Nuit Debout, au delà de l’Etat et du Marché

secession

Structure conçue par les « Archi-debout » pour abriter une commission sur la place de la République

 

Après des semaines de pétition, de manifestations et de blocage de lycées, le soutien de l’opinion publique au mouvement social contre la « Loi Travail » progresse encore, au point que les 3/4 des Français se déclarent opposés à la dite réforme.

Alors que des violences policières sans précédent depuis les années 70 et 80 ont poussé des parents d’élèves à protester collectivement et obligé les étudiants du Havre à réclamer la protection des dockers en grève de leur ville, on voit circuler sur les réseaux sociaux des images accablantes qui déstabilisent certains syndicats de police au point qu’ils appellent  à manifester contre « la stigmatisation » des forces de l’ordre.

Dans cette ambiance de fin de règne, des milliers de personnes se pressent sur les places pour s’écouter et s’y faire entendre.

Nuit Debout traduit la volonté de se re-dignifier (« on vaut mieux que ça ») face à un pouvoir économico-politique qui n’a pas d’autre horizon que la gestion des individus et des populations, et ne se soucie guère des personnes.

 Les cités éphémères qui s’édifient ont des airs de démocraties antiques, avec l’attribution strictement égalitaire du temps de parole, la préservation jalouse de la liberté politique de chacun, l’aspiration à limiter les écarts de revenus de 1 à 4 (clin d’oeil à la République de Platon), la distribution de repas, le choix d’exclure certains (les racistes), mais aussi l’appel à toutes les bonnes volontés et à toutes les compétences pour fonder une cité idéale, et bien sur, la fête, avec ses danses et ses concerts en plein air.

Puisque le pouvoir auquel se heurtent ces militants du bien public n’est que le rouage local d’un système plus vaste,  Nuit Debout annonce des orages d’une plus grande ampleur, à l’échelle de tout le continent européen.

Comme leurs glorieux ancêtres de la Commune de Paris,  ces précurseurs de la laïcité, de l’Etat social et de bien d’autres choses encore,  la Nuit Debout est aux prises avec les deux formes de brutalité politique que charrie la mondialisation sans contrôle, à savoir l’autoritarisme financier et l’autoritarisme identitaire.

Souhaitons bon vent à ce vaisseau démocratique et bariolé, dont chaque passager aspire à faire partie de l’équipage et qui expérimente la vie au delà de l’Etat et du Marché.

Une réflexion au sujet de « Nuit Debout, au delà de l’Etat et du Marché »

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