Nimby à Rome

scipion-l-africain-1937-04-g

Le sénat examina ensuite, sur le rapport d’Aruntius et d’Atéius, si, afin de prévenir les débordements du Tibre, on donnerait un autre écoulement aux rivières et aux lacs qui le grossissent. On entendit les députations des municipes et des colonies. Les Florentins demandaient en grâce que le Clanis ne fût pas détourné de son lit pour être rejeté dans l’Arno, ce qui causerait leur ruine. Ceux d’Intéramna parlèrent dans le même sens: « On allait, disaient-ils ruiner les plus fertiles campagnes de l’Italie, si l’on ne renonçait pas au projet de diviser le Nar en petits ruisseaux qui formeraient autant d’étangs. » Ceux de Réate ne se taisaient pas sur le danger de fermer l’issue par où le lac Vélin se décharge dans le Nar: il se précipiterait dans les plaines environnantes. « La nature avait très sagement pourvu aux intérêts des mortels, en marquant aux rivières leurs rives et leurs cours, le commencement et la fin de leur cours. Quelque respect aussi était dû à la religion des ancêtres, chez qui les fleuves de la patrie avaient un culte, des bois sacrés, des autels; le Tibre lui-même, déshérité du tribut des ondes voisines, s’indignerait de couler moins glorieux. » Les prières des colonies, ou la difficulté des travaux, ou enfin la superstition, firent prévaloir l’avis de Pinson, qui conseillait de ne rien changer. Tacite. Annales. Livre I, LXXIX.

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