Réformer en période de crise, est-ce bien raisonnable?

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Au cours de la récession de 2009, on a redécouvert les vertus stabilisatrices de l’Etat providence, avec ses instruments de solidarité et d’assurance sociale qui injectent spontanément du pouvoir d’achat dans l’économie quelle que soit la conjoncture. En revanche, on n’a pas pris conscience des bienfaits macroéconomiques que procurent, en période de crise, les multiples rigidités qui entravent la concurrence pure et parfaite sur les marchés des produits et des facteurs.

C’est à cela que nous invite Gautti Eggertsson, économiste néo-keynésien, dans un papier qui montre que les réformes néolibérales, plutôt que de rétablir la confiance, enfoncent l’économie qui traverse une récession.

En effet, lorsque la politique monétaire conventionnelle est utilisée à plein régime, la banque centrale n’a plus de munitions pour contrecarrer les effets positifs de la déflation sur le taux d’intérêt réel: si les acteurs anticipent une baisse du niveau général des prix de 2% et que le taux d’intérêt nominal est nul, alors le taux d’intérêt réel est égal à 2% et il augmentera à mesure que l’anticipation de déflation s’accentue.

Dans ce contexte, toutes ces « vilaines choses » qui maintiennent les prix au dessus de leur niveau de marché, ici un monopole sur le marché des produits, là une rigidité sur le marché du travail, tout ceci agit comme un filet de sécurité anti-déflation qui préserve l’économie d’une élévation des taux d’intérêt réels.

A l’inverse, déréguler les conditions d’embauche et de licenciements, comme on le voit en France ou en Italie, ou bien encore réduire le coût du travail ou la TVA, toutes ces « jolies choses » qui sont bénéfiques à la croissance sur le long terme parce qu’elles tendent à réduire les coûts de production et de transaction, tout cela plombe immédiatement l’économie en accentuant les risques de déflation et de récession.

Les keynésiens enseignent que l’économie n’est pas une science mais un art. Espérons que les zélés de la réforme accèdent à ce niveau de sagesse, et qu’ils parviennent à moduler leur quête de l’optimum par l’art du timing.

Une réflexion au sujet de « Réformer en période de crise, est-ce bien raisonnable? »

  1. Qu’il s’agisse de réformes économiques ou institutionnelles, en période d’incertitude tout ce qui remet en cause le système accentue le sentiment de vulnérabilité des populations.
    Et face au « sentiment », il y a peu de chose à opposer qui soit « raisonnable ».
    Des « leaders » disposant d’un fort charisme sont seuls capables d’entrainer les foules …
    Ceci explique sans difficulté les résultats des urnes …

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