La boîte à outils de l’austérité

Depuis que la méthodologie de l’article de Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff (Growth in a time of debt)  a été remise en  question, les partisans de l’austérité ont perdu de leur arrogance. Obligés d’en rabattre un peu, les deux économistes de Harvard concèdent qu’il existe plusieurs voies pour enrayer la spirale de la dette publique:

« Nous devons nous rappeler que le choix ne se limite pas à une austérité sévère ou à des dépenses en roue libre (…) Les gouvernements ont utilisé un large éventail d’options à travers les âges. Il est temps de revenir à la boîte à outils . »  Que trouve-t-on dans la boîte à outils? : mise à contribution de l’Allemagne, placement de la dette auprès d’investisseurs institutionnels nationaux, pression à la hausse sur l’inflation, prise en charge d’une part de la dette par les banques centrales (Blog It’s the economy stupid )

A ce propos, un intéressant billet de Matthieu Plane, paru dans Le Blog de l’OFCE, montre que la France aurait mieux réussi que d’autres pays sa politique de rigueur (moindre incidence négative sur le PIB et l’emploi) parce qu’elle a mis l’accent sur l’augmentation des prélèvements obligatoires, plutôt que sur la diminution des dépenses publiques. En effet, accroître les impôts, surtout lorsqu’ils sont progressifs, affecte la consommation mais aussi l’épargne, alors que sabrer dans les dépenses publiques pèse entièrement sur la demande globale et le PIB. Cette politique permet d’obtenir des taux d’intérêt assez bas sur les marchés.  C’est le cas pour la France, comme l’indique le graphique ci-dessous.

austéritéTiré d’un article de Christophe Blot (OFCE) , le graphique met en évidence l’échec de l’austérité aux Pays-Bas, qui a fait grimper les taux d’intérêt jusqu’au mois de mars 2013, date à laquelle ce pays a annoncé qu’il refusait de ramener le déficit public en dessous de la barre des 3% du PIB.

Il n’est donc pas impossible  de mener des politiques de rigueur assez intelligentes, étalées dans le temps et pensées dans le cadre d’une réforme fiscale.

A l’inverse, il existe deux façons de faire exploser la dette publique: tuer la croissance en coupant dans les dépenses publiques ou refuser de rembourser la dette au moment où les marchés financiers accordent leur confiance et n’ont aucune raison d’exiger des taux d’intérêts plus élevés.



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