L’exportation, priorité de la Commission européenne

Le  « Tableau de bord pour la surveillance des déséquilibres macroéconomiques« , révèle la doctrine  de la Commission Européenne.

Le mot d’ordre est: compétitivité.

Les difficultés macroéconomiques d’un pays tirent leur origine, nous dit-on, soit d’un excès de demande privée ou publique, soit d’un manque de concurrence et de productivité.

Il en ressort une check list d’indicateurs à surveiller, assortis de valeurs indicatives  tirées de l’observation récente des économies européennes:

  • A l’intérieur de la zone euro, les coûts unitaires salariaux ne devraient pas augmenter de plus de 3% par an, inflation comprise. Avec une inflation de 2%, cela donne très peu de marge à la progression du salaire moyen. Derrière les éléments de langage, comprendre ceci: il vaut mieux diminuer ou stabiliser la part des salaires dans la valeur ajoutée que l’inverse.
  •  Un déficit extérieur courant ne devrait pas dépasser -4% du PIB et un excédent raisonnable ne devrait pas excéder 6% du PIB.  L’asymétrie de traitement entre déficit et excédent est expliquée par un argument de « bon sens »: un excès de compétitivité est moins grave que son contraire. Moralité: en cas de déséquilibre commercial, l’effort d’ajustement  est de la responsabilité du  pays déficitaire.
  • La part de marché qu’occupe un pays dans le commerce mondial de biens et services ne devrait pas décliner de plus de 6 points sur cinq ans.
  • Le chômage est une préoccupation secondaire: le seuil d’alerte est fixé très haut, à 10% de la population active.
  • L’amplitude de variation du taux de change réel ne devrait pas excéder 5% sur 3 ans. Cela signifie que la monnaie d’un pays de la zone euro ne devrait pas être sur(sous) évaluée de plus de 5%. Cela ne remettra pas en cause la sous évaluation de 10% du taux de change réel allemand depuis 2001 (CEPII 2012).

Les autres indicateurs offrent des recommandations en termes d’endettement public et privé, mais aussi de bulles immobilières et  d’entrées de capitaux.

Par exemple, si les prix de l’immobilier grimpent de plus de 6% par an, la Commission Européenne enverra un courrier pour dire que c’est trop.

Dans un billet récent, Paul Krugman conjure les européens d’accepter un peu plus d’ inflation, pour alléger le coût de l’ajustement dans les pays déficitaires. The Economist note que l’OCDE accueille favorablement les hausses de salaires que l’on observe ces derniers temps en Allemagne.

Au lieu de ça, chaque pays de la zone euro, muni de sa check list,  est invité à  épargner  plus et à exporter son chômage.

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