Les taxes à l’exportation de produits agricoles dopent les cours mondiaux

Alors que les prix agricoles atteignent à nouveau des sommets sur les marchés mondiaux, les observateurs attirent l’attention sur la multiplication des restrictions à l’exportation, que de nombreux Etats mettent en oeuvre pour retenir sur place la production locale.

Comme les taxes à l’exportation sont superficiellement  encadrées par l’OMC, les Etats en profitent, principalement sur le riz, le maïs et le blé.

On est en droit de regretter la multiplication de ces taxes à l’exportation.

En effet, dans la mesure où elles  raréfient l’offre disponible sur les marchés extérieurs, il s’agit de politiques non coopératives qui visent à exporter chez le voisin la hausse des cours.

Comme chaque pays riposte,  les taxes se multiplient, ce qui amplifie encore plus la hausse des cours mondiaux…et la propension à taxer les exportations.

Qui plus est, comme les producteurs sont empêchés d’exporter leur production là où elle se vend plus cher, ces derniers investissent moins et la croissance agricole s’en ressent.

Ne jetons pas trop vite la pierre aux pays qui prennent ces mesures. En effet, une taxe à l’exportation permet de rediriger la production vers les marchés locaux, ce qui diminue le prix pour les consommateurs les plus modestes. Comme le rappelle Jacques Berthelot,  les caisses de l’Etat se remplissent, et cela n’est pas sans intérêt pour certains pays du Sud en manque de financements alternatifs.

Cependant, compte tenu de leurs effets secondaires contre-productifs,  les pays du Sud qui souhaitent limiter la hausse du cours des denrées alimentaires seraient plus avisés d’investir dans la recherche agricole et la modernisation de la production.

DG

 

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Un commentaire sur “Les taxes à l’exportation de produits agricoles dopent les cours mondiaux

  1. @DG
    Oui, les habitants sont « en droit de regretter la multiplication de ces taxes à l’exportation ». Une taxe induit une moindre production, donc une moindre production de richesses pour les employés, de richesses pour les fournisseurs, de richesses pour les clients, et de richesses pour les actionnaires. Une taxe détruit ainsi toutes ces créations de richesse pour ces catégories de citoyens.

    Ce raisonnement économique serait le même pour des taxes à l’importation, ou même sur des taxes à la production, ou sur des taxes à la consommation. Chacune de ces taxes détruit une incitation à la création de ces richesses.

    L’Etat profite semble profiter du versement de ces taxes. Le triangle de Harberger montre l’existence d’une perte sèche à cause de cette taxe. C’est à dire que tout impôt induit une destruction nette des richesses à créer.

    Mais il y a pire. L’argent des taxes ainsi perçu par l’Etat ne profitera à personne. Toute dépense de l’Etat est une subvention. Directement ou indirectement versée. En effet, une subvention ne profite jamais à la cible des individus désignés par l’Etat. Sauf hasard fortuit. Celui qui reçoit l’argent n’en profite pas. D’une part, il a du « pseudo-investir » pour recevoir cette subvention. Il a du dépenser des efforts, du temps, de l’argent, renoncer à certaines productions. C’est le Nobel d’économie Buchanan qui a inventé ce concept de « pseudo-investissement ». Ce concept est un des fondements essentiel de la la théorie des choix publics.

    La deuxième raison théorique pour laquelle la population, cible de la subvention, ne profitera pas de cette subvention. C’est la loi de l’incidence fiscale. Cette loi de l’incidence fiscale a été découverte dès le 18e siècle par les premiers économistes. Ils avaient remarqué qu’une taxe sur les propriétaires étaient toujours payé, in fine, par les locataires. L’application de la loi de l’incidence fiscale est universelle. Elle s’applique aussi aux subventions à telle industrie.

    La comptabilité d’un Etat ne fait pas apparaître ces destructions de richesses. En effet, la comptabilité publique postule l’égalité entre le coût d’une production étatique et la valeur de la production étatique résultante. La comptabilité publique est donc très différente de la comptabilité ordinaire d’une entreprise commerciale.

    Néanmoins, le temps passé par les fonctionnaires, par les élus à déterminer l’affectation d’une subvention avoisine une fourchette entre 20% et 40% du montant de la subvention. Il faut évidement inclure le coût du contrôle de l’utilisation de la subvention et des conséquences négatives de ce contrôle a priori, et du contrôle a posteriori.

    En somme, l’argent des taxes ainsi récupéré par l’Etat ne profitera à personne.

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