Choc de compétitivité=emploi?

Pierre Gattaz Président du MEDEF
Pierre Gattaz
Président du MEDEF

Et si la mondialisation était l’alibi qui permet d’exiger tout et n’importe quoi?

Voici que Monsieur Gattaz réclame 100 milliards d’euros d’allègement de cotisations sociales, sur 5 ans, pour aligner la compétitivité de nos entreprises, dit-il,  sur celle de leurs homologues allemandes.

C’est tout de même beaucoup 100 milliards, non?

Il est vrai que la période actuelle est alarmante, avec une chute des effectifs industriels parallèle à la dégradation du solde commercial et des marges des entreprises.

Mais ruiner les finances publiques, est-ce bien raisonnable et efficace?

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Dans une note de conjoncture (décembre 2012), l’Insee nous explique que les pertes d’emplois industriels en France s’inscrivent dans la continuité des années quatre-vingts et quatre-vingt-dix.

Les deux tiers du recul des effectifs industriels ont eu lieu entre 1980 et 2000, alors que les marges des entreprises étaient confortables et que le solde commercial était de plus en plus excédentaire. Ainsi, au cours des années quatre-vingts, l’industrie perd 1,4 millions d’emplois alors que le taux de marge progresse d’un tiers (33% de la valeur ajoutée brute en 1989) et le solde commercial, en moyenne, affiche un excédent de 4,7 milliards d’euros.

A la lueur des données de l’Insee, on est en droit de poser quelques questions simples: quelle a été l’affectation productive des marges engrangées il y a plus de 10 ans? Pourquoi n’ont-elles pas permis plus d’innovations? Qu’est ce qui nous assure que le démantèlement de la protection sociale sauverait des emplois?

L’Insee propose plusieurs facteurs de désindustrialisation, tels le dynamisme des gains de productivité, la concurrence internationale, l’externalisation des emplois. Monsieur Gattaz n’en voit qu’une seule: la concurrence étrangère, incompatible, selon lui,  avec notre droit social.

L’autre jour, Mr Gattaz se gaussait d’un sujet du bac proposé aux lycéens de sciences économiques et sociales, qui les invitait à montrer de quelle manière les conflits sociaux peuvent être un facteur  de cohésion sociale. Après avoir moqué l’état d’esprit des Français (« il y a du travail… »), nul doute que Monsieur Gattaz fasse l’apprentissage du débat démocratique, progresse dans la reconnaissance de ses partenaires et, peut-être, révise ses exigences abracadabrantesques.

Une réflexion au sujet de « Choc de compétitivité=emploi? »

  1. Le fils de son père a déjà perdu l’occasion de se taire avec le sujet du bac … J’ai bondi de mon siège en l’entendant à la radio !
    Ce qui m’épate avec certains « grands patrons », c’est leur exigence : les salariés doivent se sacrifient pour sauver une entreprise dans laquelle le propriétaire ne veut pas engager son patrimoine, au point de réclamer des aides de l’Etat …
    Ce même Etat critiqué pour sa mauvaise gestion, son incompétence dans des services publics qu’il faut nationaliser …
    De qui se moquent-ils ?

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