Macroéconomie des déficits extérieurs français et allemand

franceallemagne

Pourquoi le solde des paiements courants se dégrade t-il en France depuis 10 ans, à l’inverse du solde allemand?

Une note de la Société Générale nous invite à regarder au delà des sempiternelles polémiques (35 heures, coût du pétrole blablabla) et à considérer les choses sous l’angle macroéconomique.

Plus exactement, si la France est importatrice nette de produits c’est parce que l’épargne nationale ne couvre pas les besoins en investissements.

Or, deux besoins de financement se sont creusés: celui des administrations publiques et celui des entreprises.

Du premier, que les médias se plaisent à décrire, on sait à peu près tout. Il n’en va pas de même du second.

En effet, l’article nous apprend qu’en 2008, le taux d’investissement des entreprises a atteint son plus haut niveau depuis 1974. Dans le même temps, l’épargne entreprises françaises est restée assez stable et le taux de marge demeure supérieur de 5 points au plancher de 1982.

tauxdemarge

Notons qu’en France, toute la dépense interne a augmenté  plus vite que le PIB (investissement, dépenses publiques et consommation privée).

Notre pays a fait le choix de préserver le revenu disponible des ménages (en particulier grâce aux baisses d’impôts), mais l’épargne qui en  a résulté n’a pas comblé les besoins financiers  des entreprises et des administrations publiques.

Certains sont tentés de copier le modèle allemand.  Or dans ce pays, la capacité de financement globale résulte moins du sacrifice de la consommation des ménages, qui a progressé très légèrement moins  que le PIB, que de l’effondrement de l’investissement intérieur, dix fois moins dynamique qu’en France.

Pour s’attaquer aux déficits extérieurs, ce qui est l’obsession du moment, il ne semble pas y avoir d’autres solutions que d’élever les impôts et de diminuer les dépenses sociales, au risque de déstabiliser la consommation, pilier de la croissance de notre pays…

On aurait pu imaginer un autre scénario, via une réforme fiscale ambitieuse (réhabilitation de l’impôt progressif, fiscalité écologique), un meilleur choix des investissements,  ainsi qu’une discussion sur la place des dividendes dans la valeur ajoutée.

Une réflexion au sujet de « Macroéconomie des déficits extérieurs français et allemand »

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