Capital is back

wealthincome

Dans leur papier intitulé Capital is back: wealth income ratios in rich countries 1870-2010, Thomas Piketty et Gabriel Zuckman montrent que la valeur des patrimoines privés (matériels et financiers), relativement au revenu national des grands pays industrialisés, est en train de retrouver la confortable position qui était la sienne avant le premier conflit mondial.

Sous l’effet des largesses fiscales, des bulles financières  et du ralentissement du taux de croissance économique, le capital retrouve une prééminence qu’il avait perdu entre 1914 et 1950.

Comme le montre le graphique ci-dessus, extrait de l’article des auteurs, la France n’est pas en reste.  Encore un petit effort, et le pays disposera d’une richesse privée plus de 6 fois supérieures à sa production annuelle, comme aux riches heures de la fin du XIXième siècle.

Les auteurs en tirent un enseignement: si la globalisation, via la concurrence fiscale, empêche les Etats de prélever plus de ressources sur le capital pour réduire les inégalités, alors la contestation des oligarchies et de la globalisation s’accentuera.

Dans le même ordre d’idée, on lira avec intérêt le papier de Paul Krugman (Sympathy for the Luddites), dans lequel le Prix Nobel s’inquiète de la persistance du chômage et préconise l’instauration d’un revenu garanti financé sur les revenus du capital:

« So what is the answer? If the picture I’ve drawn is at all right, the only way we could have anything resembling a middle-class society — a society in which ordinary citizens have a reasonable assurance of maintaining a decent life as long as they work hard and play by the rules — would be by having a strong social safety net, one that guarantees not just health care but a minimum income, too. And with an ever-rising share of income going to capital rather than labor, that safety net would have to be paid for to an important extent via taxes on profits and/or investment income ».

5 réflexions au sujet de « Capital is back »

  1. la « valeur des patrimoines », cela inclus ceux de tous les ménages ? N’y-a-t-il pas donc un effet de richesse du à la croissance de l’immobilier sur les 20 dernieres année s?

  2. d’ou la singularité de la courbe française ces dernières années ? Une nation de rentiers ( et de « décrochés ») ?

  3. J’ai souvenir de cours d’éco expliquant qu’entre les deux guerres, la France vivait sur les rentes de l’industrie sans investir pour la moderniser. Ce scénario s’est répété lors du 1er choc pétrolier, comme avec les affaires « Boussac », « Usinor » et « Sassilor » et plus récemment avec l’affaire « Wendel ».
    C’est à croire que l’expérience et l’histoire ne sont pas profitables à nos dirigeants politiques ou industriels.
    C’est « bêta », hein !

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