La France compte plus d’enfants d’immigrés que d’immigrés

L’étude de l’INSEE sur les immigrés et descendants d’immigrés nous rappelle à quel point la France est une terre d’immigration.

Improprement qualifiés d’immigrés de « deuxième génération », les résidents issus de l’immigration sont relativement nombreux dans notre pays. Le tableau ci-dessus nous montre que 26,6% des  personnes résidentes âgées de 25 à 54 ans sont nées à l’étranger ou ont au moins un parent né à l’étranger. Parmi ces personnes,  les enfants d’immigrés (13,5%) sont plus nombreux que les immigrés (13,1%), ce qui est unique en Europe. Rien de tel dans les pays d’immigration récente, comme le Portugal ou l’Espagne, qui abritent principalement des immigrés de « première génération ».

Une vue d’ensemble sur 160 ans témoigne de la hausse tendancielle de la présence immigrée dans notre pays.

En 160 ans, le taux d’immigrés a été multiplié par 8.

L’augmentation a été irrégulière, avec 50 ans de coups d’arrêt ou de régression (1886-1906, 1931-1946, 1975-1999) et 3 phases d’ouverture, qui correspondent aux deux périodes d’après guerres mondiales et à la phase d’industrialisation de notre pays (1846-1886).

La période récente (1999-2008) témoigne de la réouverture de notre pays aux flux migratoires, puisque  le taux d’immigrés progresse aussi rapidement qu’au cours des années 1910-1930.

La capacité de notre pays à transformer les étrangers en nationaux se lit dans l’évolution plus rapide du taux d’immigrés, relativement à celui des étrangers, qui stagne depuis 80 ans. C’est une conséquence du droit du sol (ré)introduit en France par la loi de 1889.

Le document de l’INSEE nous donne également à voir la succession des vagues migratoires au cours du temps.

On constate que l’immigration algérienne, par sa vigueur et son amplitude, n’a rien à envier à celle des Belges (1851-1886), des Polonais (années vingt) ou des Portugais (années soixante), sans jamais égaler l’immigration italienne, dont le cycle complet couvre 160 ans d’histoire.

Dans chaque cas, le déclin du taux de ressortissants étrangers témoigne d’une fermeture délibérée des frontières mais aussi d’une entrée des étrangers dans la communauté des citoyens, par naturalisation ou en vertu du droit du sol. A ce titre,  le taux de ressortissants algériens dans la population résidente, qui est passé de 1,6% à 0,8% entre 1975 et 2008, est à mi parcours du chemin qu’ont parcouru les Italiens depuis 1931.

La dernière vague migratoire provient d’Afrique sub-saharienne. En 2008, ces étrangers ont un poids dans la population totale résidente (0,8%) aussi important que les Belges et les Italiens en 1896, ou que les Espagnols en 1926.

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4 réflexions au sujet de « La France compte plus d’enfants d’immigrés que d’immigrés »

  1. Le titre induit en erreur : la France compte plus *d’enfants* d’immigrés que d’immigrés. Elle comme en effet 65 millions de descendants d’immigrés (à peu près, hein).

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