La Suisse se heurte au protectionnisme

L’économie Suisse  dépend fortement de ses exportations (54% du PIB).

A ce titre, elle est plus sensible que d’autres à la montée des barrières protectionnistes à travers le monde.

Le pays se plaint d’une résurgence du protectionnisme direct et indirect.

Une étude montre que les exportations suisses sont peu affectées par les entraves directes aux échanges (droits de douane, quotas…) mises en oeuvre par les pays émergents (Russie, Argentine, Inde). Seules 3,5% des exportations en valeur seraient concernées.

En revanche, 52% des exportations helvètes se heurteraient à la concurrence déloyale des firmes étrangères qui bénéficient de subventions à l’exportation et d’allègements fiscaux dans des secteurs sensibles (pharmacie, machines, chimie…), contre 3% en 2008.

Les pays émergents sont en première ligne…

« Les programmes les plus importants émanent principalement des nations industrielles émergentes. Les exportateurs de produits textiles et en cuir bénéficient d’aides d’Etat en Inde, en particulier, mais aussi en République populaire de Chine. Le gouvernement chinois a par ailleurs introduit en 2009 une série d’exonérations fiscales de grande envergure spécifiques aux exportations. »

 …mais les partenaires européens ne sont pas en reste. En particulier, le Royaume-Uni aurait pris des dispositions pour encourager les produits agricoles et les produits « verts ».

Selon l’étude, cette concurrence artificielle amplifie les retombées négatives de  l’appréciation du Franc Suisse sur la compétitivité coût de ce pays.

Le rapport recommande d’améliorer le dispositif de surveillance et de plaintes de l’OMC, de négocier plus d’accords de libre-échange bilatéraux et de ne pas entraver les firmes suisses par une législation sociale et un droit des sociétés trop  contraignants.

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5 réflexions au sujet de « La Suisse se heurte au protectionnisme »

  1. Le protectionnisme des pays « émergents/ en voie de développement … » est un « classique ».
    Déjà sous Bismarck, le « saint empire » se protégeait contre la perfide Albion et la France de Napoléon III au motif qu’il lui fallait jouer à armes égales au libéralisme … après avoir créer ou fortifier, voire monopoliser son industrie et son commerce.
    La Chine fait de même aujourd’hui, comme l’Inde ou le Brésil.
    Il faut être « mauvais joueur » pour s’en plaindre !
    Mais, après tout, le libéralisme est un jeu pipé : tous ceux qui le réclament chez les autres ne le pratiquent pas dans leurs frontières, comme en témoigne la réglementation américaine.
    Pour les Britanniques, je dirais que c’est différent : ils n’ont plus grand chose, hors la finance … d’où la réflexion du premier ministre l’autre jour.

    C’était le quart d’heure d’anti-libéralisme anglo-saxon primaire du jour … et je le revendique !

    1. Je vois ça!
      L’Angleterre dispose toujours d’une industrie de haute technologie, mais peu créatrice d’emplois.
      Il est de bon ton en effet de se dire libéral, mais la réalité n’est en adéquation avec le discours que lorsque le pays se sent suffisamment fort pour dominer la concurrence. C’est un classique en effet, d’où est partie la thèse du protectionnisme éducateur.
      A ceci près que la Chine, l’Inde ou la Turquie ont peut-être plus l’opportunité de se spécialiser sur des segments de production que de construire une filière entière à l’abri de hautes protections commerciales.

  2. C’est assez cocasse et curieux d’entendre la Suisse protester et se plaindre du protectionnisme du « reste du monde » quand elle pratique elle-même une certaine forme de protectionnisme puisque les revendeurs suisses et la Poste Suisse (cela les dires des premiers) refusent de livrer de la marchandise en dehors de ses frontières.

    A titre d’exemple, j’ai essayé d’acheter une tablette tactile Samsung chez différents cybermarchands, et dès qu’il était question de faire livrer cette tablette hors de ses frontières c’était un refus catégorique, soit sans motif, soit parce que la Poste Suisse leurs interdiraient de livrer la marchandise hors des frontières helvètes.

    Il ne s’agit certes pas de ses propres produits, mais tout de même…

    Donc, en fait elle ne se heurte pas au protectionnisme « du reste du monde » puisqu’en fait elle se renferme sur elle-même en pratiquant une certaine forme « d’auto-censure » et un refus de vente.

    C’est bien beau de dénoncer le comportement des autres, mais encore faudrait il se regarder le nombril, et il faudrait arrêter de vouloir le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière… ^^

    Au bout du compte, je dépenserais un peu plus, je ne financerais pas l’économie suisse (pas contre son gré), mais finalement j’aurais malgré tout le produit à un prix correct soit en Grande-Bretagne (embêtant tout de même pour la prise électrique, mais pas insurmontable), soit en Espagne tout en bénéficiant de la garantie Européenne Samsung d’autant que la Suisse ne faisant pas partie de l’U.E fait elle encore/toujours partie de l’Europe ???

    Et je ne passerais jamais mes vacances en Suisse d’autant que mon maigre portefeuille ne l’intéresse pas, ni ne traverserait plus ses frontières parce que par le passé, j’ai été victime du « délit de faciès » par les autorités de ce si cher pays (pas assez typé Français selon ses normes) et qui ne s’intéresse qu’aux très grosses fortunes et quelle qu’en soit l’origine…

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