La France est-elle vraiment un enfer fiscal?

Chaque année, le cabinet KPMG compare le niveau des prélèvements obligatoires qui pèsent sur les individus célibataires et sans enfants, dans une centaine de pays.

L‘enquête s’intéresse aux personnes à revenus élevés (100 000 à 300 000 dollars par an) et distingue la fiscalité personnelle des cotisations sociales.

Commençons par les personnes qui bénéficient d’un revenu annuel (avant prélèvements et prestations sociales comprises) de 100 000 dollars.

Converti en euros,  ce seuil équivaut à celui qui sépare les 20% des Français les plus aisés du reste de la population (Insee).

On observe que la France se situe au 7ième rang et prélève moins que la Belgique, la Nouvelle Guinée, la Grèce, l’Allemagne, la Croatie et l’Italie.

En termes d’impôts sur le revenu, les 2/3 des pays se montrent plus rudes que la France.

Loin de crouler sous une fiscalité hors norme, avec un taux moyen effectif de 20%, le contribuable français s’en sort aussi bien qu’au Japon ou en Hongrie.

Dans notre pays, le taux de pression fiscale est inférieur à celui des prélèvements sociaux (22%), ce qui montre que les personnes aisées paient d’abord au titre de leur affiliation au modèle social.

Grimpons à présent dans la hiérarchie sociale et abordons ces sphères où l’on engrange 300 000 dollars annuels, et où même les pigeons se font rares.

A ce niveau, le système socio-fiscal français ôte 53% des revenus, ce qui le classe au second rang derrière la Belgique. Toutefois, les seuls impôts situent notre pays loin derrière ses partenaires européens et à proximité de l’Equateur ou de la Tanzanie.

Le graphique ci-dessus permet de constater que notre pays se classe au 9ième rang parmi les pays de l’OCDE, en termes de taux d’imposition maximal:  l’Europe du nord, mais aussi l’Espagne, le Royaume-Uni et le Portugal ont la main plus lourde.

Intéressons nous maintenant au seuil de revenus à partir duquel s’applique le plus haut taux d’imposition. Plus ce seuil est bas, plus nombreuses sont les personnes qui s’exposent au rigueur de l’impôt.

La France est-elle un enfer fiscal?

Certes, le paradis est ailleurs, plus précisément aux  Etats-Unis, en Allemagne, à Singapour ou en Chine, pays dans lesquels il faut avoir atteint plus de 150 000 dollars de revenus annuels pour être taxé au maximum. Toutefois, la France  est dans une position intermédiaire, entre la Norvège et la Belgique, entre Israël et l’Irlande.

La vraie question, à propos de l’attractivité des prélèvements obligatoires français, n’est pas tant l’impôt que la participation des plus aisés au financement de la protection sociale. Dans la mesure où ce système repose sur une logique d’assurance sociale, plus que de redistribution verticale des revenus, il n’est pas certain que les plus aisés aient à s’en lamenter.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s