La France décroche-t-elle vraiment?

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Toute la presse s’émeut d’une étude de la Direction génerale du Trésor qui certifie que le PIB habitant de notre pays décroche par rapport à l’OCDE.

Constat: entre 1975 et 2012, la France recule de la 13ième à la 19ième place.

Talonnée par la Corée du Sud, elle est désormais devancée par le Royaume Uni, la Finlande, l’Autriche, tandis que l’écart s’approfondit avec l’Allemagne.

Dans l’ambiance actuelle, gageons que ce résultat fera le bonheur des néolibéraux, tel Nicolas Baverez (lire son article hilarant dans le Point), et celui des néodirigistes, tel le protectionniste russophile Jacques Sapir.

Apportons quelques nuances à ce constat morose

Ces données n’offrent pas un instantané des écarts de niveaux de vie en 2012, mais reconstruisent le chemin parcouru à partir d’une année de référence. Si l’on compare les richesses nationales aux prix de 2012, c’est-à-dire en utilisant la méthodologie des parités des pouvoirs d’achat courantes, « l’écart entre la France et l’OCDE n’est pas significativement différent de zéro« , précise l’auteur de l’étude.

On aurait tort d’idéaliser la position relative de la France en 1975. A cette époque, elle n’occupait qu’une place médiane au sein de l’OCDE. Certes ce n’est plus le cas, mais par rapport à l’actuel pays médian (le Royaume Uni) l’écart n’est pas considérable, de l’ordre 7%. La Nouvelle Zélande a beaucoup plus rétrogradé que la France, qui ne dévisse pas par rapport à tous les pays puisqu’elle reste deux fois plus riche que le Mexique et évolue au même rythme que la Suède et le Danemark.

Pour un tiers, notre retard de PIB moyen s’explique par un manque d’effectifs en âge de travailler (15-64 ans), ce qui résulte du dynamisme de la démographie française. A terme, quand les nouvelles générations seront en activité, la démographie jouera en notre faveur.

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Le « décrochage » français n’est pas une nouveauté. Le taux de croissance du PIB moyen s’écarte de la moyenne de l’OCDE depuis le début des années quatre-vingts et le décalage s’accentue à partir du début des années quatre-vingt dix. Tout se passe comme si notre pays profitait assez peu des périodes d’expansion et conservait les séquelles des crises (second choc pétrolier, récessions de 1993 et de 2009). A ce titre, la permanence depuis 1983 d’un taux chômage supérieur à 7% de la population active est l’autre explication de notre manque relatif de PIB.

Il faut prendre la mesure de l’enrichissement considérable et assez régulier de la France depuis 1975, alors que la durée du temps de travail diminuait aussi intensément qu’en Allemagne.

Même si depuis dix ans la France fait du surplace, ce qui est loin d’être une exception parmi les pays de l’OCDE, notre pays ne s’appauvrit pas.

En 2012, comme presque tous les autres pays de l’OCDE, notre pays est plus riche que ne l’était le plus riche des pays en 1975, c’est-à-dire la Suisse .

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