Quand Alain Minc ne croyait pas à la compétitivité

La compétitivité est une condition nécessaire de la survie d’une économie; ce n’est pas une condition suffisante pour améliorer l’emploi et moins encore la panacée qui garantit miraculeusement le retour à la croissance. Pourtant, plus la crise devient sévère, plus le fantasme du miracle à portée de main se répand. Ainsi, de la théorie économique de l’offre aux accents initialement libéraux mais qui n’est pas dépourvue de ressemblances avec le projet socialiste initial de reconquête industrielle. Dégagée de ses atours publicitaires, la théorie de l’offre se réduit à un syllogisme: la montée des prélèvements publics inhibe le dynamisme des entrepreneurs: diminuer leur montant suffira donc à relancer l’économie, à point tel que le déficit initial, inhérent à la baisse des impôts, sera largement compensé par les surplus de croissance. A forte dose, elle repose sur une vision fantasmagorique de l’économie, une espèce de « Belle au bois dormant » qui attend de se réveiller sous le coup de baguette magique de la baisse des impôts. C’est faire fi des rigidités, des structures, des comportements, de tout ce qui, ancré dans la société, a toujours empêché l’économie de ressembler à la bluette théorique des économistes libéraux. Alain Minc, 1982, « L’après-crise est commencé ». Gallimard.

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