Les entretiens d’Arnobe et Pyrète

  • Arnobe:   Mais enfin Pyrète, peux-tu m’expliquer ce que nous allons faire dans cette mondialisation?
  • Pyrète (sortant d’une sieste tardive):  Toi, tu as écouté Montebourg…
  • Arnobe:  Oui. Pour une fois qu’un Ministre dit les choses. Il a raison cet homme, nous dépendons trop des échanges. Qu’ avons nous besoin de tant exporter?
  • Pyrète:   Tu t’échauffes à l’excès cher Arnobe. A moi, il me semble que la France exporte à sa mesure.
  • Arnobe:  Ni plus ni moins?
  • Pyrète:  Ni plus ni moins.
  • Arnobe:  Je suppose qu’un graphique vient à l’appui de ton idée.
  • Pyrète. Tu me connais.

  • Pyrète:  Te rappelles tu l’histoire de Newton, de la Lune et de la pomme?
  • Arnobe:  Oui, la Lune tombe sur la Terre à l’instar de la pomme sur le chef de Newton.  Et alors?
  • Pyrète:  Et bien figure toi qu’il entre de  la gravitation dans le mouvement des marchandises. Tu peux le vérifier avec ce graphique: plus le PIB d’un pays est grand, moins les marchandises s’en échappent et plus le taux d’exportations est bas.
  • Arnobe:  Par la sainte grenade d’Antioche, tu dis vrai Pyrète, mais qu’est ce qui pousse tant de petits pays à exporter plus de 60% de leurs richesses?
  • Pyrète: Vois tu, Arnobe, ce sont les petits pays qui ont le plus intérêt à exportater car les débouchés extérieurs sont sans commune mesure avec leur demande interne.  De plus,  la spécialisation commerciale leur permet de se procurer les ressources naturelles dont ils manquent. Enfin, comme ils représentent une faible part des échanges mondiaux, leurs exportations  suscitent peu de tensions commerciales. Moralité: puisque la France…
  • Arnobe:   … se situe sur la droite de régression, c’est qu’elle exporte autant de richesses que l’exige sa taille économique?
  • Pyrète:  C’est exact.
  • Arnobe:  Très bien,  mais le lien entre PIB et taux d’exportations est fort ténu. Ne vois tu pas la ribambelle de petits pays qui exportent à des degrés extrêmement divers?  J’en déduits que beaucoup d’autres facteurs que la gravité expliquent le taux d’ouverture et qu’il suffirait…
  • Pyrète:…d’une politique adéquate pour que nous déterminions  notre taux d’ouverture?
  • Arnobe:  Je ne te le fais pas dire.
  •  Pyrète:  Je t’accorde qu’il ne s’agit que d’une tendance, pas d’une loi physique. Par exemple, compte tenu de son PIB, l’Allemagne devrait exporter 18% de ses richesses au lieu 30. Pourtant,  tu constates que nul n’exporte moins que la Grèce, en particulier les plus grands.  Une force maintient le taux d’ouverture au dessus d’un seuil incompressible.
  • Arnobe:  …un genre de force centrifuge?
  • Pyrète:  En effet, la relative fixité du taux d’exportations pour l’Espagne, la France, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Allemagne signifie que les exportations progressent au même rythme que l’augmentation du PIB. D’un côté, un grand pays à tendance à se concentrer sur son marché intérieur, mais d’un autre côté son vaste marché intérieur permet à ses entreprises de réaliser des économies d’échelles, de gagner en compétitivité et d’exporter plus. Si cette hypothèse est vraie,  nous refermer pénaliserait beaucoup nos entreprises.
  • Arnobe: Certes, mais ce n’est qu’une hypothèse.
  • Pyrète: Oui da.
  • Arnobe: J’ai faim. Te resterait-il un peu de  cet excellent pudding de l’autre soir?
  • Pyrète: Je vois que toi aussi tu es agi par quelque gravitation. C’est par ici, cher ami.

Arnobe et Pyrète sont deux petits personnages qui de temps en temps s’entretiendront de commerce international. L’illustration ci-dessus est tirée d’une représentation de Jacques le Fataliste.

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4 réflexions au sujet de « Les entretiens d’Arnobe et Pyrète »

  1. …mais d’un autre côté son vaste marché intérieur permet à ses entreprises de réaliser des économies d’échelles, de gagner en compétitivité et d’exporter plus…..

    Cela peut être vrai si les entreprises en question (nommées ici « SES entreprises ») ne délocalisent pas tout (à l’exception de quelques dirigeants qui se trouvent être mieux en France qu’au Cambodge).
    Ce n’est malheureusement pas le cas…

    1. Dans certains cas, les délocalisations peuvent permettre aux entreprises locales de résister et de continuer à exporter. Mais il est vrai qu’en termes de valeur ajoutée, le contenu des exportations diminue.

  2. avec une échelle logarithmique sur le pib, ce serait plus parlant, parce que là c’est un peu serré entre Malte et les Pays-Bas …

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