Le SMIC coûte aussi cher aux entreprises qu’en 1973

Jugé trop contraignant, le SMIC est présenté systématiquement comme l’une des faiblesses de l’économie française.

Aujourd’hui, les médias font des gorges chaudes du « coup de pouce » qui vient d’être octroyé au salaire minimum interprofessionnel de croissance.

Or il suffit de consulter le rapport 2011 du Groupe d’experts, qui planche régulièrement sur la question, pour relever trois faits en contradiction avec l’inquiétude de certains.

Tout d’abord, la revalorisation actuelle est faible au regard du passé et le  « coup de pouce »représente 30% de l’augmentation globale (2%=1,4% de progression automatique+ 0,6% de « prime »), ce qui correspond à la moyenne des années 2000-2010.

D’autre part, les allègements répétés de charges sociales ont réduit très sensiblement  le coût employeur du SMIC,  par rapport au salaire médian.

En 2008, alors que la rémunération  nette d’un employé à temps complet au SMIC représentait 63% du salaire net médian,  le coût employeur représentait  seulement 51% du coût médian, contre 48% dans les pays de l’OCDE (2009).

Pour les entreprises, le coût du salaire minimum  est revenu à son niveau relatif de 1973 (Askenazy, Caroli, Gautié, Cepremap, 2009, p.85, Dares 2012).

Enfin, entre 2005 et 2011, la proportion de salariés directement concernés par le SMIC est passée de 16,3 % à 10,6%. Cette chute de 35% s’explique par la modicité des « coups de pouce » sur la période considérée.

Très curieusement, les effarouchés de « l’assistanat’  hurlent à la mort lorsque le SMIC progresse.

Or sur la période 1999-2011, la progression cumulée du SMIC mensuel net n’ a été que de 5%. En réalité, c’est surtout grâce aux dispositifs sociaux, comme la prime pour l’emploi ou le  RSA,  que les travailleurs modestes voient leur revenu disponible augmenter.

DG

Publicités

7 réflexions au sujet de « Le SMIC coûte aussi cher aux entreprises qu’en 1973 »

  1. Ces effarouchés sont les descendants d’Harpagon !
    En plus, une étude américaine (c’est dire si c’est sérieux) a démontré que les personnes en situation d’aisance financière ont dû mal à comprendre pourquoi les moins bien lotis qu’eux « ont du mal à joindre les deux bouts » …
    Lien pour l’étude en question :
    http://mamouchka.lesdemocrates.fr/2010/10/02/petite-lecon-de-sociologie-le-test-ou-largent-rend-indifferent-a-lautre/

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s