Olivier Delamarche ou la Cassandre pré-keynésienne

Olivier Delamarche est le chroniqueur économique le plus drôle que je connaisse.

Le pessimisme en bandoulière, il râle sur BFM, préside « Platinium Gestion« , cite Sénèque (« C’est pendant l’orage que l’on connaît le pilote« ) et pousse à l’occasion un « on nous prend pour des cons » , ou « ce sont des abrutis« .

Avec lui, aujourd’hui est toujours mieux que demain et le pire est toujours sûr.

Au bout d’un moment, le comique de répétition finit par agir, mais Delamarche cesse de faire rire quand il nous livre le fond de sa pensée.

Bienvenue dans le monde étroit du populisme rentier.

Dans un entretien du 30 mai dernier (vidéo ci-dessous), il regrette que l’on n’ait pas osé « sortir » de l’Euro  les « gus qui viennent pleurer » , à savoir  les Grecs et quelques autres.

Anxieux des remous de l’Histoire, il se lamente des conséquences du Printemps Arabe.

Demeuré au stade pré-keynésien de la pensée, il nous explique que les Etats auraient dû « laisser faire » et ne pas chercher à éviter la récession qu’ils auraient provoquée en encourageant l’endettement excessif  des ménages.

En 1929, on nous expliquait  déjà que les Etats devaient veiller à l’équilibre de leurs comptes et ne pas dépenser à la place des ménages et des entreprises pris de panique par l’effondrement de la finance.

Cela conduisit de nombreux pays à placer leur production excédentaire sur les marchés internationaux et à déclencher une guerre protectionniste.

On connaît la suite.

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2 commentaires sur “Olivier Delamarche ou la Cassandre pré-keynésienne

  1. je disais tout à l’heure pourquoi ne pas faire dans la foulée une sorte de petite Europe à 6 ou 7, ou moins ou plus mais pas trop. Actuellement le rien qui existe est tenu en laisse par 2 ou 3 gus qui n’ont aucune responsabilité et les catastrophes s’accumulent.<br />Cette mini europe solidariserai ses moyens sous la Direction d’un directoire provisoire des participants, participants qui accepterai de féderer les moyens de chacun pour les besoins de tous.(des 6 ou 7)<br />Comme aux Etats-Unis.<br />Ensuite le train étant parti, le futur directoire pourrai être elu par tous, selon les mérites.<br />On a intérêt a se federer, face aux nouvelles puissances qui émergent et qui ne feront pas de quartier une fois installées.<br />Ensuite les pays qui voudrait se joindre à nous pourront venir mais aux conditions de ce qui existe.<br /> C.Q.F.D.

    1. Vous proposez un repli dans un réduit européen de happy few vertueux et compétitifs. C’est vrai qu’il existe une difficulté chez les européens à penser en termes collectifs et cosmopolites (recherche, salaires, fiscalité…) et je ne sais pas si un noyau dur ferait mieux. Les conflits ne sauraient manquer de réapparaître en son sein.
      Pourquoi substituer à une réflexion de fond sur les causes structurelles du marasme européen une exclusion de pays dont les Etats n’ont pas démérité avant la crise (Espagne) ou dont les turpitudes étaient parfaitement connues (Grèce)?

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