L’austérité sans fin?

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L’OCDE  publie son Etude économique pour la France 2013.

L’organisation affirme que le combat contre la dette publique doit être résolument engagé et qu’il faut mettre l’accent sur la diminution des dépenses sociales (retraites, santé), quitte à le payer par un peu de récession immédiate.

Pour étayer le propos, l’OCDE s’appuie sur le graphique ci-dessus, dont voici le commentaire: Depuis la fin des années soixante-dix le budget des administrations publiques a toujours été déficitaire, entraînant une augmentation tendancielle du ratio dette publique au PIB. La principale source du déséquilibre budgétaire a été la forte hausse des dépenses, principalement celles de retraites et de soins de santé.

Examinons ce graphique.

Certes,  la courbe la dette publique vogue vers les 100% du PIB, et le fait que le déficit public total (courbe bleue en traits pleins) reste supérieur à 2% n’y est pas pour rien.

Toutefois, trois phénomènes méritent attention:

  • La progression du taux d’endettement public trouve sa principale origine dans les mauvaises conjonctures économiques du début des années 90 et de la fin des années 2000.
  • Au cours des années 1995-2007, l’alternance de déficits et d’excédents conjoncturels a permis de stabiliser le taux d’endettement. En effet, on déduit l’existence d’excédents conjoncturels du fait que le déficit sous-jacent (dit structurel) est  resté supérieur au déficit global entre 2000 et 2007 (NB: déficit total=déficit sous-jacent+déficit conjoncturel).
  • Depuis 2009, l’austérité à marche forcée s’est traduite par la diminution historique du déficit structurel, de 6% à 1%. Pour autant,  le déficit global diminue moins rapidement, non seulement parce que la récession sévit, mais aussi parce que l’austérité comprime la demande globale. Au total, ramener le déficit sous-jacent à un niveau trois fois plus faible qu’en 1998, ne  permet pas  de faire mieux qu’à cette date, en termes de déficit global.

Alors que l’intégralité du déficit actuel est le résultat de la mauvaise conjoncture, est-il raisonnable d’envisager un nouveau tour de vis pour rétablir la confiance?

5 réflexions au sujet de « L’austérité sans fin? »

  1. Restaurer la confiance …mais de qui ?
    – Du consommateur exsangue de toutes ressources ?
    – De l’entrepreneur qui réclame des allègements sociaux ou fiscaux, sans pour autant investir parce que le marché reste incertain …?
    – De l’administration dans son ensemble qui voit son action publique rognée chaque matin qu’un financier veut voir un ratio évoluer selon une courbe sur laquelle il a misé un put ou un call ?

    Des tenants de Keynes contre les libéraux outranciers, qui va gagner, c’est assez mal engagé pour les keynésiens.

      1. Bonjour Fultrix,
        Et non, je ne connaissais pas ce site, merci pour l’info. Quant à la restauration de la confiance, c’est une sorte de croyance néolibérale dans l’idée que les ménages ont plus peur des hausses futures d’impôts ou de l’inflation que de la hausse du chômage. Il me semble que le FMI lui même en est revenu, mais l’OCDE garde la foi…

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