Etats-Unis: le divorce incite les femmes à travailler plus

Pourquoi les américains travaillent ils plus longtemps que les européens?

L‘étude d’Indraneel Chakraborty  nous apprend qu’un quart de la différence entre américains et européens s’expliquerait par la fréquence plus élevée des divorces outre-atlantique.

En effet, confrontées au risque accru de devoir affronter seules les difficultés économiques, les femmes américaines  s’en prémuniraient en travaillant plus:

« We believe this is because marriage provides an implicit social insurance since the spouses are able to share their income. However, if divorce rates are higher in a society, women have a higher incentive to obtain work experience in case they find themselves alone in the future. The reason the incentive is higher is because in our data, women happen to be the second earner in the household more often than men. European women anticipate not getting divorced as often and hence find less reason to insure themselves by working as much as American women. »

Les hommes, quant à eux,  travaillent en raison inverse de la taxation des revenus salariaux.

Voici le graphique qui éclaire la corrélation entre divorces et horaires de travail féminin:

De là à suggérer qu’il suffirait de faciliter le divorce pour que les femmes françaises travaillent plus hardiment et rejoignent leurs homologues anglaises, danoises ou américaines, il n’y a qu’un pas, qu’hésiteraient à franchir, peut-être, les ennuyeux  moralisateurs de la  « valeur travail ».

 

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7 réflexions au sujet de « Etats-Unis: le divorce incite les femmes à travailler plus »

  1. je me demande si la causalité ne pourrait pas inverse: c’est parceque les femmes sont indépendantes qu’elles peuvent plus facilement divorcer…

  2. Les auteurs prennent le parti de ne pas étudier la causalité inverse, citant des études qui minimisent la portée de cette hypothèse et expliquant que les modifications de la législation des divorce ont précédé les évolution de taux d’activité et d’horaires des femmes. Ils mentionnent une autre possibilité: des variables externes, comme le différentiel de salaire homme/femme ou le coût de l’enfant, pourraient influer simultanément sur la stabilité des unions et le temps de travail des femmes. Ils semblent avoir manqué de données pour vérifier cette hypothèse.

  3. Maître sinh, vous avez raison.
    Une femme, se sachant « autosuffisante » refuse de rester quand le couple vacille.
    Il y a également une sorte d’effet pervers à cette « liberté » salariale : il n’y a pas d’effort à faire quand cela tourne au vinaigre parce que matériellement, il n’y a pas d’enjeu … encore que, pour les femmes seule, avec enfant(s) et faible salaire … il y a nécessité de travailler pour tenir.

    Si le sujet vous intéresse, madame Badinter a écrit un ouvrage sur la question « Le conflit : la femme, la mère » (pour un résumé : http://calamiite.wordpress.com/2011/10/28/le-conflit-la-femme-la-mere-e-badinter/).

    1. Je ne voulais pas dire cela : pour moi ce n’est ni un mal, ni inéluctable. Les couples sont peut etre plus fragiles mais quand il durent, ils sont fondé sur autre chose que sur la dépendance économique de l’un vers l’autre. Je faisais juste un constat.

      Pour revenir a l’article, j’ai trouvé récemment dans le courrier international un article sur une proposition de « taxation des beaux mecs » au japon qui s’articule sur cette corrélation: les femmes japonais accorderaient beaucoup plus d’importance a la situation professionnelle de leur futur conjoint, car elles se tiennent en retrait du marché du travail/considèrent plus cela comme un option « optimale ».

  4. Il ne s’agissait pas de « valoriser » votre réflexion. Je restais purement « pratique ».
    Quand vous avez des enfants, un mari qui vous « entretient » et que partir est la seule solution (violences conjugales, comportement insupportable selon votre goût), va nécessairement se poser la question du « comment faire pour payer les factures » …
    Qu’est-ce qui fait qu’un couple tient dans le temps, avec ou sans double revenus ?…
    Mystère, sauf à comprendre ce qui lui a permis de se constituer !

    Le soucis du Japon, comme de l’Allemagne, c’est l’exigence sociale. Il faut être marié pour avoir toute sa place, selon les codes.
    Pour y échapper, femmes et hommes développent des stratégies d’évitement : le célibat …

    1. Quel est ce féminisme qui enlève à la femme et l’homme leur caractère innée, en voulant une société de culpabilisation permanente, entre bourreau potentiels et victimes qui ne sauraient pas ce qui est bon pour elles.
      Le cas Badinter me semblait avoir été discrédité depuis longtemps aux yeux des gens qui réfléchissent un tant soit peu…

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