Profit, compétitivité et emploi en Allemagne

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La position dominante de l’économie allemande sur le continent européen a tendance à nous faire oublier que ce pays est traversé, comme tous les autres, par des conflits d’intérêts, et que si ce pays  maintient un tel niveau de compétitivité il le doit moins au  ciel libre et non faussé  de la concurrence qu’à une économie politique.

Le graphique ci-dessus, tiré d’un rapport de la Deutsche Bundesbank (janvier 2016) retrace l’évolution d’une batterie d’indicateurs de compétitivité, dont un concerne les coûts salariaux (« unit labor costs ») et cinq autres les prix.  Par exemple: depuis 1996, l’Allemagne a réduit de 20% ses prix à l’exportation, relativement à 37 de ses partenaires commerciaux. Comme la marge relative des entreprises dépend de l’évolution comparée  des prix et coût, nous pouvons déduire de ce graphique quelques hypothèses comportementales intéressantes.

Trois faits retiennent l’attention:

  • Quel que soit l’indicateur de compétitivité retenu, l’Allemagne a engrangé l’essentiel de ses gains de compétitivité prix avant 2001, soit avant le lancement de l’Euro comme monnaie fiduciaire.
  • Compétitivité prix  et coût ont globalement tendance à évoluer dans la même direction (comparer « unit labour costs » et « gdp déflators »).
  •  Lorsque la compétitivité prix se stabilise ou diminue, les coûts salariaux ne s’adaptent pas immédiatement (2000-2002; 2005-2008).

 

Traduisons ces faits en termes plus politiques, c’est-à-dire du point de vue de la répartition de la valeur ajoutée entre le capital et le travail.

  • 1996-2001: la perspective d’une intensification de la concurrence intra-européenne consécutive au lancement de la monnaie unique pousse les entreprises allemandes à mener une offensive en termes de prix et à profiter de la dépréciation du mark et de l’Euro pour accroître leur part de marché. Résultat: la compétitivité prix progresse au détriment  des salaires, de sorte que les marges relatives des entreprises allemandes sont stables.
  • Une fois dans l’Euro, l’Allemagne est  confrontée à des défis nouveaux: explosion des exportations chinoises, chômage massif (10% de la population active), déficits publics à résorber avec impossibilité de dévaluer sa monnaie nationale et, qui plus est, la contrainte concurrentielle qui découle de l’appréciation de l’Euro.  Résultat: entre 2001 et 2008, l’offensive du côté de la compétitivité prix fait une pause, mais  les entreprises allemande, qui maîtrisent plus leurs salaires que les prix mondiaux,  en profitent pour accroître leurs marges relatives.  En effet, à partir de 2003, l’Allemagne rétablit sa compétitivité par le biais des délocalisations (gain en termes de productivité du travail) et de réformes du droit social votées dans un contexte de chômage de masse favorable au patronat.

 

Résumons nous: la capacité des entreprises allemandes à préserver leurs profits est remarquable

  • Quand les entreprises allemandes passent à l’offensive commerciale, elles prennent soin de préserver leurs marges et pour cela font reposer tout l’effort sur leurs salariés.
  • Quand il est plus difficile d’améliorer la compétitivité prix, ou qu’elle diminue,   les entreprises voient tout de même leurs marges relatives augmenter ou rester stables car elles en demandent encore plus à leurs salariés.

En apparence, les grands perdants de cette histoire sont les salariés allemands, dont les efforts et les sacrifices, qui avaient permis de satisfaire le consommateur mondial avant 2001 en leur offrant des prix relativement plus attractifs, n’ont pas été récompensés après 2001, à moins de démontrer, et c’est loin d’être improbable,  que les marges emmagasinées par les employeurs allemands servent à consolider la compétitivité hors coût et hors prix, c’est-à-dire l’innovation et la qualité des produits, ce qui est favorable à la préservation de l’emploi sur le long terme et explique l’assentiment des salariés allemands au modèle économique de leur pays.

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En Allemagne, la courbe de Phillips trace sa route

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Un intéressant papier de Daniel Gros permet de comprendre le rôle du contexte macroéconomique dans la formation des salaires allemands au début des années 2000.

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La stabilité de la relation taux de chômage-croissance des salaires nominaux (dite « courbe de Phillips ») tend à démontrer que le net ralentissement salarial de la période 2001-2006 est le résultat de la forte hausse du chômage plutôt que la manifestation d’une  volonté politique.

L’auteur semble faire un peu trop confiance à l’autonomie des « forces de marché » (en l’occurrence, excès d’offre de travail=ralentissement des salaires) par rapport aux rapports de force sociaux, mais son élégant graphique est utile pour relativiser l’idée que le modèle allemand a connu une rupture historique  après l’introduction de l’Euro.

 

Pourquoi l’Euro fait-il du bien à l’Allemagne et pas à la France?

Le lancement de l’Euro a été une opportunité pour l’industrie allemande, mais constitue (encore) une épreuve pour notre industrie.

Pour s’en convaincre, voyons comment la monnaie unique contrarie les bonnes vieilles habitudes françaises en matière de compétitivité.

Pour notre industrie manufacturière, le « Franc faible » c’était bien, c’était chouette, puisqu’il suffisait de surfer sur la dépréciation tendancielle du Franc pour améliorer la compétitivité coût.

Par exemple, entre 1975 et 2000, la diminution des coûts relatifs français de 20% (Graphique 1) avait été obtenue grâce à la dépréciation du Franc de 20% contre le dollar (Graphique 2).

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Graphique 1

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Graphique 2

L’avènement de l’Euro marque la fin de l’ère des dévaluations/dépréciations .

Privée de son adjuvant monétaire, l’industrie française est priée d’adapter ses salaires et sa productivité à la compétition internationale et de répliquer notamment à la concurrence allemande.

Justement, passons à l’Allemagne.

Contrairement à notre pays, l’Allemagne a toujours été exposée à l’appréciation de sa monnaie contre le dollar (Graphique 3).

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Graphique 3

Pour résister à la cherté de leur monnaie, les firmes allemandes ont développé deux stratégies complémentaires:

  • La recherche systématique d’une forte compétitivité hors coût (qualité, innovation), pour fidéliser le consommateur en dépit du prix élevé qui lui est proposé.
  • La stabilisation de la compétitivité coût, grâce à des efforts périodiques en matière de salaires et de productivité (années 80, fin des années 90) (Graphique 4).

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Graphique 4

Depuis que l’Euro existe et qu’il est globalement stable face au Dollar,  les entreprises allemandes retirent tous les avantages de leur stratégie habituelle (qualité forte, maîtrise des coûts) sans en subir la contrainte (appréciation de la monnaie). Il leur  est plus facile de résister à la concurrence des pays émergents et même d’en tirer partie puisqu’il est possible de vendre une production de haute qualité à un prix plus adapté à ces nouveaux clients (les prix à l’exportation n’augmente plus systématiquement comme à l’époque du Mark fort).

2 bémols, histoire de ne pas trop charger la barque de la monnaie unique:

Il est difficilement imaginable que les entreprises françaises n’aient pas anticipé les contraintes de la monnaie unique et d’un Euro fort. Dans ce contexte, ce serait l’entrée fracassante (et imprévue) de la Chine sur les marchés internationaux qui aurait destabilisé l’industrie française, et non pas l’Euro.

L’avenir n’est pas écrit: avec le ralentissement économiques qui frappe les pays émergents, la moindre incitation des entreprises allemandes à accroître systématiquement la qualité de leur production et les hausses de salaires Outre-Rhin,   il n’est pas interdit de penser que la pression concurrentielle allemande s’apaisera, redonnant ainsi quelques marges à l’industrie française.

 

 

 

L’Institut Montaigne veut remettre les Français au travail

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Chaque année, une fondation, un think thank ou un institut croit bon de disserter sur le supposé manque d’appétence des Français pour le labeur.

Cette fois-ci, c’est au tour de l’Institut Montaigne de froncer les sourcils et de pointer du doigt le Gaston Lagaffe qu’il voit poindre en chacun de nous.

Absentéisme, congés, jours fériés, RTT, rien n’échappe aux auteurs qui ne digèrent pas que nos salariés à temps complet travaillent 219 heures de moins par an que leurs homologues européens.

D’après le rapportde l’Institut Montaigne, les planqués du boulot ronronnent dans les grandes entreprises et la fonction publique, tandis que les cadres de l’hôtellerie, avec plus de 2000 heures de travail par an, oeuvrent avec le même zèle que la moyenne des salariés en 1950.

La lecture de ce rapport est à la fois ludique et consternante.

En effet, on sourit lorsque l’Institut Montaigne affirme que travailler plus pour le même salaire permet d’accroitre « mécaniquement » le PIB.

De plus, lorsque les auteurs observent que « l’acceptabilité sociale » d’un retour au 40 heures payées 35 exigera un « véritable effort de pédagogie », on clignote de plaisir.

Enfin, on s’émerveille que l’Institut Montaigne sonne le tocsin tout en produisant un graphique (cf ci-dessous) qui nous apprend que les moindres horaires des salariés français à temps complet sont compensés par une durée de travail supérieure chez ceux qui disposent d’un temps partiel.

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Le sentiment de consternation naît de l’irréalisme d’une telle proposition en période de récession, de chômage de masse et de crise de la demande.

Quant aux injonctions des auteurs pour un contrôle assidu du temps de travail dans la fonction publique, elles donnent à penser que notre pays ne perdra pas avant longtemps sa curieuse manie de s’enliser dans des débats aussi mortifères que stupides.

La France, pays de la modération socio-fiscale

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On lit souvent dans la presse financière que le modèle social français serait une relique du temps jadis, le vaisseau fantôme de la devise rousseauiste « liberté, égalité, fraternité ».

Bien évidemment, la vérité ne réside pas plus dans l’exagération des milieux rentiers que dans la déclamation rituelle des principes révolutionnaires.

A ce propos, le graphique de gauche nous montre qu’entre 1985 et 2010, la concentration du revenu disponible en France est restée plutôt stable, ou du moins que la hausse actuelle des inégalités n’a pas (encore) effacé la diminution qui fut obtenue entre 1985 et 1995. En revanche, le caractère relativement égalitaire de notre pays tient un peu du trompe l’oeil puisque les havres de la social démocratie que sont l’Allemagne, la Suède ou la Finlande se rapprochent du degré d’inégalité hexagonal. Ces pays de tradition égalitaire nous rejoignent, plus que nous ne combattons les inégalités.

Le graphique de droite est intéressant pour comparer l’intensité avec laquelle les systèmes socio-fiscaux atténuent les inégalités monétaires. Il apparait qu’en France, la redistribution permet de réduire la concentration des revenus de 40%. C’est beaucoup, mais le pays de Marat n’occupe, avec l’Allemagne, qu’une position médiane.

Il est remarquable de constater que beaucoup de pays convergent vers la France. Entre 1985 et 2010, les écarts de redistributivité, dans l’échantillon de pays proposé, ont été divisés par deux et le modèle social français correspond à ce que pourrait devenir le modèle anglais, avec un peu de solidarité en plus, et à ce qu’il reste encore du modèle danois ou suédois.

Nous voici, statistiquement du moins, un modèle que l’on imite, ce qui devrait atténuer sur notre pays la pression de la concurrence fiscale. Reste à savoir si, politiquement, cette position nous suffit.

Une compétitivité française à deux vitesses

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La France est un pays complexe qui adore les idées simples.

Cela se vérifie dans le domaine de la politique commerciale où la démagogie protectionniste et le dogmatisme libéral font l’impasse sur la diversité des structures productives de notre pays.

Une étude de la Direction du Trésor analyse les évolutions du solde extérieur français selon trois catégories de produits:

-les produits « qualité », dont les ventes sont moins sensibles au prix qu’au positionnement haut de gamme ainsi qu’au contenu technologique (transport aérien, spatial, produits des industries chimiques…).
– les produits « prix », dont les ventes sont très sensibles aux coûts de production et aux variations du taux de change (textile, meubles, jouet…).
-les produits « intermédiaires » (voitures, machines…).

Les résultats montrent que depuis 2006, le hiatus entre produits « qualité » et « prix » ne cesse de s’amplifier.

Alors que notre pays conserve et améliore son excédent commercial dans les produits à forte compétitivité hors prix, il ne cesse de perdre des positions dans les produits sensibles aux aléas de la compétitivité prix.

Aujourd’hui, les excédents procurés par les industries aériennes ou du luxe ne permettent plus de compenser les déficits dans l’automobile ou le textile.

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Les auteurs concluent par ces mots: « Au final, ces évolutions confirment que si la France est relativement bien positionnée sur le hors-prix et les produits de haute technologie, elle ne l’est pas suffisamment pour résister à une dégradation de sa compétitivité- prix ».

Les auteurs mettent l’accent sur les méfaits sectoriels de l’euro cher, mais ils n’oublient pas de mentionner d’autres pistes, comme le ralentissement de la productivité ou le renchérissement du coût du capital.

Avec d’un côté, des secteurs qui font fi de la hausse du cours de l’euro, voire qui en bénéficient, et d’un autre côté, des secteurs de plus en plus nombreux à subir la concurrence par les prix, notre pays sera bien obligé de chercher des solutions de compromis.

Boom des exportations allemandes et effet de rattrapage

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La mode médiatique consiste à admirer, avec un zeste de ressentiment, le succès commercial de l’Allemagne et à se lamenter du décrochage français.

Tandis qu’une foule pèlerine se presse autour du modèle allemand, ouvrons le grand livre des statistiques commerciales pour y voir plus clair.

La vive croissance des exportations allemandes ne tombe pas du ciel des réformes mais vient contrebalancer l’effondrement des ventes allemandes au début des années quatre-vingt dix.

En 2008, l’Allemagne exportait 3,5% de son PIB vers la France, soit autant qu’à la fin des années quatre-vingts, avant que les ventes allemandes ne reculent d’un point et demi de PIB.

Quant à la France, la part de PIB (3%) qu’elle exporte vers l’Allemagne stagne depuis le début des années soixante-dix, soit bien après les congés payés et bien avant les horribles 35 heures. Le regain d’exportations françaises vers l’Allemagne, de la fin des années quatre-vingts à l’instauration de l’euro, ne fut donc qu’un feu de paille.

Notons que sur la longue période l’interdépendance commerciale franco-allemande a fortement progressé: depuis 1950, les deux nations ont triplé leur taux d’ouverture réciproque, principalement, il est vrai, au cours des trente glorieuses.

Les administrations publiques n’étouffent pas le PIB

De manière générale, le débat sur la place de l’Etat tourne à la dispute théologique.

D’un côté de la barricade, on brandit le poids de la dépense publique dans le produit intérieur brut pour démontrer que le secteur privé est asphyxié.

De l’autre côté, on brandit Colbert et le Conseil National de la Résistance pour affirmer qu’en France on se fait depuis toujours une certaine idée de la puissance publique.

Tout cela met du sel dans les discussions, égaie les soirées électorales, mais la réalité matérielle est autre.

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Entre 1949 et 2007, les administrations publiques (Etat central, collectivités territoriales et protection sociale) ont augmenté leur part dans la valeur ajoutée intérieure de 6,6 points passant de 10,8 à 17,4% du PIB. Cette proportion est identique à celle qui prévalait en 1980. Le déclin de la part des ménages et entrepreneurs individuels a bénéficié beaucoup plus aux entreprises et aux banques, dont le poids économique cumulé atteignait 61,1% du PIB en 2007, contre 44,4% en 1949.

Cette façon d’appréhender le poids de l’Etat en termes de valeur ajoutée est plus pertinente que le confus ratio dépenses publiques/PIB, qui amalgame valeur ajoutée et transferts publics, c’est-à-dire création et redistribution de richesse.

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D’après les estimations de Thomas Piketty, les administrations publiques détiennent 18,3% du patrimoine national (18,3=[145/145+646].100).

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La dette des administrations publiques (114% du revenu national en 2010) est inférieure à la valeur de leurs actifs financiers ou non (145% du revenu national). Contrairement à l’ancien régime, les Républiques successives ont pris soin d’accumuler des actifs, parallèlement aux dettes. N’en déplaise aux oiseaux de mauvaise augure, nous ne sommes pas en 1789.

La France décroche-t-elle vraiment?

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Toute la presse s’émeut d’une étude de la Direction génerale du Trésor qui certifie que le PIB habitant de notre pays décroche par rapport à l’OCDE.

Constat: entre 1975 et 2012, la France recule de la 13ième à la 19ième place.

Talonnée par la Corée du Sud, elle est désormais devancée par le Royaume Uni, la Finlande, l’Autriche, tandis que l’écart s’approfondit avec l’Allemagne.

Dans l’ambiance actuelle, gageons que ce résultat fera le bonheur des néolibéraux, tel Nicolas Baverez (lire son article hilarant dans le Point), et celui des néodirigistes, tel le protectionniste russophile Jacques Sapir.

Apportons quelques nuances à ce constat morose

Ces données n’offrent pas un instantané des écarts de niveaux de vie en 2012, mais reconstruisent le chemin parcouru à partir d’une année de référence. Si l’on compare les richesses nationales aux prix de 2012, c’est-à-dire en utilisant la méthodologie des parités des pouvoirs d’achat courantes, « l’écart entre la France et l’OCDE n’est pas significativement différent de zéro« , précise l’auteur de l’étude.

On aurait tort d’idéaliser la position relative de la France en 1975. A cette époque, elle n’occupait qu’une place médiane au sein de l’OCDE. Certes ce n’est plus le cas, mais par rapport à l’actuel pays médian (le Royaume Uni) l’écart n’est pas considérable, de l’ordre 7%. La Nouvelle Zélande a beaucoup plus rétrogradé que la France, qui ne dévisse pas par rapport à tous les pays puisqu’elle reste deux fois plus riche que le Mexique et évolue au même rythme que la Suède et le Danemark.

Pour un tiers, notre retard de PIB moyen s’explique par un manque d’effectifs en âge de travailler (15-64 ans), ce qui résulte du dynamisme de la démographie française. A terme, quand les nouvelles générations seront en activité, la démographie jouera en notre faveur.

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Le « décrochage » français n’est pas une nouveauté. Le taux de croissance du PIB moyen s’écarte de la moyenne de l’OCDE depuis le début des années quatre-vingts et le décalage s’accentue à partir du début des années quatre-vingt dix. Tout se passe comme si notre pays profitait assez peu des périodes d’expansion et conservait les séquelles des crises (second choc pétrolier, récessions de 1993 et de 2009). A ce titre, la permanence depuis 1983 d’un taux chômage supérieur à 7% de la population active est l’autre explication de notre manque relatif de PIB.

Il faut prendre la mesure de l’enrichissement considérable et assez régulier de la France depuis 1975, alors que la durée du temps de travail diminuait aussi intensément qu’en Allemagne.

Même si depuis dix ans la France fait du surplace, ce qui est loin d’être une exception parmi les pays de l’OCDE, notre pays ne s’appauvrit pas.

En 2012, comme presque tous les autres pays de l’OCDE, notre pays est plus riche que ne l’était le plus riche des pays en 1975, c’est-à-dire la Suisse .

La compétitivité sans qualité

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Quelques jours avant le « tournant social-libéral » du Président Hollande, l‘OCDE publiait un intéressant papier qui invite à ne pas se focaliser exagérément sur la compétitivité coût de notre pays et à envisager le problème sous un angle plus qualitatif.

Les graphiques ci-dessous illustrent la difficulté des entreprises à jouer sur la qualité de leurs produits pour riposter à la concurrence par les prix.

En effet, entre 1997 et 2009, la part de l’industrie dans la valeur ajoutée totale, exprimée volume (soit hors variation des prix), recule assez assez peu et avec la même intensité qu’en en Allemagne (-10%).

Or, en valeur, la baisse est à la fois beaucoup plus prononcée  (-30%) et nettement plus forte qu’en Allemagne (-15%).

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Moralité: pour affronter la concurrence,  les entreprises françaises sont obligées de baisser leurs prix, alors que leurs homologues allemandes réussissent à maintenir les leurs grâce à la qualité de leur production,  ce qui leur permet de préserver leurs marges.

Dans ce contexte, à défaut d’une dévaluation qui permettrait d’accroître artificiellement les prix, on conçoit qu’une baisse des cotisations sociales fournisse un ballon d’oxygène aux entreprises, mais tant que la qualité des produits ne s’améliore pas, le remède n’apportera qu’un bref répit.

Les auteurs du papier n’omettent pas d’aborder la question sous un angle macroéconomique: dis moi combien tu investis et tu épargnes et que te dirai si tu vis au dessus de tes moyens.

 En décomposant l’origine du besoin de financement de l’économie française, il apparaît que la principale source des déficits extérieurs réside dans la dynamique de l’investissement.

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Entre 1997 et 2008, la détérioration du solde extérieur (-5 points de PIB) s’explique  à  80% par la progression des achats d’actifs productifs, en particulier l’achat et l’entretien de logements (+ 2,5 points).

Un zoom sur l’épargne des entreprises françaises (profits non distribués) permet de vérifier que ce ne sont pas les coûts salariaux mais la générosité des distributions de dividendes qui explique les difficultés actuelles.

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Au passage, on vérifie, avez un zeste de malice,  que les 35 heures n’ont pas provoqué le choc cataclysmique que l’on dit sur la rentabilité de nos entreprises.

La France est-elle médiocre?

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Parcourant la revue Challenges, je découvre l’existence de Bruno Cavalier et Fabien Bossy, deux experts à la banque d’investissement Oddo et Cie, qui nous proposent un outil simple pour mesurer la performance économique des nations.

Chic alors. Quel est donc l’avis d’Oddo sur notre pays?

 La France se caractérise avant tout par sa constance dans la médiocrité. Depuis 1996, c’est le seul pays, avec la Grèce, où la note n’ a jamais dépassé B. 

Ainsi donc, le bulletin scolaire de l’économie française serait plus proche du mauvais que du bon.

Pour faire profession de vérité, les auteurs s’appuient sur le travail de deux économistes du FMI (Vadim Khramov et John Ridings), concepteurs d’un indicateur de performance économique (IPE) adapté aux Etats-Unis, qui combine les écarts  des taux d’inflation, de croissance, de chômage et de déficit budgétaire par rapport à des taux cibles.

Le duo d’Oddo y voit un modèle pratique pour comparer les performances entre plusieurs pays. Pourquoi pas, mais le lecteur attentif remarquera que le FMI mesure l’IPE sur plus de deux siècles, alors qu’ici, on tire des conclusions sur une période de 18 ans (1996-2013). Ajoutons que l’étude d’Oddo affuble tous les pays de l’échantillon retenu d’un taux de chômage naturel identique (4,75%), et cela quel que soit leur dynamisme démographique.

Voici les notes de 11 pays de la zone Euro, auxquelles s’ajoutent celles de l’Angleterre, des Etats-Unis et du Japon.

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Selon les économistes d’Oddo et Cie, la France se complairait dans la médiocrité parce qu’elle ne dépasserait jamais la note « B » (Bien).

Pourtant, il est possible de  faire une lecture moins partisane de ces résultats:

  • Avant la crise, la France améliore sa performance et fait mieux ou aussi bien que l’Allemagne deux années sur trois.  A partir de 2000, sauf en 2003, notre pays atteint ses objectifs de manière tout à fait satisfaisante.
  • Entre 2008-2012, la France rétrograde en « C ». D’après les auteurs, c’est médiocre, mais l’étude du FMI qualifie très exactement ce score de passable (fair). Sur n’importe quel bulletin scolaire, puisque c’est l’esprit de ce truc, il s’agit d’une différence notable.
  • Sur toute la période, la France affiche une performance passable, globalement plus proche du meilleur que du mauvais. Ceci nous a évité les illusoires « A » obtenus par nos voisins Espagnols ou Italiens, qui ont été suivis de l’effondrement que l’on sait.

Ajoutons que l’utilité de l’indicateur d’Oddo ne saute pas aux yeux lorsqu’il s’agit  d’anticiper un dérèglement  structurel. En effet, entre 1996 et 2007, le nombre de pays en situation « A », soit très bonne ou excellente, a quasiment doublé.

A notre tour, nous écririons sur un bulletin: bâclée, très mal écrite et orientée, l’étude des économistes d’Oddo et Cie  alimente fort médiocrement l’air du temps.

La France perd-elle en compétitivité?

D’après le Forum économique mondial, la France continue de perdre des places au palmarès de la compétitivité globale.

Très exactement, notre pays rétrograde du 21 au 23 ième rang, sur 148, alors que l’Allemagne nous distance de plus en plus et trône à la quatrième place.

Ce résultat conforte les déclinistes de tout poil et ne déplait pas forcément aux adversaires de la mondialisation,  tel le journal l’Humanité, qui  se félicite que notre pays résiste au formatage néolibéral. Dans le contexte de sinistrose ambiante, ce genre d’étude peut être instrumentalisé par des démagogues, tel l’économiste Patrick Artus, qui dans un pauvrissime article publié dans Le Point, a qualifié la France de dernier pays communiste en raison du soit disant manque de flexibilité des salaires et de l’influence excessive des syndicats.

Or, l’étude du Forum économique mondial brosse un tableau plus nuancé de notre pays:

  • Entre 2009 et 2013, la France perd principalement en compétitivité du fait de l’amplification de  l’endettement public et du sentiment que l’argent public est gaspillé. Les autres « piliers » de la compétitivité, qu’il s’agisse de l’efficience des marchés ou de l’innovation sont relativement stables. Par exemple, la qualité des produits français n’a pas varié (15ième rang). Nos « points faibles » traditionnels, comme la fiscalité ou la médiocrité du climat social, ne s’aggravent pas.
  • La France figure parmi les pays les plus innovants et occupe à l’intérieur de ce groupe  une position intermédiaire.
  • L’indicateur de compétitivité globale et durable, qui intègre les dimensions sociales et environnementales, place la France au 16ième rang mondial, a quasi égalité avec les Etats-Unis.
  • Dernier pays communiste? Allons donc. La protection du droit de propriété (19ième rang) y semble plus assurée qu’aux Etats-Unis (33ième); la qualité des écoles de commerce est jugée aussi probante que celle de nos infrastructures de transport et la flexibilité des salaires (75ième) est considérée meilleure qu’en Allemagne (141ième).

Plus fondamentalement, on peut se demander à quoi sert ce genre de classement.

N’avons nous pas affaire à une entreprise idéologique, un peu boursouflée et assez mal ficelée?

En effet, la définition de la compétitivité est aussi ambitieuse que vague: « ensemble des institutions, des politiques et des facteurs qui déterminent le niveau de productivité d’un pays« . 

Or, la compétitivité au sens strict (performance à l’exportation) n’est-elle pas une conséquence de la  productivité?

Et si l’on adopte la logique de cette étude, peut-on dire que l’Allemagne est plus compétitive que la France quand ses excellents piliers de compétitivité ne lui permettent pas d’enrayer sa chute au palmarès du PIB par habitant et d’offrir un niveau de vie moyen nettement supérieur au notre?

Enfin,  la pondération et la subjectivité des dizaines d’indicateurs retenus font mystère.

Par exemple, le Qatar nous coiffe au poteau en raison (notamment) de la flexibilisation de son marché du travail (14ième en 2009, 4ième en 2013), alors que depuis 4 ans, la qualité de son éducation primaire dégringole de  la 5ième à la 11ième place.  En quoi l’amaigrissement du code du travail compense-t-il la négligence éducative?

Quant au système de notation, il repose très largement sur des sondages auprès d’échantillons réduits de leaders du monde des affaires, de moins d’une centaine de personnes par pays, ce qui affaiblit considérablement sa crédibilité.

Les Français, champions des heures sup

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Quand ils confrontent la durée légale du travail en France à celle de nos partenaires européens, médias et idéologues du labeur négligent la part des heures supplémentaires.

L’étude de Kristina Maslauskaïté (Institut Jacques Delors, juin 2013) sur la concurrence sociale en Europe nous offre une mise au point salutaire.

D’après les estimations de l’auteur, les salariés français employés à temps plein effectuent 41,5 heures hebdomadaires, ce  qui correspond assez exactement à la médiane européenne.

La subtilité française (quel merveilleux pays) réside dans la conjonction d’une durée légale hebdomadaire plutôt  basse et d’un volant relativement élevé d’heures supplémentaires, de  5,5 heures par semaine.

Cela signifie que les 35 heures sont souvent détournées de leur objectif initial et permettent de travailler autant tout en gagnant plus, via la majoration des heures supplémentaires.

Cette situation est originale mais tout de même un peu bancale puisque 13% des horaires de travail sont à discrétion de l’employeur, tandis que  beaucoup de Français regardent en chien de faïence ceux qu’ils accusent de se la couler douce…tout en profitant eux-mêmes, mais indirectement,  des 35 heures.

Gageons qu’au prochain épisode, lorsque la Droite ou le « Socialisme de l’offre » relèveront la durée légale du travail, le débat sur le taux de majoration des heures supplémentaires sera haut en couleur.

Choc de compétitivité=emploi?

Pierre Gattaz Président du MEDEF
Pierre Gattaz
Président du MEDEF

Et si la mondialisation était l’alibi qui permet d’exiger tout et n’importe quoi?

Voici que Monsieur Gattaz réclame 100 milliards d’euros d’allègement de cotisations sociales, sur 5 ans, pour aligner la compétitivité de nos entreprises, dit-il,  sur celle de leurs homologues allemandes.

C’est tout de même beaucoup 100 milliards, non?

Il est vrai que la période actuelle est alarmante, avec une chute des effectifs industriels parallèle à la dégradation du solde commercial et des marges des entreprises.

Mais ruiner les finances publiques, est-ce bien raisonnable et efficace?

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Dans une note de conjoncture (décembre 2012), l’Insee nous explique que les pertes d’emplois industriels en France s’inscrivent dans la continuité des années quatre-vingts et quatre-vingt-dix.

Les deux tiers du recul des effectifs industriels ont eu lieu entre 1980 et 2000, alors que les marges des entreprises étaient confortables et que le solde commercial était de plus en plus excédentaire. Ainsi, au cours des années quatre-vingts, l’industrie perd 1,4 millions d’emplois alors que le taux de marge progresse d’un tiers (33% de la valeur ajoutée brute en 1989) et le solde commercial, en moyenne, affiche un excédent de 4,7 milliards d’euros.

A la lueur des données de l’Insee, on est en droit de poser quelques questions simples: quelle a été l’affectation productive des marges engrangées il y a plus de 10 ans? Pourquoi n’ont-elles pas permis plus d’innovations? Qu’est ce qui nous assure que le démantèlement de la protection sociale sauverait des emplois?

L’Insee propose plusieurs facteurs de désindustrialisation, tels le dynamisme des gains de productivité, la concurrence internationale, l’externalisation des emplois. Monsieur Gattaz n’en voit qu’une seule: la concurrence étrangère, incompatible, selon lui,  avec notre droit social.

L’autre jour, Mr Gattaz se gaussait d’un sujet du bac proposé aux lycéens de sciences économiques et sociales, qui les invitait à montrer de quelle manière les conflits sociaux peuvent être un facteur  de cohésion sociale. Après avoir moqué l’état d’esprit des Français (« il y a du travail… »), nul doute que Monsieur Gattaz fasse l’apprentissage du débat démocratique, progresse dans la reconnaissance de ses partenaires et, peut-être, révise ses exigences abracadabrantesques.

Les salariés français sont-ils trop payés?

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Le journaliste Nicolas Doze déclare sur BFMTV que les salariés français sont trop privilégiés en ces temps de crise et que la rigidité des rémunérations pèse lourdement sur la rentabilité de nos entreprises.

Comme Mr Doze ne saurait s’avancer sans un ou deux arguments théoriques, il est allé chercher une étude publiée en avril dernier par le Conseil d’Analyse Economique : « Dynamique des salaires par temps de crise« .

Partisan de la méthode dure, Mr Doze regrette que les économistes du CAE préconisent un ajustement indirect des salaires réels, via l’inflation, à l’instar de l’Angleterre,  plutôt  la baisse des salaires nominaux.

Plongeons nous dans cette étude.

  • La rigidité à la baisse des salaires nominaux est un phénomène général dans les pays les plus avancés. A moins de donner la troupe contre les salariés, ces derniers résistent spontanément à la diminution de leur rémunération, en France comme ailleurs. Ainsi, c’est par attachement à la démocratie et par pragmatisme que Keynes recommandait de ne pas pratiquer la déflation salariale. Au passage, on notera que la stabilité des salaires français en 2009 et 2011 a pour contrepartie…l’absence d’inflation salariale dans les années précédentes, comme on l’observe en Irlande, en Espagne ou au Royaume-Uni.

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  • L’évolution des salaires est elle insensible à la conjoncture économique? Pas tout à fait puisque les bas et les très hauts salaires ont connu un net ralentissement au cours de la récession. Mr Doze en convient, mais il ne se demande pas pourquoi  le coup de frein sur le SMIC en 2009 et 2010 n’a pas protégé l’emploi des jeunes et des moins qualifiés.

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  • Mr Doze ne voit pas que la rigidité des salaires français s’exerce également à la hausse. C’est même pour cette raison que le taux de marge des sociétés non financières françaises avait atteint un sommet (31,7% ) avant la crise  Pourquoi donc? Parce que la grande majorité des salariés français n’ont pas profité d’une envolée de leur rémunération, alors que l’activité économique était assez dynamique.

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En réalité, la fameuse stabilité des salaires français, que Monsieur Doze vilipende, résulte d’un échange de bons procédés qui ne coûte rien aux entreprises: en contrepartie d’une garantie salariale accordée au personnel en période de vaches maigres, les employeurs empochent un bonus en période de vaches grasses, lorsque le supplément d’activité et de productivité ne s’accompagne pas d’une hausse significative des salaires. On reconnaîtra ici l’un des enseignements de la théorie des contrats implicites, qui ne semble pas avoir franchi le seuil des jolis bureaux de BFMTV.

J’ai mis en évidence la vidéo de Mr Doze, dont la mise en scène,  profondément ridicule,  accompagne à merveille les élucubrations.

Pays développés: une décennie perdue pour les salaires

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L’Organisation Mondiale du Travail fait toujours oeuvre utile en rappelant  qu’une « bonne économie » se manifeste par un état progressif des salaires réels et non l’inverse. Signe de prospérité, l’augmentation du pouvoir d’achat des salariés a été vive à travers le monde au cours de la dernière décennie (+ 22,7%).  En Asie, la paie moyenne hors inflation a doublé, et nous apprenons que les salariés russes ont retrouvé  depuis peu le pouvoir d’achat qui était le leur avant la disparition de l’Union soviétique.  En revanche, dans les pays développés, c’est le calme plat. On observe une très légère augmentation, de seulement 5% sur la décennie. La crise, mais aussi l’obsession de la compétitivité, sont passées par là.  Notons qu’au Moyen Orient, le printemps démocratique  a été précédé d’un hiver salarial rigoureux.

Quand Krugman ne s’intéressait pas à la compétitivité

 

« (…) L’évolution du niveau de vie américain ne dépend donc que du taux de croissance de la productivité américaine, un point c’est tout. La concurrence internationale n’a rien à voir là dedans. Si tel est le cas, que signifient ces discussions autour de la « compétitivité » de l’économie américaine? Elles signifient simplement, et malheureusement, que les gens ne savent pas de quoi ils parlent« . P. Krugman (1994).

Taux d’ouverture commerciale: l’Allemagne s’envole, la France stagne

Les dernières  statistiques de la Banque Fédérale de Saint Louis mettent en perspective les ratios d’ouverture ainsi que les soldes commerciaux des principales puissances économiques.

Les données montrent notamment à quel point l’Allemagne et la France divergent en termes commerciaux : depuis 12 ans, nos voisins s’insèrent de plus en plus dans la mondialisation des échanges, tandis que l’économie française se tient un peu à l’écart.

germany1Le dynamisme des exportations allemandes est tel qu’elles dépassent 50% du PIB en 2012.

L’excédent commercial ajoute 5% au PIB de ce pays. Si ce surplus apparaît dans la période 2001-2004, au cours de laquelle le taux d’importation à diminué pendant trois années consécutives,  depuis 2004, le taux d’importation a augmenté de 50%.

france1En ce qui concerne la France, ces dernières années, c’est bien du côté des exportations que le bât blesse, en particulier depuis 2004, date à partir de laquelle ces dernières décrochent vis-à-vis des importations. Quant aux importations, elles n’explosent pas:  en 2012, comme en 2008, elles ne font que retrouver leur niveau de 2000.

Au total, depuis 2000, l’économie française ne manifeste pas une plus grande dépendance vis-à-vis des importations ainsi que des marchés extérieurs qu’elle alimente par ses exportations.

Il est intéressant de constater que l’abandon du Mark a accompagné l’extraversion croissance de l’économie allemande, tandis que l’abandon du Franc n’a pas ouvert, en moyenne,  une période  d’intensification  de la mondialisation commerciale.