Un atterré nommé Domar

« Si toutes les personnes et organisations qui travaillent, étudient, écrivent des articles, font des discours, s’inquiètent et passent des nuits blanches par peur de la dette pouvaient l’oublier pendant un certain temps et déplacer ne serait-ce que la moitié de leurs efforts pour essayer de trouver un moyen d’atteindre la croissance, leur contribution au bénéfice et au bien être de l’humanité, ainsi que la solution au problème de la dette, serait incalculable. » Evsey David Domar. The « Burden of the debt » an national income (1944).

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10 commentaires sur “Un atterré nommé Domar

  1. Tout impôt détruit une production égale au montant de l’impôt. Un bon moyen d’augmenter la richesse d’un pays est que l’Etat baisse les impôts. Il faut aussi que l’Etat privatise tout et ne régule rien. Il faut aussi que l’Etat protège la propriété privée. C’est la condition première de tout enrichissement de chaque citoyen. Et tout le monde sera plus riche.

    1. Toute dépense publique n’est pas effficace, c’est un fait.
      Mais vous voulez dire qu’il y aura moins de pauvres si l’on privatise l’école, si l’on supprime la protection sociale et si l’on confie au marché la détermination des salaires? Comment mettriez vous en place cette thérapie de choc sans supprimer la démocratie?
      Aux Etats-Unis, les impôts ont baissé ces dernières années et le niveau de vie médian a baissé. Les classes modestes et moyennes n’ont pu continuer à consommer qu’en s’endettant. Ces crédits ont été revendus aux marchés financiers. Les plus riches ont donc prêté aux plus modestes pour que ces derniers consomment. On connait la suite…
      Il est toujours amusant de voir la propriété privée érigée en absolu…lorsque tant de personnes en sont privées.

      1. @ecointerview
        Vous dites très justement « Toute dépense publique n’est pas efficace, c’est un fait ». La question de l’efficacité de la dépense publique est, amha, la plus importante pour un économiste. Pourtant, l’État ne commande jamais aucune étude sur l’efficacité de l’action publique. Et bizarrement, peu d’économistes approfondissent la mesure et les causes de l’inefficacité de l’État.

        Quelques études incomplètes existent. Ainsi, selon une étude, entre le prélèvement par l’impôt et la redistribution un État perdrait entre 20% et 40%. Une telle étude est incomplète puisqu’elle omet la réaction des contribuables qui réagissent à l’impôt. Et elle omet le pseudo-investissement des bénéficiaires de la subvention.

        Le mot « pseudo-investissement » fut inventé par Buchanan(Nobel d’économie 1975) pour désigner le cout d’un effort pour s’approprier un bien, mais sans rien produire de nouvelle richesse. C’est le cas d’un resquilleur à certaines primes. Il parvient à obtenir cette prime, mais en abandonnant un travail à mi-temps. Ou autre non-production de richesses. Le pseudo-investissement est aussi le cas du contribuable qui va préférer investir dans un projet plus couteux et moins rentable, mais moins taxé.

        La réaction d’un contribuable à l’impôt est une moindre production de richesse. Pour un impôt nul, son effort de production de richesse sera 100%. Pour un impôt de 100%, son effort de production sera nul. Entre ces deux extrêmes, on pourrait tracer, en moyenne, une proportionnalité. Le contribuable réagit à l’impôt à diminuant sa production d’un montant qui est « souvent égal ou très supérieur à l’impôt ». Pareto l’enseignait déjà dans son cours d’économie de 1896, au titre numéro 1043 de son cours.

        Ce raisonnement sur la réaction du contribuable explique comment la réaction du contribuable diminue la création de richesse d’un montant qui tend vers le montant de l’impôt.

        Tournons-nous maintenant vers l’utilisation de l’argent de l’État. Toute dépense de l’État est une redistribution. Toute distribution de l’argent de l’État attire les resquilleurs, parfois les fraudeurs. Elle attire attire aussi les politiciens, fonctionnaires qui souhaitent faire une dépense dans l’intérêt supposé de certains de leurs électeurs.

        Mais, il a pire. Entre la décision de dépense et le bénéficiaire ultime de cet argent, il existe un processus tel que le bénéficiaire désigné ne profitera jamais de l’argent de l’État. Ainsi, la prime aux Opéra bénéficie aux grands ténors comme Pavaroti. C’est à dire aux facteurs de production les plus spécifiques de l’activité. Cette prime ne bénéficie pas aux machinistes.

        Il y a pire encore. Le fonctionnaire chargé de dépenser ou d’investir exécute une décision venue d’ailleurs. Un investissement public est donc toujours moins performant qu’un investissement privé. Un investisseur privé s’inquiete de la rentabilité du projet à chaque instant car c’est son argent qui est en jeu. Si son projet crée plus de richesse qu’il en consomme, il sera riche. Si son projet crée moins de richesse qu’il en consomme, il sera ruiné.

        Le fonctionnaire n’a ni ce genre d’angoisse, ni le nécessaire perpétuel ajustement de l’investissement à la demande prévue. Un investissement public détruit ainsi toujours plus de richesse qu’il en produit. Pour cacher ce fait évident, l’État promeut la vertu d’ignorer la rentabilité. C’est à dire refuse de chercher à créer plus de richesse qu’il en consomme.

        Souvent, l’État tente même de rendre impossible la comptabilisation de l’efficacité de son action en livrant gratuitement ses services. Or tout service gratuit induit des effets pervers bien connus des économistes. ces effets pervers sont une destruction de valeur pour l’État, et pour les demandeurs. C’est la perte sèche de Harberger.

        D’une part la comptabilité publique postule que le valeur de la production est égale au cout de production. La comptabilité publique est un autre des moyens du mensonge d’État.

        Ainsi toute dépense de l’État détruit autant de richesse que son montant.

    2. Avez-vous les moyens d’assumer seul :
      – la scolarisation en collège public d’un enfant, soit 7000€ par an ?
      – le traitement d’un cancer du sein (uniquement un premier protocole de radiothérapie et de chirurgie), soit près de 20 000€ pour un mois de traitement en clinique ?

      Dans ces exemples, pas d’idéologie pro ou anti quelque chose, uniquement des chèques à faire pour répondre à des besoins vitaux.

      Avec les impôts, vous mutualisez les risques de la vie et par votre soutien aux plus démunis (qui à défaut de payer consomment la quasi intégralité de leurs revenus et font tourner le commerce alimentaire, vestimentaire, automobile, immobilier etc) vous justifiez la vie en société, les uns avec les autres et non pas les uns à coté des autres …
      Si vous êtes capable de « donner » aux Resto’ du coeur ou à la banque alimentaire, vous êtes capable de comprendre l’intérêt de l’IRPP, sauf à vouloir continuer à faire la charité « aux bonnes oeuvres » selon des critères moraux et non selon le sens de la solidarité universelle.

  2. Et avec la croissance, ré-encadrer l’activité économique pour empêcher la formation de bulles en tout genre, comme l’explique si bien William K. Black dans son ouvrage « une fraude presque parfaite », relatif au pillage des caisses d’épargne américaines par leurs dirigeants … (Editions Charles Léopold Mayer, 24€, prix public, 442 pages et des annexes …)

  3. Et les électeurs choisissent les mauvaises personnes, en Espagne et en Grèce.
    Le problème : les aurait-on « soutenus » s’ils avaient voté très à « gauche » ?

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