182

« Avec 182 mesures comptabilisées par l’organisme, qui recense l’ensemble des mesures commerciales mondiales Global Trade Alert (GTA), l’Argentine est le pays qui compte le plus de mesures protectionnistes. Parmi les dernières décisions : la volonté, fin février, de limiter les importations en provenance du Royaume-Uni, à l’occasion du 30 e anniversaire du conflit des Malouines, quelques mois après avoir limité les autorisations d’importation en provenance de Chine. La tendance vise tous les pays du Mercosur. Fin décembre, ils décidaient d’augmenter leurs taxes d’importation (jusqu’à 35 %) pour les produits provenant de l’extérieur de l’union douanière (formée par l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay), pour compenser les déséquilibres commerciaux provoqués par la conjoncture internationale. Le Brésil (80 mesures protectionnistes recensées) a, de son côté, annoncé en septembre une hausse de 30 % des taxes sur les véhicules importés qui ne proviennent pas au moins à 65 % du pays ou du Mercosur. Le pays justifie ces mesures en pointant du doigt les politiques de change des Etats-Unis et de la Chine« . Les Echos (08/03/12).

Le Gouvernement argentin défend sa politique au nom de la préservation de l’excédent commercial, seule source de devises pour un pays qui a du mal à accéder aux marchés financiers internationaux.

13 pays membres de l’OMC ont manifesté leur préoccupation devant la montée tout azimut du protectionnisme en Argentine:

« Les États‑Unis, s’exprimant également au nom de 12 autres Membres (Australie, Corée, Israël, Japon, Norvège, Nouvelle‑Zélande, Panama, Suisse, Taipei chinois, Thaïlande, Turquie et Union européenne,), ont lu une déclaration conjointe exprimant leurs préoccupations croissantes au sujet de mesures prises par l’Argentine qu’ils jugeaient restrictives pour le commerce.  Ils ont rappelé que depuis 2008, l’Argentine avait considérablement élargi la liste des produits soumis aux prescriptions en matière de licences d’importation non automatiques, notamment les ordinateurs portables, les appareils ménagers, les climatiseurs, les tracteurs, les machines et les outils, les automobiles et leurs parties, les plastiques, les produits chimiques, les pneumatiques, les jouets, les chaussures, les textiles et les vêtements, les bagages, les bicyclettes et les produits de l’industrie papetière.  Les États‑Unis ont indiqué qu’en janvier 2012, l’Argentine avait annoncé des réglementations prescrivant l’enregistrement préalable, l’examen et l’approbation de toutes les transactions à l’importation.  Ils ont dit que ces réglementations provoquaient de longs retards et engendraient des frais supplémentaires importants pour de nombreux exportateurs.  Les États‑Unis ont instamment prié l’Argentine d’éliminer ces restrictions des échanges et ont ajouté que ces Membres se réservaient le droit de poursuivre cette question plus avant.  Le Mexique a précisé qu’il adhérait à la déclaration conjointe car les mesures prises par l’Argentine avaient une lourde incidence sur les exportateurs mexicains.

La Chine a déclaré qu’elle espérait que ces mesures n’étaient que temporaires, étant donné que bon nombre des exportateurs chinois en subissaient également les conséquences.  Le Chili;  la Colombie;  le Pérou;  Singapour;  la Malaisie et Hong Kong, Chine ont aussi fait part de leurs préoccupations.

L’Argentine a contesté la déclaration conjointe en disant qu’elle était injustifiée.  Elle a soutenu que les mesures étaient compatibles avec les règles de l’OMC et ajouté qu’elle avait pris de nouvelles mesures pour faciliter le traitement des importations.  Elle a dit qu’elle avait répondu à ces préoccupations lors de réunions précédentes du Conseil du commerce des marchandises et du Comité des licences d’importation.  Elle a fait observer que ses importations avaient augmenté de 30 pour cent en 2011, ce qui représentait la plus forte augmentation parmi les pays du G‑20 et montrait qu’elle ne restreignait pas les importations.  L’Argentine s’est déclarée préoccupée par la menace qui pèse sur l’utilisation d’outils de politique légitimes par les pays en développement pour promouvoir le développement, notamment pendant la crise économique actuelle. »

OMC (30/03/2012)

Publicités

2 Comments

  1. Il est bien dommage que l’article (du journal ou le vôtre) ne détaille pas un peu le type de mesures prises. Par exemple, si le pays ou la zone mercosur se contente de taxe, est-il possible de croire que cela est temporaire (facile à mettre puis à retirer) tandis qu’une exigence sanitaire (vaccination quelconque) ou normative (taille minimale requise pour un équipement) serait plus insidieuse, volontairement protectionniste d’une activité domestique émergente ?

  2. J’ai rajouté quelques éléments supplémentaires. Le détail par type de mesure figure dans les différents « Global Trade Alert Report » (http://www.globaltradealert.org/gta-analysis/trade-tensions-mount-10th-gta-report) mais j’en reparlerai. Oui, un droit de douane est plus transparent et plus facilement contournable qu’une règle sanitaire. Le protectionnisme argentin s’est radicalisé ces derniers temps avec nombre d’antidumping, de quotats et un contrôle excercé à priori sur les achats des importateurs, qui doivent obtenir une licence pour cela.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s