Le chômage et son halo en Europe

Quand on veut maquiller la réalité  du chômage en France, il est de bon ton d’insinuer qu’une part significative des demandeurs d’emplois bâillent aux corneilles, travaillent au noir ou répugnent aux petits boulots, plutôt que de remonter leur réveil, de se reconvertir  et  d’occuper les emplois vacants.

Raisonner ainsi, c’est faire comme si les statisticiens ne distinguaient pas le noyau dur du chômage de son halo, aux frontières de l’emploi et de l’inactivité.

Or il suffit de consulter Eurostat pour constater qu’il existe peu de personnes en âge de travailler qui, en France,  se tiennent délibérément en dehors de la recherche d’emploi, qu’il s’agisse, par exemple,  de chômeurs découragés ou de « faux » inactifs travaillant au noir (indiqués en vert dans le graphique ci-dessous), contrairement à l’Italie, à l’Estonie, à l’Autriche ou aux Pays-Bas, qui parviennent ainsi à sortir beaucoup de monde de leurs statistiques officielles (en bleu).

unemployment

Par contre, en France, nombre de salariés acceptent d’occuper un emploi à temps partiel, dans l’attente d’un meilleur poste (en rouge). Avec de bons yeux, on vérifiera que peu de pays font mieux.

Le graphique ci-dessus est tiré d’un post du Real World Economics Review Blog. Il permet d’évaluer la proportion des 15-64 ans qui éprouvent une difficulté sur le marché du travail, qu’il s’agisse des chômeurs officiels, de ceux qui sont en stage, en arrêt maladie ou en congé parental, des chômeurs découragés en attente de meilleurs jours ou durablement éloignés du travail, ou encore de ceux qui subissent un temps partiel.

En comptabilisant toutes ces personnes, on obtient un taux de chômage élargi, dit U-6, selon la terminologie américaine (BLS-ILO-Eurostat). Dans certains pays, comme l’Autriche ou les Pays-Bas ce taux est deux fois plus élevé que le taux officiel (U-3), ce qui relativise leur performance apparente.

Parmi les pays de l’Union Européenne, la France occupe une position intermédiaire.

Si la situation globale de l’emploi est plus dégradée qu’en Allemagne ou en Belgique, elle l’est moins qu’en Angleterre, en Finlande, en Suède et en Italie.

4 réflexions au sujet de « Le chômage et son halo en Europe »

  1. Dommage que le discours ambiant ne fasse pas plus l’écho de ce genre de stats … trop optimistes sans doute !
    J’en ai ras le bol d’entendre des commentaires, des reportages instillant l’angoisse ou la crainte alors qu’en y regardant de plus près il reste des motifs d’espoirs ou de satisfactions.

    Meilleurs vœux tout de même !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s