La Norvège face au défi de l’immigration

Contrairement à ce que l’on peut lire ici ou là, la Norvège n’est pas submergée  par l’immigration. Elle s’est mise simplement au diapason européen, mais dans un laps de temps très bref.

Le pourcentage d’immigrés (10,8% de la population)  n’est pas beaucoup plus élevé que la moyenne européenne (9,4%). Il place la Norvège entre le Danemark (9%) et la Suède (14,3%; données Eurostat).

Le taux d’ immigration extra européenne (6,5%) est conforme à la tendance générale (6,3%).

En revanche, la Norvège est confrontée à  une immigration récente, en forte augmentation depuis 2000. De ce fait, l’âge médian des immigrés (35,5),  est inférieur à la moyenne européenne (40 ans).

Sur 40 ans, le taux d’immigration a été multiplié par 7 ( 1,5% en 1970).

L’immigration norvégienne est très polarisé en termes de niveaux de développement. D’un côté, une grande masse d’immigrés en provenance de pays à haut niveau de développement (les 2/3 arrivent d’Europe orientale, en particulier de Pologne). D’un autre côté, une proportion d’immigrés issus de pays à faible niveau de développement deux fois plus importante qu’ailleurs en  Europe. De ce fait, il est probable que les immigrés issus des pays du Sud soient plus « visibles » en Norvège que dans d’autres pays.

L’immigration représente un défi pour la Norvège, mais ce pays y répond.

Depuis quelques années, ce pays durcit les contrôles et multiplie les dispositifs de retours forcés ou aidés. Dans le même temps, la Norvège met en pratique des politiques d’intégration ambitieuses en termes de scolarisation et de  participation civique des populations immigrées. Face au défi, on s’organise. Pour cela, la Norvège peut compter sur ses ressources économiques mais aussi morales, puisque ce pays est foncièrement égalitaire.

Le contraste avec la France est frappant. Chez nous, l’immigration est une tradition ancienne. Cela nous préserve des  pires excès de l’extrême droite. En revanche, le manque de perspectives économiques a transformé l’immigration en un sujet de controverse récurrent et le refus de se confronter  au  passé colonial n’arrange pas les choses.

La Norvège a connu à une bouffée meurtrière d’extrémisme de droite, mais elle s’en sortira et tournera la page.

En France, c’est l’inverse. La vie politique est de l’ordre du théâtre,  mais les mauvaises pièces s’y jouent longtemps.

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