La compétitivité sans qualité

qualité

Quelques jours avant le « tournant social-libéral » du Président Hollande, l‘OCDE publiait un intéressant papier qui invite à ne pas se focaliser exagérément sur la compétitivité coût de notre pays et à envisager le problème sous un angle plus qualitatif.

Les graphiques ci-dessous illustrent la difficulté des entreprises à jouer sur la qualité de leurs produits pour riposter à la concurrence par les prix.

En effet, entre 1997 et 2009, la part de l’industrie dans la valeur ajoutée totale, exprimée volume (soit hors variation des prix), recule assez assez peu et avec la même intensité qu’en en Allemagne (-10%).

Or, en valeur, la baisse est à la fois beaucoup plus prononcée  (-30%) et nettement plus forte qu’en Allemagne (-15%).

shareindustry

Moralité: pour affronter la concurrence,  les entreprises françaises sont obligées de baisser leurs prix, alors que leurs homologues allemandes réussissent à maintenir les leurs grâce à la qualité de leur production,  ce qui leur permet de préserver leurs marges.

Dans ce contexte, à défaut d’une dévaluation qui permettrait d’accroître artificiellement les prix, on conçoit qu’une baisse des cotisations sociales fournisse un ballon d’oxygène aux entreprises, mais tant que la qualité des produits ne s’améliore pas, le remède n’apportera qu’un bref répit.

Les auteurs du papier n’omettent pas d’aborder la question sous un angle macroéconomique: dis moi combien tu investis et tu épargnes et que te dirai si tu vis au dessus de tes moyens.

 En décomposant l’origine du besoin de financement de l’économie française, il apparaît que la principale source des déficits extérieurs réside dans la dynamique de l’investissement.

accounting

Entre 1997 et 2008, la détérioration du solde extérieur (-5 points de PIB) s’explique  à  80% par la progression des achats d’actifs productifs, en particulier l’achat et l’entretien de logements (+ 2,5 points).

Un zoom sur l’épargne des entreprises françaises (profits non distribués) permet de vérifier que ce ne sont pas les coûts salariaux mais la générosité des distributions de dividendes qui explique les difficultés actuelles.

nonfinancialprofit

Au passage, on vérifie, avez un zeste de malice,  que les 35 heures n’ont pas provoqué le choc cataclysmique que l’on dit sur la rentabilité de nos entreprises.

4 réflexions au sujet de « La compétitivité sans qualité »

  1. « ce ne sont pas les coûts salariaux mais la générosité des distributions de dividendes qui explique les difficultés actuelles » … depuis la fin des années 80 !
    Donc, point n’est besoin de rogner sur les cotisations des uns et les allocations des autres !
    Quand la « boutique » ne va pas bien, du haut en bas, tout le monde doit faire des efforts !
    Visiblement, c’est plus difficiles pour certains que d’autres …

  2. Par rapport à votre premier commentaire: on est loin en effet d’une remise en cause du pouvoir des actionnaires, car la première politique de baisse de « charges » (crédit impôt sur les bas salaires) laissait de côté les secteurs technologiques exposés à la concurrence, ce qui ne devrait plus être le cas avec le projet actuel qui bénéficera à tous les secteurs. L’article de Krugman est excellent (merci car sans traduction je lis mal l’américain et nombre d’expressions m’échappent). Je pense que Krugman exagère un peu, mais j’en causerai dans un billet.

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