Le coût salarial est-il un bon indicateur de compétitivité?

On savait déjà que les entreprises internationalisées ont tendance à offrir des rémunérations salariales élevées.

Voici que Carlo Altomonte et Gianmarco Ottaviano s’interrogent sur l’intérêt de retenir le coût salarial unitaire (part des salaires dans la valeur ajoutée) comme  indicateur de compétitivité.

En effet,  présentes ou non sur les marchés internationaux, les firmes attribuent aux salaires une part comparable de leur valeur ajoutée (77 à 78%,  cf avant dernière colonne du tableau ci-dessus).

Les auteurs ont enquêté auprès d’un échantillon représentatif de 7500 entreprises manufacturières européennes.

Leurs résultats permettent d’identifier certaines caractéristiques des firmes qui exportent (en Europe ou dans le monde entier),  investissent à l’étranger, délocalisent (active outsourcer) ou travaillent sur commande à l’intérieur d’un réseau de sous-traitance internationale (passive outsourcer).

Par rapport aux firmes non internationalisée,  ces entreprises se distinguent par une meilleure productivité globale des facteurs (TFP: total factor productivity), c’est-à-dire une capacité à produire plus avec autant de travail et capital.

Cet écart serait particulièrement important en France, par rapport à l’Italie et à l’Allemagne.

De manière générale, c’est donc l’amélioration du rendement du capital et du travail qui donne aux firmes les moyens d’affronter la concurrence internationale tout en proposant des salaires relativement élevés.

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3 réflexions sur “Le coût salarial est-il un bon indicateur de compétitivité?

  1. "Par rapport aux firmes non internationalisée, ces entreprises se distinguent par une meilleure productivité globale des facteurs (TFP: total factor productivity), c’est-à-dire une capacité à produire plus avec autant de travail et capital.

    Cet écart serait particulièrement important en France, par rapport à l’Italie et à l’Allemagne."

    Pourriez vous développer ? je croyais les entreprises françaises à l’agonie…

    • Cela veut dire que ce n’est pas n’importe quelle firme qui fait le saut de l’internationalisation. En France, le club des entreprises qui exportent est très réduit, ce qui en fait la chasse gardée des grandes entreprises, capitalistiques et à haut degré d’innovation. En Italie et en Allemagne, ce club est moins sélect. Vous pouvez y voir un effet de la structure démographique des entreprises françaises (beaucoup de TPE), mais aussi le poids des grandes et très grandes entreprises, qui monopolisent les exportations, souvent avec le soutien des pouvoirs publics.

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