Les délocalisations, c’est fini?

Les emplois industriels délocalisés sont-ils de retour aux Etats-Unis?

C’est ce que prédit le Boston Consulting Group (Made in America Again, août 2011) qui annonce le rapatriement de 600 000 à 800 000 emplois d’ici quelques années, en raison de la hausse rapide des coûts unitaires de production dans les pays émergents (cf ci-dessous), de problèmes de qualité de la production et de l’augmentation du coût du pétrole, qui renchérit le déplacement des composants à travers le monde.

Les autorités fédérales et locales tentent d’accélérer le mouvement, ici en soutenant l’action de Harry Moser, dite « Reshoring initiative« , qui cherche à convaincre les industriels que les délocalisations ne sont plus rentables, là en versant de grasses ristournes fiscales aux entreprises qui font le choix de relocaliser leur production aux Etats-Unis.

Le mouvement est réel, comme en témoignent les milliers d’emplois rapatriés récemment par Ford, General Motors ou Whirpool (Mark Williams, 29/01/2012).

Ne doutons pas que le « backshoring » s’accompagne  de quelques effets d’aubaine pour les entreprises, ainsi que d’une « mise au pas » des salariés et de leurs représentants.

Par exemple, dans l’industrie automobile, l’accord signé fin 2011 entre l’UAW (United Auto Workers) et General Motors prévoit des baisses drastiques de rémunérations pour les salariés à faible ancienneté, de l’ordre de 50%. Très habilement, l’accord permet au syndicat d’entrer dans le capital de l’entreprise, ce qui l’engage à épouser la logique du plan de compétitivité. En échange, le syndicat a obtenu un plan d’investissement dans la production locale ainsi que le retour de certaines activités installées au Mexique.

Au sortir de la récession, les salariés sont suffisamment affaiblis pour tout accepter, en échange de garanties sur l’emploi: “What we were looking for was jobs, jobs, jobs, and that’s what we came away with,” Joe Ashton, vice président de l’UAW.

Après la menace de partir, les entreprises feront-elle  planer celle de ne pas revenir?

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2 réflexions au sujet de « Les délocalisations, c’est fini? »

  1. Du travail, certes, mais dans quelles conditions ?
    Et puis si c’est pour que l’Etat « se couche » en défiscalisant un maximum de profits, ce n’est pas productif à long terme.
    Halte au chantage !

  2. The union did not provide a breakdown between new jobs and retained jobs, but the broad descriptions of investment commitments in the contract suggest about half the jobs are being added, and half are existing jobs being retained. The contract also includes $5,000 signing bonuses and improved profit sharing payments for members. UAW President Bob King said that if GM maintains the level of profitability it had last year, members would receive $5,000 in profit sharing each, up from an average of $4,300 they received for last year.

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