Offshoring ou O-Ring?


En 1986, il a suffi d’un seul joint torique défectueux (« O-Ring ») pour que la navette Challenger explose,  peu après son décollage.

Cet évènement dramatique a donné son nom à la théorisation, par Michael Kremer, des méthodes de production délicates qui, sous peine de catastrophe,  exigent le « zéro défaut« .

La production O-Ring suppose le regroupement et l’intense collaboration des meilleures compétences.

Ce principe d’excellence est-il compatible avec les délocalisations et l’extension géographique de la chaîne de production?

C’est la question que soulèvent plusieurs analystes dans la presse américaine, qui pointent du doigt les couacs de la production offshorisée du Boeing 787  Dreamliner.

Depuis que Boeing a dispersé la production de son modèle, les retards de livraison et les pièces défectueuses s’accumulent.

A-t-on trop délocalisé?

Paul Krugman enfonce le clou dans un billet qui s’appuie sur les enseignements de la théorie des contrats.

DG

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5 réflexions au sujet de « Offshoring ou O-Ring? »

  1. Je n’ai pas saisis le rapport tiré de la théorie des contrats dans le billet mis en lien.
    En droit français, la théorie vise les conditions d’élaboration du contrat (consentement, objet licite, droit et obligation …).
    Selon moi, il s’agit plus tôt de la capacité à maitriser la chaine de production avec des exigences techniques de qualité … objet du contrat (ne pas les respecter c’est ne pas respecter ses engagements contractuels, payer des Dommages-Intérêts …). Est-ce ce à quoi fait référence le billet ?

    1. La théorie des contrats (en économie) renvoie à la meilleure façon de faire respecter les engagements des partenaires. Toute la question est de savoir si l’entreprise a intérêt à faire les choses ou à les faire faire. ici, l’entreprise a choisi de délocaliser et donc de piloter à distance la production de ses sous traitant. Paul Krugman fait référence à l’inconvénient qu’il y a à procéder ainsi lorsque les tâches sont tellement complexes qu’elles ne sont pas facilement paramétrables à l’avance. peut-être faudrait-il se contenter de délocaliser des opérations banales , standard, aisément prévisibles, pour lesquelles on peut rédiger aisément un contrat. Pour des tâches plus élaborées, il vaut mieux fonctionner en interne, avec ses salariés situés à proximité les uns des autres.
      J’ajoute ce lien au billet:
      http://www.wikiberal.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_contrats_incomplets

      1. Votre théorie économique des contrats fait donc référence à la pertinence de l’externalisation des tâches, et donc des charges.

        Dans mon souvenir, il s’agissait au début de maîtriser les coûts de production en faisant faire ailleurs ce qui était avant réalisé dans l’entreprise aux motifs qu’à l’étranger c’était moins cher et qu’il était préférable de conserver les activités financières et celles de recherches et développement.

        Il me semble que la mise en œuvre date du premier choc pétrolier, à la demande des fonds (de pension ou spéculatifs) qui souhaitaient conserver leurs revenus tandis que les « patrons » trouvaient avantageux de jouer sur le taux de chômage afin de maîtriser les revendications salariales, surtout des ouvriers plus syndicalisés qu’aujourd’hui. C’est devenu également une réponse « facile » face à la mondialisation au lieu de toujours améliorer le produit face à la concurrence.

        Je note que l’idée de l’externalisation date des années 30, comme beaucoup d’idées d’organisation interne et économique qui me font bondir !

        Ai-je bonne mémoire et bonne compréhension ?

  2. C’est en effet cela.
    Ce que vous dîtes à propos du chômage illustre la théorie de l’armée de réserve (Marx).
    Que les délocalisations soient un moyen de couper l’herbe sous le pied des syndicats est très vrai, même si l’affaiblissement des syndicats apparaît dès les années 70.
    En revanche, les capitalistes sont les agents d’un mouvement de plus grande ampleur et qui les dépasse: lorsque plus d’un milliard de salariés entrent dans la concurrence internationale et que le volume de consommation des biens industriels dans les pays du nord est stable, il est inévitable que la concurrence soit rude et que les pays du sud se spécialisent à un niveau très fin c’est-à-dire sur les biens intermédiaires reassemblés ailleurs.
    DG

    1. Et le chômage de masse, couplé à la concurrence croissante des économies émergents, réduit les tensions inflationnistes, ce qui accroît les taux d’intérêt réels, au profit des capitalistes financiers 🙂

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