Une compétitivité française à deux vitesses

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La France est un pays complexe qui adore les idées simples.

Cela se vérifie dans le domaine de la politique commerciale où la démagogie protectionniste et le dogmatisme libéral font l’impasse sur la diversité des structures productives de notre pays.

Une étude de la Direction du Trésor analyse les évolutions du solde extérieur français selon trois catégories de produits:

-les produits « qualité », dont les ventes sont moins sensibles au prix qu’au positionnement haut de gamme ainsi qu’au contenu technologique (transport aérien, spatial, produits des industries chimiques…).
– les produits « prix », dont les ventes sont très sensibles aux coûts de production et aux variations du taux de change (textile, meubles, jouet…).
-les produits « intermédiaires » (voitures, machines…).

Les résultats montrent que depuis 2006, le hiatus entre produits « qualité » et « prix » ne cesse de s’amplifier.

Alors que notre pays conserve et améliore son excédent commercial dans les produits à forte compétitivité hors prix, il ne cesse de perdre des positions dans les produits sensibles aux aléas de la compétitivité prix.

Aujourd’hui, les excédents procurés par les industries aériennes ou du luxe ne permettent plus de compenser les déficits dans l’automobile ou le textile.

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Les auteurs concluent par ces mots: « Au final, ces évolutions confirment que si la France est relativement bien positionnée sur le hors-prix et les produits de haute technologie, elle ne l’est pas suffisamment pour résister à une dégradation de sa compétitivité- prix ».

Les auteurs mettent l’accent sur les méfaits sectoriels de l’euro cher, mais ils n’oublient pas de mentionner d’autres pistes, comme le ralentissement de la productivité ou le renchérissement du coût du capital.

Avec d’un côté, des secteurs qui font fi de la hausse du cours de l’euro, voire qui en bénéficient, et d’un autre côté, des secteurs de plus en plus nombreux à subir la concurrence par les prix, notre pays sera bien obligé de chercher des solutions de compromis.

Une réflexion au sujet de « Une compétitivité française à deux vitesses »

  1. Il est certain que produire à un coût « chinois » est impossible en Europe de l’ouest : nous sommes encore trop cher, parce que nous protégeons encore trop bien nos salariés, nos scolaires, nos médecins, nos policiers et nos juges … Mais le Médef s’emploie à infléchir la tendance, alors que l’Allemagne se décide enfin à instaurer une sorte de SMIC.
    Nous perdons en délocalisant, nous perdons en n’investissant pas dans les équipements ou dans l’humain.
    Quand je pense que monsieur Peyrelevade se plaint que le secteur marchand finance le secteur non marchand et que cela perturbe le calcul du « vrai » PIB (heureusement que les activités illégale telles que le proxénétisme et les trafics en tout genre sont désormais réintégrés dans le calcul !), c’est à croire qu’il n’est pas capable de comprendre que le secteur non marchand (donc forcément déficitaire, relevant de l’assistanat social et autre fadaise du genre) permet à son petit commerce de prospérer !
    En plus, en cassant le secteur social, les assureurs (déjà les pubs abondent telles que AIG avec SOA et d’autres) vont investir dans un secteur qui coutera encore plus cher aux cotisants pour une protection moindre, comme aux USA. Mais ce secteur en croissance améliorera le PIB … au détriment de la consommation intérieure, qui a tenue à bout de bras notre économie avant le crac des subprimes … mais qui s’en souvient !
    Dernière observation, avec la priorité sur les produits de luxe et de haute technologie, c’est une forme d’élitisme marchand qui s’installe, à l’image de la société civile. C’est un mauvais calcul à long terme. C’est la consommation de masse qui a fait les 30 glorieuses. L’Asie ne sera pas aussi prometteuse que la période de l’après guerre parce que la façon d’organiser la société ne repose pas sur les mêmes fondements que ceux de l’Europe de l’époque. La meilleure preuve est le rachat, tout récent, du magasine Forbes par des asiatiques. Nous sommes très loin de la conférence de Philadelphie de 1948.

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