La France qui travaille trop n’est plus

On le sait peu, mais depuis 10 ans, notre pays travaille autant que ses principaux partenaires européens.

Mesurons le chemin parcouru, depuis le moment où Georges Moustaki entonnait Le temps de vivre, en 1973.

Evolution de la durée annuelle moyenne du travail

Comme on peut le constater dans le graphique ci dessus,  les négociations sur les « 35 heures » ont couronné un lent processus de convergence, qui a aligné la durée annuelle moyenne de travail sur celle de  l’Allemagne, de Italie, des Pays-bas, de l’Espagne, de la Suède et du Royaume-Uni (Insee 2010).

Plusieurs causes président à ce mouvement: la féminisation de la main d’oeuvre, les gains de productivité, le volontarisme législatif, mais aussi les soubresauts d’un certain mois de mai.

Au moment où la France du travail souffle enfin, ayons une pensée pour les premiers économistes  (pas ceux de BFM), qui déploraient  souvent la tendance des hommes à trop travailler.

D’Adam Smith, qui  souhaitait   la semaine de 4 jours pour préserver la santé de la main d’oeuvre, à la théorie marxiste du « surtravail », jusqu’ aux thèses de John Stuart Mill, favorables au temps libre, les économistes classiques ne cédaient pas à la mythologie du travail.

Chacun à  leur façon, ces penseurs avaient bien de l’avance sur nos modes de vie.

DG

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8 réflexions au sujet de « La France qui travaille trop n’est plus »

  1. Tant qu’il y a des imbéciles de travailleurs indédependants qui eux se démènent et ne comptent pas leurs heures, pour payer les taxes qui financeront les vacances, rtt, 13e mpis et retraite à 60 ans, vous auriez en effet tort de ne pas vous gaver. Allez-y. Mais juste une chose : je n’ai pas le sentiment que le PIB, la croissance et le taux d’emploi, étaient si catastrophiques que ça dans la France gaulliste des années 60, ni au Japon ou aux USA.

  2. Essayons de sortir des clichés. Au cours des trente glorieuses, la part des revenus indépendants dans le PIB a été divisée par 3. Cette diminution a bénéficié pour moitié aux salaires et pour moitié aux profits. Les indépendants travaillent 50% plus longtemps que les salariés, mais les femmes y sont bien moins nombreuses que chez les salariés (27% contre 42%). Le gaullisme n’est sympa que de loin. En ces riches heures, le taux de pauvreté et les inégalités salariales étaient deux fois plus importants qu’à l’heure actuelle. On ne s’est rendu compte que trop tard de l’état déplorable des conditions de travail. Cette société corsetée et abrutissante s’est effondrée sur elle même. Globalement, la chance historique que représentait la modernisation et la croissance d’un pays meurtri par deux guerres a été gâchée.
    Seul avantage: en ce temps là, les milieux populaires étaient organisés et ne s’en laissaient pas compter par les idées fumeuses qui, par je ne sais quelle négligence coupable, prolifèrent de nos jours (travailler plus pour gagner plus etc…).

  3. J’ai du mal à suivre votre raisonnement. Les travailleurs indépendants (qui ne comptent pas leurs heures, afin de gagner plus – forcément, ils n’ont guère le choix) créent-ils oui ou non plus de richesse que s’ils étaient aux 35 heures ? Mon grand-père, par exemple, qui a créé l’entreprise familiale, avait l' »idée fumeuse » de se lever tous les matins à 4 heures, et il faisait des dépannages à n’importe quelle heure y compris le soir et le dimanche : est-ce mal, selon vous qui aimez Moustaki, cette culture du travail et de l’effort ? Et le PIB du Japon et des USA, où la préférence pour le loisir est moindre, n’est-il pas supérieur à celui de la France ? Les travailleurs n’y disposent-ils pas d’un pouvoir d’achat plus élevé ? Et quelle audace enfin d’invoquer les milieux populaires dans votre diatribe aberrante contre la société gaulliste (« abrutissante et [qui se serait] effondrée sur elle même ») : vous aurez bien du mal à les convaincre que tout va tellement mieux depuis 30 ans dans ce pays champion du monde de la consommation de psychotropes, vous qui avez augmenté massivement les impôts, délocalisé à tout-va, détruit les institutions traditionnelles telles que l’école et la famille, et accumulé 1.700 milliards d’euros de dette. Pour en revenir au sujet, l’arbitrage entre loisir et travail devrait être une décision individuelle, comme elle l’est pour les indépendants, vous parlez de « mythologie du travail » et d' »idée fumeuse », j’avais donc bien compris : quels crétins nous sommes de travailler dur, de créer des richesses et de payer des impôts, on aurait dû être fonctionnaires.

    1. Le fait que les travailleurs indépendants aient des horaires 50% plus importants que les autres accroît leur niveau de vie, c’est bien le moins. Théoriquement, les indépendants ont la maîtrise de leurs horaires, contrairement aux salariés auxquels ont impose le temps de travail et qui bénéficient d’une légitime protection contre les horaires abusif. Le temps de travail ne résume pas la notion d’effort productif. Il faut tenir compte du rendement, de la productivité, ainsi que des horaires alternés qui permettent de faire tourner en continu les équipements. J’ajoute que parmi les emplois salariés les plus dynamiques, (nourrices, assistantes maternelles)on constate des horaires qui n’ont rien à envier à certains indépendants.
      Il faut combattre l’idée fausse selon laquelle le travail serait une affaire purement individuelle. Contrairement à tout le fatras idéologique ambiant, le travail est collectif. En effet, le travail que vous épargnent de faire par vous mêmes tous ces fainéants de fonctionnaires, et tous les autres en général, vous permet de vous spécialiser dans ce qui correspond le mieux à sa vocation. Comme vous raisonnez de façon étroite, vous ne pouvez vous empêcher d’attaquer les vacances des uns et le statut de fonctionnaire des autres, comme si tout cela vous appauvrissait. Or figurez vous que les salariés créent aussi des richesses et que, par la plus incroyable des providences, le travail des uns bénéficie aux autres….

      L’arbitrage travail/loisir est une illusion dans une société où 90% des personnes vivent de leur travail et où les indépendants travaillent à la demande. Dans quel monde vivez vous?

      Il existe une société où l’on travaille plus, où il existe trois fois plus de travailleurs indépendants, travaillant 50 heures par semaine et où les impôts ne sont pas payés: c’est la Grèce.

  4. « et le statut de fonctionnaire des autres, comme si tout cela vous appauvrissait »

    Niveau de la dépense publique et de la pression fiscale, en France ? La dernière fois qu’on a effectué une véritable évaluation de l’efficacité des dépenses publiques ? On se demande, en effet, dans quel monde vous vivez, un monde extraordinaire où l’Etat ne gaspille pas notre argent, où il n’y a pas d’emplois fictifs, de clientélisme ni de sureffectif. Où l’argent des uns ne serait pas utilisé au financement des avantages acquis des autres.

    « L’arbitrage travail/loisir est une illusion dans une société »

    Mais de quoi parlez-vous ? Les 5 semaines de congé payé, la semaine des 35 heures, la retraite à 60 ans, le niveau du SMIC, ce sont autant d’obligations, imposées par les gens de l’Etat, qui viennent casser l’arbitrage entre travail et loisir et la confrontation de l’offre et de la demande. Le résultat de votre politique : des millions et des millions de chômeurs, et des jeunes dont le seul rêve n’est pas de créer leur entreprise (au fou !) mais bien d’intégrer la fonction publique. Calcul rationnel. Logique, lorsqu’on vous écoute. Vous n’aimez pas les travailleurs indépendants, vous n’aimez pas les salariés qui souhaiteraient travailler davantage, vous n’aimez pas la société de plein-emploi du Général de Gaulle.

    C’est d’ailleurs plutôt comique de la part d’un homme de gauche lorsqu’on sait que Keynes a pourtant écrit dans sa Théorie général de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie qui »il existe un point où chaque individu compare les avantages respectifs d’un accroissement de loisir et ceux d’un accroissement de revenus […] , et nous ne voyons pas de raison valable de forcer ceux qui préfèrent un supplément de revenu à jouir d’un supplément de loisir. »

    « A point comes where every individual weighs the advantages of increased leisure against increased income. But at present the evidence is, I think, strong that the great majority of individuals would prefer increased income to increased leisure; and I see no sufficient reason for compelling those who would prefer more income to enjoy more leisure. » (chapitre 22, page 326)

  5. C’est dur d’argumenter avec des gens qui ne veulent pas comprendre. Mais puisque je vous dis que le soleil tourne autour de la Terre ! Vous êtes ridicule Monsieur Ecointerview de ne pas voir cela. C’est évident que vous n’aimez pas le soleil. Un homme de gauche, tiens ! Et comme Albert Einstein l’avait écrit dans sa théorie sur l’absolue relativité de la connerie: « Arbeit macht frei ».

  6. Il y a comme des effluves de débat « politique » made in TF1 en voyant ces commentaires…ça se voit qu’on est en campagne.

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