européens, hormis les voisins francophones Belges et Suisses (cf ci-dessus). Il est frappant de constater que nous n’entretenons pas beaucoup plus de liens amicaux avec les Espagnols … qu’avec les Japonais.

La carte des liens amicaux de l‘Allemagne (cf ci-dessous) souligne l’influence de l’immigration Turque (11 millions d’émigrés Turcs vivent en Allemagne), la proximité avec l’Autriche,  la Suisse et les Pays-Bas, et l’éloignement amical vis-à-vis des Français (bulle rose la plus proche des Etats-Unis).

Ah l’amitié franco-allemande…

Le pays qui noue des relations Facebook intenses avec la (quasi) totalité des continents est le Brésil (cf ci-dessous).

Ce pays se tourne clairement vers l’Europe, l’Afrique (via la République du Congo)  et le Japon, grâce à l’importante migration brésilienne vers le pays du Soleil Levant.

On pourra vérifier que les autres pays d’Amérique latine, comme le Chili ou le Pérou, ont l’amitié beaucoup plus continentale.

Cette carte interactive, avec ses bulles glissantes,  est assez ludique et instructive, même si les résultats sont plutôt attendus.

Globalisation: la fin de l’état de grâce

Edward Alden publie dans Economix un intéressant billet (Behind the new view of globalization) consacré au nouveau regard que portent les économistes sur la mondialisation.

Il est bien loin le temps de l’optimisme béat.

Une série d’articles établissent un lien entre les échanges internationaux et la chute historique des emplois industriels américains, depuis la fin des années 90. Pour autant, les auteurs ne versent pas dans le protectionnisme. Ils préfèrent mettre en avant le contexte défavorable dans lequel s’effectue le commerce avec les pays émergents (dégradation des infrastructures, défaillances du système éducatif américain…) plutôt que le commerce en soi, comme si la mondialisation avait mis en évidence les faiblesses des Etats-Unis, au lieu de les provoquer.

Ironie de l’histoire: les économistes ont tellement tardé à reconnaître les inconvénients de la globalisation qu’ils se réveillent au moment où le made in USA semble reprendre des couleurs, avec l’amorce d’un processus de relocalisation (backshoring) et de réindustrialisation du pays.

Ce libre-échange dont les Français ne veulent pas

La France est un curieux pays,  qui saute à pieds joints dans la mondialisation tout en vilipendant, plus que les autres nations,  ses méfaits.

Dans « Le grand malentendu – L’idée de libre-échange en France« , l’économiste Antoine Bouët se penche sur ce paradoxe.

Cet ouvrage  est en quelque sorte le manifeste d’un libéral éclairé et atterré. Eclairé, parce que l’auteur nous rappelle que les économistes -les vrais, pas les idéologues façon Minc-n’ont jamais décrit la mondialisation comme un long fleuve tranquille. Atterré, parce qu’il déplore que notre pays se pense comme une  nation menacée par l’ouverture et se perde en débats stériles (sortie de l’Europe, démondialisation…) plutôt que de créer les conditions d’une insertion réussie dans la mondialisation. Pour parler comme naguère, en France,  les conditions subjectives du libre-échange retardent sur les conditions objectives.

Avant que d’explorer les raisons historiques et culturelles de ce hiatus (nostalgie du temps où la France était une grande puissance, se distinguer en s’opposant à la libérale Angleterre, centralisation, passion égalitaire), l’auteur fait passer un mauvais quart d’heure aux intellectuels français protectionnistes, le tout dans une langue assez belle, l’auteur aimant à se placer sous les auspices de Flaubert et de Chateaubriand.

L’auteur souligne les gains du commerce international, démontre  l’égalité entre le taux de protection non tarifaire européen et indien, note la tendance du protectionnisme agricole à déprimer la demande mondiale et conteste l’enrôlement de Keynes, par quelques idéologues de la frontière,  dans  les rangs protectionnistes.

L’ouvrage contient  d’intéressantes réflexions sur le rapport compliqué que la France entretient avec le libéralisme ou encore l’isolement des économistes, dont l’auteur estime qu’ils n’ont plus d’influence significative sur le débat politique.

Minutieusement argumenté, ce texte est une réponse à L »illusion économique, célèbre charge d’Emmanuel Todd à l’encontre des économistes, dont l’auteur s’emploie à débusquer les incohérences.

L’OMC publie sa boîte à outils

L’organisation mondiale du commerce met à disposition du public un « Guide pratique pour l’analyse des politiques commerciales« .

Ce guide a été établi pour contribuer au renforcement de la capacité des pays en développement d’analyser et de mettre en œuvre la politique commerciale.  Il s’adresse aux experts des gouvernements qui participent aux négociations commerciales ainsi qu’aux étudiants et aux chercheurs qui s’intéressent aux questions relatives au commerce.

Des taux d’ouverture aux indicateurs d’avantages comparatifs, en passant par la protection effective et les modèles de simulation de politique commerciale,  l’arsenal  paraît au complet avec, comme toujours, plein de jolis graphiques.

Puisque  la brochure de présentation nous y invite,  piochons dans la boîte à outils.

Expatriation française, flux commerciaux et interaction spatiale

 En 2011, 1,6 millions de Français étaient établis à l’étranger et se déclaraient comme tels.  

 Ce nombre a doublé en l’espace de 15 ans.

Dans   » L’expatriation française, un enjeu géopolitique émergent » (2009), Arnaud Brennetot et Céline Colange  proposent un graphique qui illustre très bien l’influence des échanges commerciaux et de la population du pays d’accueil, pondérée par la distance géographique, sur la répartition spatiale des expatriés.

La variable « interaction spatiale » , placé sur l’axe vertical,  synthétise la double influence positive de la population et de la proximité d’un pays sur les relations qu’il entretient avec la France. On la calcule en divisant la population du pays par la distance entre la capitale de ce dernier et Paris.

Sans surprise, les expatriés français ont tendance à se diriger vers nos grands voisins et partenaires  commerciaux européens.

Comme la majorité d’entre eux quittent la France pour des raisons professionnelles il est logique qu’ils  soient amenés ou incités à se déployer vers les marchés les plus accessibles et les plus vastes.

Cependant, les forces « gravitationnelles » (distance, population et richesse) n’expliquent pas tout.

Les liens culturels, les attaches historiques et le contexte politique jouent un rôle important.

Ces autres facteurs, non exhaustifs, expliquent pourquoi la moitié inférieure du graphique offre le spectacle d’une diaspora française très dispersée.

Sans eux, on ne comprendrait pas pourquoi il s’établit autant de Français à Madagascar et au Liban qu’aux Pays-Bas, pourquoi l’Iran est si absente, alors que  l’Algérie, comme Israël, sont aussi attractifs que l’Italie.

Au sujet de la Suisse, destination préférée de nos compatriotes, ce sera no comment.

Les échanges ne font pas de vieux os

Les théories du commerce international démontrent qui échange avec qui, quoi, quand et pourquoi, mais ne précisent pas pour combien de temps.

Dans les modèles classiques, on appréhende le réseau des échanges comme une mécanique bien huilée qui déplace les bons produits vers les bons pays, en fonction des distances géographiques, des différentiels de  PIB et des écarts de prix relatifs.

 Cette vision majestueuse néglige l’étonnante dynamique  des relations commerciales.

Depuis les travaux de Tibor Besedes et Thomas J. Prusa (2004), nous savons que les liaisons commerciales s’interrompent et bifurquent souvent, soit qu’un pays cesse d’exporter ou d’importer un produit, soit qu’il change de fournisseur ou de client.

Le turnover est tel que la durée de vie médiane des importations américaine est de deux ans.

En Europe, la majorité des importations disparaissent dans les 12 mois.

Curieusement,   la diminution des coûts de déplacement des produits et de l’information n’y change rien: en 1970, comme en 2000, 55 à 60% des importations européennes ne sont pas reconduites l’année suivante.

D’après Marco Fugazza et Ana Cristina Molina (2011), le phénomène affecte particulièrement les pays à faible revenu (DS=Developing South) et émergents (ES=Emerging South), avec 4 à 20% de liaisons commerciales « à durée indéterminée » (>10 ans), contre 32%  au  « Nord ».

Le taux de survie des flux commerciaux est affecté par les caractéristiques des biens et des pays, l’intensité des coûts d’échange internationaux ainsi que les efforts d’innovation.

D’une part, on constate que les biens différenciés, parce qu’ils offrent au vendeur la possibilité de se distinguer et de contourner la concurrence par les prix, s’échangent plus durablement que les biens homogènes, à l’ exception des biens primaires qui procurent un avantage comparatif aux pays du Sud.

Plus le PIB du pays vers lequel on exporte est important,  plus les échanges sont récurrents.

D’autre part, les barrières géographiques ou linguistiques freinent le volume et la durée des échanges, particulièrement pour les pays du Sud. En revanche, pour les pays à haut revenus, partager une frontière commune avec ses partenaires commerciaux ne semble pas accroître la fréquence des échanges à durée indéterminée.

A ce titre, la brièveté des échanges témoigne de la permanence des effets de distance sur le commerce international.

Enfin, quelle que soit la nature du produit, la durée de vie des échanges progresse avec les efforts d’innovation des firmes (Wei Cihh Chen, 2010).

L’impact d’autres variables est plus controversé. Par exemple,  disposer d’un large éventail de produits et de clients stimule-t-il ou non  la durée des échanges? Les auteurs hésitent. Pour certains,  la diversification  multiplie les chances de découvrir un produit adapté au client et permet d’accumuler  un  savoir faire commercial, alors que pour d’autres,  ceci  encourage à explorer d’autres marchés et à prendre de nouveaux risques, ce qui rend les échanges plus volatiles.

L’idée que la majorité des liaisons commerciales se déploient dans l’intermittence est intéressante  et novatrice, même si le rôle de l’incertitude dans les affaires internationales est connu depuis longtemps.

Cette piste de recherche n’est pas sans connections avec les développements récents de l’économie internationale, du côté de  l’hétérogénéité des firmes ou de l’influence des  réseaux migratoires sur la structuration des échanges.

Les enjeux sont importants pour les pays du Sud qui peinent à exporter de nouveaux produits mais aussi pour la France, dont les 2/3 des firmes primo exportatrices cessent cette activité au bout d’un an.

Devant un tel turnover, les gouvernements qui cherchent à développer les exportations à long terme sont incitées à adopter un comportement « conservateur’ en privilégiant  les liaisons commerciales  anciennes.

C’ette attitude est prudente mais elle risque de figer les spécialisations commerciales, la structure géographique des échanges et la concurrence inter-firmes.

DG

Le centre de gravité de l’économie mondiale est en Sibérie

Depuis 2010, la position géographique moyenne de l’activité économique mondiale se situe en Asie.

Des économistes le prédisaient dès le milieu des années 2000. Le Mac Kinsey Global Institute en apporte la confirmation dans un rapport sur l’urbanisation du monde, dont The Economist s’est fait l’écho.

Le mouvement auquel nous assistons est encore plus rapide que celui des années 1940-1950, qui  vit le centre de gravité  franchir une  grande part de l’Océan Atlantique en direction des Etats-Unis

Il avait fallu 950 années pour que le centre de gravité se transporte de Mésopotamie en Amérique du Nord. Le retour vers l’Asie a commencé très timidement à partir des années 1960, avec l’essor du Japon, mais ce sont les  années 2000-2010 qui ont été décisives.

Manège au bord du fleuve Ob (Sibérie)

D’après ces estimations, le point d’équilibre actuel  se situerait en aval du fleuve Ob (Sibérie) et devrait en remonter le cours jusqu’à Novossibirk (2025), en direction de  la Chine.

Une nouvelle fois,  le point d’intersection des forces économiques traverse la Russie et  ne  s’y fixe point.

En 2025, au terme d’une révolution presque parfaite, le centre de gravité se situera non loin de  la position qui était la sienne en 1820,  lorsque démarrait l’ère industrielle.

Le palmarès mondial de l’ouverture des marchés

La Chambre internationale de commerce évalue et compare le degré d’ouverture des économies à l’aide d’un indicateur global qui synthétise quatre séries d’informations:

  • L’ouverture commerciale: part des échanges dans le PIB, importations par habitant, taux de croissance réel des exportations à long terme.
  • La politique commerciale: droit de douane moyen multilatéral, fréquence des « pics tarifaires » (>15%), des droits antisubventions et antidumping,  durée des formalités administratives nécessaires pour procéder à une importation (en jours).
  • L’ouverture aux investissements directs étrangers: flux et stocks d’investissements étrangers rapportés au PIB, jours nécessaires pour qu’un non résident  obtienne l »autorisation d’investir dans le pays.
  • La dotation en  infrastructures de transport et de communication (ex: taux d’équipement des ménages en téléphonie ou internet; qualité du réseau routier).

Les deux premiers groupes de critères comptent respectivement pour 35%  du score final. Les deux autres pèsent chacun 15% . La note maximum est de 6.

Dans le joli tableau bleuté ci-dessus, nous observons que les petits pays aisés (Hong-Kong, Singapour ou  les Pays-Bas) ouvrent le bal, loin devant les  » poids lourds » du km2 et de la démographie (Inde, Chine ou Brésil) et les pays pauvres (Soudan, Ethiopie). Rien de bien surprenant: une économie de faible dimension est spontanément plus spécialisée et dépendante des marchés extérieurs qu’une économie vaste et populeuse.

En milieu de classement, on retrouve les grands pays européens comme le Royaume-Uni, l’Espagne ou l’Italie. La France et  l’Allemagne sont du lot, avec  une nette avance pour nos voisins d’outre-Rhin: l’ Allemagne est le plus ouvert des grands pays.

Entrons maintenant dans le détail de l’indicateur d’ouverture.

Avec un score de 3,9 (3,2 en moyenne dans les pays du G20), la France semble un pays relativement ouvert. Cependant, il faut distinguer l’ouverture marchande, au sens strict,  des scores en matière de politique commerciale et d’infrastructures de transport et de communication. En effet, malgré de très bon résultats dans ces derniers domaines (4,9 pour les infrastructures, contre 3,9 ailleurs dans le G20), l’ouverture commerciale de la France est modérée (2,5 contre 3,2 dans le G20), tout simplement parce que l ‘économie française est suffisamment grande pour ne pas avoir à  importer et exporter aussi intensément que les Pays-Bas ou l’Irlande.

Pays de taille moyenne, la France n’en a pas fini de chercher le juste équilibre entre son marché intérieur et le vent du grand large.

On constate la relative fermeture du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Argentine.

Parmi ces émergents, les uns sont aussi peu ouverts aux échanges commerciaux que les Etats-Unis. Pour le vaste Brésil, c’est compréhensible, mais le cas de l’Argentine témoigne d’une introversion commerciale spécifique.

Pour d’autres, comme la Chine et le Brésil, ce sont les entrées d’investissements étrangers qui font l’objet d’un frein relatif (1,9 en Chine, contre 3,3 en moyenne dans le G20), à l’inverse du Mexique ou de la Russie.

Eurovision et affinités culturelles

L’ Eurovision n’est pas seulement l’occasion d’écouter des chansons étranges. C’est également un révélateur des affinités qu’entretiennent, ou non, les pays.

Gabriel Felbermayr et Farid Toubal (2007) ont analysé le résultat des votes  entre 1975 et 2003.

Ils montrent que les pays proches au plan linguistique, voire  religieux, ou qui entretiennent d’intenses flux migratoires, ont tendance à se soutenir au moment du suffrage.

La première ligne du tableau ci-dessus indique que Chypre accorde à la Grèce 7,41 points de plus que la moyenne, tandis que la Grèce offre à Chypre 6,26 points en bonus.

Les pays nordiques se serrent les coudes (Islande/Suède; Danemark/Suède) au détriment  des pays latins (Danemark/ Espagne et Yougoslavie), qui leur renvoient cordialement l’ascenseur (Espagne/Suède; Italie/Suède).

Les affinités asymétriques existent. Dans la série « je t’aime, moi non plus »,  les jurys finlandais offrent 3,1 points aux chansons italiennes, alors que les jurys italiens sous-évaluent de 0,77 points les chansons finlandaises.

La France règle encore ses comptes avec l’Angleterre (-0,86 point), mais cette dernière affiche une certaine neutralité à l’endroit des chansons hexagonales (+0,18 points).

On note que l’intensité des sous notations est généralement  inférieure à celle des engouements.

Moralité: quand on aime, on ne compte pas et l’indifférence est plus forte que l’animosité.

DG

Panorama international de la diversité linguistique

L‘indice Greenberg de diversité linguistique mesure la probabilité que deux individus pris au hasard parlent une langue maternelle différente (1, si personne n’a la même langue maternelle, 0 dans le cas inverse; voir  ici les données complètes par pays).

Comme le note The Economist, les pays homogènes sont assez rares (Corée du Nord, Cuba…).

Parmi les pays occidentaux, le Danemark  s’oppose de la Belgique, tandis que la France se classe à équidistance de l’Allemagne et de l’Espagne.

On constate une  opposition entre les pays riches en langues mais parlées par peu d’individus (Brésil, Chili) et ceux dont les minorités linguistiques forment des groupes importants (Inde, Gabon).

En France, il existe plus de groupes linguistiques qu’en Espagne, mais ils sont quelque peu dilués dans la population.

De manière générale, le degré de fragmentation linguistique diminue avec le revenu par habitant.  Selon Paul de Grauwe (Language diversity and economic development, 2006), une augmentation du PIB moyen de 1% fait diminuer l’indicateur de diversité de 0,11 point.

Le degré de richesse étant lié à la division du travail et au recul des obstacles aux échanges,  il existerait une tendance au déclin du nombre de langues.

DG

La mondialisation commerciale est portée par l’investissement

D’après les calculs de Matthieu Bussière, Fabio Ghironi et Giulia Sestieri (données 2005), sur 100 euros d’équipements productifs achetés dans 18 pays industrialisés, 32 euros correspondent à des équipements ou des composants importés.

En Suède et en Belgique, ce taux excède 50%. C’est dire si la croissance de ces pays est intimement liée à la mondialisation.

Hormis la Finlande et la Corée du Sud, le contenu en importation des exportations et de consommation privée est inférieur à celui de l’investissement. Il est marginal en ce qui concerne les dépenses publiques.

La France se situe dans la moyenne, sauf pour l’investissement, légèrement plus « local » qu’ailleurs.

DG

L’économie internationale selon Turgot

« Comparer entre elles les productions de la nature et des arts dans les différents climats; connaître la valeur de ces productions ou, en d’autres termes, leur rapport avec les besoins et les richesses des nationaux et des étrangers; les frais de transport variés suivant la nature des denrées et la diversité des routes, les impôts multipliés auxquels elles sont assujetties, etc., etc.; en un mot, embrasser dans toute son étendue et suivre dans ses révolutions continuelles l’état des productions naturelles, de l’industrie, de la population, des richesses, des finances, des besoins et des caprices mêmes de la mode chez toutes les nations que le commerce réunit, pour appuyer sur l’étude approfondie de tous ces détails des spéculations lucratives, c’est étudier le commerce en négociant, ce n’est encore qu’une partie de la science du commerce.

Mais découvrir les causes et les effets cachés de cette multitude de révolutions et leurs variations continuelles; remonter aux ressorts simples dont l’action, toujours combinée et quelquefois déguisée par les circonstances locales, dirige toutes les opérations du commerce; reconnaître ces lois uniques et primitives, fondées sur la nature même, par lesquelles toutes les valeurs existant dans le commerce se balancent entre elles et se fixent à une valeur déterminée, comme les corps abandonnés à leur propre pesanteur s’arrangent d’eux-mêmes suivant l’ordre de leur gravité spécifique; saisir ces rapports compliqués par lesquels le commerce s’enchaîne avec toutes les branches de l’économie politique; apercevoir la dépendance récripoque du commerce et de l’agriculture, l’influence de l’un et de l’autre sur les richesses, sur la population et sur la force des Etats, leur liaison intime avec les lois, les moeurs et toutes les opérations du gouvernement, surtout avec la dispensation des finances; peser les secours que le commerce reçoit de la marine militaire et ceux qu’il lui rend, le changement qu’il produit dans les intérêts respectifs des Etats et le poids qu’il met dans la balance politique; enfin démêler, dans  les hasards des événements et dans les principes d’administration adoptés par les différentes nations de l’Europe, les véritables causes de leurs progrès ou de leur décadence dans le commerce, c’est l’envisager en philosophe et en homme d’Etat. »

Anne Robert Jacques Turgot (1727-1781), « Eloge de Gournay » (1759).

Le taux d’ouverture commerciale de la France est-il bidon?

Chez les protectionnistes, la dernière idée à la mode consiste à prétendre que la politique de fermeture ne serait pas une catastrophe…puisque que le protectionnisme existerait déjà (Causeur 17/01/12).

Cette sorte d’idée nous arrive d’un article qui est paru dans le Monde Diplomatique.

D’après ce journal, l’indicateur que l’on utilise pour mesurer le degré d’ouverture de l’économie française surestimerait la part de valeur ajoutée qui fait l’objet d’une exportation.

En effet,  au numérateur du ratio d’ouverture (exportations/PIB) se trouve un chiffre d’affaires (ce que les non résidents nous achètent) et non pas une valeur ajoutée (excédent des ventes sur les consommations intermédiaires nécessaires à leur production), alors qu’au dénominateur, nous n’avons pas un chiffre d’affaires mais une somme de valeurs ajoutées.

A partir de là, comme les exportations ne contiennent que 25% de valeur ajoutée, le taux d’ouverture officiel quadruplerait la réalité de notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur.

Il conviendrait de le diviser par 4, pour le ramener de 26 à 6,5%.

Tout ce raisonnement est erroné.

On ne mélange pas du tout les torchons et les serviettes en divisant les exportations par le PIB, car dans les deux cas, il s’agit de valeurs ajoutées.

Prenons l’exemple d’une élégante cloche à reblochon, toute en porcelaine cuite à 1400 degrés et vendue 20 euros à l’exportation.

En tant que produit final, destiné à combler le besoin d’hygiène du client précautionneux, la dite cloche contient tout ce qu’elle doit contenir, c’est-à-dire la somme des valeurs ajoutées réalisées par tous les acteurs qui ont contribué à sa production et à sa vente, de l’extracteur d’argile au négociant de cloches.

C’est la magie de la macroéconomie: prenez la valeur de la production par le bon bout, c’est-à-dire quand elle est prête à la consommation, et vous obtenez une mesure du PIB.

Le PIB n’est lui même que la somme des ventes de produits finals.

En soi, le taux d’ouverture officiel de l’économie française (26% du PIB est exporté) n’est pas une arnaque.

En revanche, il ne distingue pas entre la valeur ajoutée produite en France et celle qui vient d’ailleurs.

Considérez que si l’argile est importé d’Italie, la valeur des cloches contient  une part de valeur ajoutée transalpine.

Ainsi donc, si le taux d’ouverture réel de l’économie française est à revoir, ce n’est pas en raison de je ne sais quel protectionnisme, mais tout au contraire, parce qu’on s’approvisionne de plus en plus auprès de fournisseurs non résidents en biens intermédiaires, sans parler des simples opérations de réexportations.

Voilà pourquoi le Monde Diplomatique devrait prendre un peu plus son temps avant de crier victoire contre les petits économistes précis

DG.

Libéralisme et citronnade

Dani Rodrik conteste l’héritage intellectuel ambigu et l’aveuglement de Milton Friedman.

Le pape du libéralisme, on le sait,  s’émerveillait que tout un monde de division du travail tînt dans un simple crayon.

Adam Smith éprouvait le même vertige devant une tête d’épingle.

Rodrik défend l’économie mixte au moyen d’une image culinaire:

« Les marchés sont l’essence de l’économie de marché, au même titre que le citron est l’essence du jus de citron. En lui-même il est pratiquement imbuvable. Pour faire un bon jus de citron, il faut ajouter de l’eau et du sucre. Mais s’il on en met trop, le résultat ne sera pas satisfaisant. Il ne faut pas pour autant refuser l’eau et le sucre, mais trouver les bonnes proportions. Il en est de même avec l’Etat »

Trop de jus de citron, et vous obtiendrez l’amer breuvage néolibéral.

A la fin de son texte (traduit ici), Rodrik rappelle que la plupart des crayons vendus dans le monde sont produits en Chine avec le soutien actif de l’Etat.

DG

Les frontières n’ont pas disparu…so what?

Excellent article d’Hervé Boulhol sur la persistance des effets frontière dans le commerce international.

C’est entendu, le monde n’est pas plat, mais cela suffit-il pour réfuter le concept de mondialisation, c’est-à-dire d’intégration économique?

Il est vrai qu’un pays continue à subir un handicap lorsqu’il exporte ses produits au loin.  Mais quelle que soit l’ampleur des coûts de transport, l’économie se modifie à mesure que le taux d’exportation de la production  progresse.

La mondialisation contemporaine va bien au delà de l’interdépendance lorsqu’elle redistribue les segments de production dans le cadre d’une division technique du travail  à échelle continentale ou planétaire.

Quand les biens intermédiaires et autres composants franchissent les frontières, et que ces dernières traversent la manufacture d’épingles chère à Adam Smith, alors on peut dire que l’extension du travail collectif franchit une nouvelle étape.

DG

Le taux d’ouverture est caduc

Contenu en importation des exportations (1995-2005)

Le taux d’ouverture commerciale  mesure la dépendance d’un pays vis-à-vis du commerce extérieur.

La formule la plus simple consiste à diviser la valeur des exportations par le PIB.

En France, le taux est égal à 27% (Insee 2008).

Est-ce à dire que 27% des salaires et des profits proviennent des exportations?

Il faut prendre ses précautions avec cette statistique car elle est faussée par le commerce vertical, c’est-à-dire l’importation de composants et biens intermédiaires incorporés dans les exportations.

En moyenne, 100 euros d’exportations françaises contiennent 72 euros de valeur ajoutée locale et 28 euros de composants et biens intermédiaires étrangers (graphique ci-dessus).

Après correction, le taux d’ouverture réel de notre économie, termes de valeur ajoutée, passe de 27 à 21%.

Un papier suédois attire notre attention sur le biais statistique que provoquent les délocalisations. De son côté, l’OMC a lancé le projet Made in the World pour convertir en valeur ajoutée les chiffres bruts du commerce international.

A l’avenir, il faudrait disposer d’une mesure plurielle et qualitative de la mondialisation, intégrant les effets sur l’innovation, l’intégration des marchés, les inégalités sociales ou bien encore les contacts inter-culturels.

Sinon, l’écart entre la mesure et la perception de la mondialisation ira grandissant.

DG

La géographie au service des délocalisations vers la Chine

Bas salaires, monnaie sous-évaluée et géographie se conjuguent pour expliquer l’attractivité de la Chine aux yeux des multinationales asiatiques et occidentales.

Proche du Japon, de la Corée du Sud ou de Taïwan, la Chine sert de plateforme d’exportation à ces pays pour atteindre les marchés européens ou américains. Réciproquement, l’Occident se délocalise en Chine pour assembler les produits qu’il projette de vendre en Asie.

Ce commerce vertical et triangulaire témoigne du fait que l’atelier du monde importe à proximité pour vendre au loin et importe de loin pour vendre à proximité.

L’étude de la Banque mondiale est  une nouvelle pièce à verser au débat sur la complémentarité entre mondialisation et régionalisation des échanges.

DG

Sous le soleil de Mexico

 

Les scientifiques se distinguent souvent par leur état d’esprit non routinier. En général ils n’ont pas peur des rapprochements inattendus et c’est exactement ainsi que procèdent Paul Krugman et Raul Livas Elizondo (1992) dans un article intitulé « Politique commerciale et métropoles du Tiers Monde » (un résumé en français est proposé par Ghio et Van Huffel, 2001). L’enjeu est important : Krugman prétend apporter une explication inédite à l’excessive urbanisation des grandes villes du Sud (ces « Romes sans empire » qu’évoque Paul Bairoch). Tout part d’une observation: depuis que le Mexique a fait le choix de l’ouverture au commerce mondial (1986: adhésion au Gatt, 1994: Accord de libre-échange nord-américain) on assiste à un processus de décentralisation économique qui s’effectue au détriment de sa capitale, la ville la plus peuplée du monde à l’époque au point que l’on parle de « monstruopole ». Quel lien « caché » existe-t-il entre ces deux faits en apparence sans rapports? Pour le comprendre Krugman nous invite à chausser de nouvelles lunettes théoriques et à abandonner l’hypothèse traditionnelle de la concurrence pure et parfaite. Sa démonstration, qui repose sur la prise en compte des rendements croissants, nous conduit à envisager la « macrocéphalie » du Mexique non pas comme une fatalité mais comme l’effet non souhaité de la stratégie d’industrialisation centrée sur le marché intérieur qui avait prévalu de l’après-guerre jusqu’aux années soixante-dix. C’est aussi la première fois qu’un article ouvre l’économie internationale à l’économie urbaine.

On a chanté les forces centripètes

Lorsqu’elles s’adressaient essentiellement au marché intérieur les entreprises avaient tendance à se localiser à Mexico et sa proche région qui connut une forte croissance démographique entre 1950 et 1980 (de 4 à 12 millions d’habitants pour 19 millions actuellement). Le démantèlement des barrières aux frontières a contribué à « décongestionner » Mexico au profit d’un « second centre » industriel limitrophe des Etats-Unis qui a accueilli de nombreuses entreprises industrielles de réexportation (+ 850 000 emplois au cours des années quatre-vingt dix, les exportations mexicaines augmentent à un rythme annuel de 18% durant cette période). Expliquons tout d’abord ce qui encourage des entreprises à se rassembler en un point de l’espace.

Krugman utilise une structure de marché à mi chemin entre le monopole et la concurrence pure et parfaite : la concurrence monopolistique (Dixit et Stiglitz, 1977). Elle autorise les entreprises à différencier leurs produits pour fidéliser leurs clients et contourner la concurrence par les prix. Dans le contexte d’une économie fermée aux échanges extérieurs Krugman montre que si l’affrontement de « petits monopoles » freine la concentration horizontale il existe cependant trois forces qui poussent à la concentration spatiale des unités productives :

-Les firmes préfèrent rassembler leurs moyens de production sur un site unique lorsqu’elles ont des coûts fixes.

-Elles ont intérêt à se localiser au plus près de leurs clients et de leurs fournisseurs en biens et services intermédiaires pour minimiser les coûts de transports.

-Plus les firmes sont nombreuses en un lieu plus se conjuguent les compétences, les clients et les fournisseurs, ce qui attire des entreprises supplémentaires qui contribuent à leur tour à renforcer cet effet de taille du marché.

La région centre ne draine cependant pas toutes les activités en raison de nombreuses « déséconomies d’échelle » : hausse du prix des terrains, des logements ainsi que des salaires, congestion des déplacements urbains, détérioration de l’environnement (la qualité de l’air en particulier).

Que se passe-t-il lorsque l’économie s’ouvre aux échanges internationaux? Krugman prévoit une plus grande dispersion des unités productives pour deux raisons (2):

-Un effet de marché qui fonctionne à rebours de l’effet précédent: comme Mexico n’offre plus l’exclusivité des débouchés et que l’on n’y trouve plus forcément les biens intermédiaires les moins chers, l’intérêt d’une production sur place diminue.

-Un effet coût de transport : les entreprises se rapprochent des marchés extérieurs et se déplacent vers les frontières, par exemple celle qui sépare le Mexique des Etats-Unis où se concentrent les « maquiladoras ».

Hasard et nécessité d’un échec de marché

 

A l’évidence Mexico doit sa fondation au hasard de la géographie (les aztèques mirent à profit la présence d’un grand lac qui par la suite fut assêché par les conquistadors) mais il ne s’agit là que d’un avantage de « première nature » pour reprendre l’expression de Krugman (1991). La prééminence économique de Mexico s’affirme durablement de façon endogène et émergente en raison des effets cumulatifs qui ont pu apparaître à partir d’une avance même légère en termes de taille de marché accentuée par la stratégie d’industrialisation par substitution des importations (3). L’excès d’urbanisation qui en a résulté est à ses yeux un « échec de marché » et Paul Krugman adopte une démarche résolument néolibérale lorsqu’il soutient que cette situation exige un correctif marchand (la libéralisation des échanges) plutôt que règlementaire.

Cette approche aurait pu être complétée par une prise en compte d’un autre « échec » de nature plus sociale. En effet, le géographe Bernard Bret (2006) définit l’urbanisation exubérante des pays du tiers monde comme un substitut à la redistribution des revenus vers les classes les plus pauvres. Les plus modestes s’installent en ville pour travailler dans un secteur tertiaire dont l’essor doit beaucoup à la demande de services qui émane des classes les plus riches mais aussi pour profiter d’infrastructures scolaires, sanitaires et parce que la proximité du pouvoir central améliore les chances de faire aboutir ses revendications. La ruée vers Mexico constitue certainement une piètre alternative à la redistribution des richesses mais il n’est pas sur que le triplement du taux d’ouverture de l’économie mexicaine entre 1980 et 2000, qui a contribué à contenir la métropolisation de Mexico, ait eu des effets positifs sur les salaires, la réduction des écarts de revenus et la protection sociale.

(1) Les consommateurs jouissent d’une gamme de produits variée mais cette diversité génère une sorte de « gaspillage » : le pouvoir de marché dont bénéficie chaque firme les incite à produire en decà de leurs possibilités. Dans ce contexte il est aisé de montrer l’intérêt d’ouvrir les frontières et d’accéder à un plus vaste marché : le nombre de variétés augmente, chaque firme produit plus et diminue son prix. Grâce au libre-échange le consommateur maximisent les avantages que procure la concurrence monopolistique (plus de diversité des biens) sans subir son inconvénient (prix relativement élevés en autarcie).

(2) On trouvera un historique de la politique commerciale mexicaine chez Hanson (2002). Ades et Glaeser (1995) valident empiriquement l’analyse de Krugman en mettant l’accent également sur d’autres facteurs que la politique commerciale. On trouvera un survey succint de la littérature concernant l’urbanisation dans le tiers monde dans Lanaspa, Pueyo et Sanz.

(3) Appliqué aux comparaisons internationales ce genre d’approche ouvre des perspectives plus heureuses que les thèses culturalistes ou essentialistes auxquelles ont recourt parfois pour expliquer l’avance relative de l’Occident…qui doit peut-être beaucoup plus au hasard qu’à sa nature (petite cause grandes conséquences)

  • Bairoch P., 1988, Cities and Economic Development, Chicago, University of Chicago Press.
  • Bret B., 2006, Le Tiers Monde. Croissance, Développement, Inégalités. Ellipses.
  • Dixit A. K. , Stiglitz J. E., 1977, Monopolistic Competition and Optimum Diversity, American Economic Reviex, 67.
  • Ghio S., Van Hauffel C, 2001, « Intégration Economique et Disparités Spatiales dans l’Union Européenne », Revue d’Economie Régionale et Urbaine, n°2.
  • Hanson G. H. ,2002, « The Role of Maquiladoras In Mexico’s Export Boom », Conférence, 26 et 27 juillet 2002.
  • Hanson G. H., 1992, Industry Agglomeration and Trade in Mexico, Phd. MIT.
  • Krugman P. R., Livas Elizondo R, 1992, « Trade Policy and the Third World Metropolis », Journal of Development Economics, Vol.49.
  • Krugman P. R., 1991, « First Nature, Second Nature and Metropolitan Location », NBER n°3740.
  • Lanaspa L., Pueyo F., Sanz F., Urbanization Patterns and Level of Development, an Empirical Assessment. Université de Saragosse