Panorama international de la diversité linguistique

L‘indice Greenberg de diversité linguistique mesure la probabilité que deux individus pris au hasard parlent une langue maternelle différente (1, si personne n’a la même langue maternelle, 0 dans le cas inverse; voir  ici les données complètes par pays).

Comme le note The Economist, les pays homogènes sont assez rares (Corée du Nord, Cuba…).

Parmi les pays occidentaux, le Danemark  s’oppose de la Belgique, tandis que la France se classe à équidistance de l’Allemagne et de l’Espagne.

On constate une  opposition entre les pays riches en langues mais parlées par peu d’individus (Brésil, Chili) et ceux dont les minorités linguistiques forment des groupes importants (Inde, Gabon).

En France, il existe plus de groupes linguistiques qu’en Espagne, mais ils sont quelque peu dilués dans la population.

De manière générale, le degré de fragmentation linguistique diminue avec le revenu par habitant.  Selon Paul de Grauwe (Language diversity and economic development, 2006), une augmentation du PIB moyen de 1% fait diminuer l’indicateur de diversité de 0,11 point.

Le degré de richesse étant lié à la division du travail et au recul des obstacles aux échanges,  il existerait une tendance au déclin du nombre de langues.

DG

Publicités

8 commentaires

  1. C’est intéréssant mais je suis un peu perpeplexe sur la construction de cet indice, en comparant des « langues » de statut, de vitalité differentes.

    Par exemple en espagne les langues des communauté ont un statut officiel et sont largement pratiquées ( pour le basque et le catalan), et elles sont territorialisées. En france, l’arabe et l’espagnol, par exemple ont a priori un poids important, mais ne sont ni territorialisées (de la meme maniere), ni institutionnalisées.

    Est ce que cela a vraiment du sens de mélanger et de comparer ce qui est si different pour construire un indice ?

    Le concept même de « langue maternelle » (en supposant qu’il n’y en ai qu’une) me parait de même très vague a priori (je vois au moins celui de langue seconde, langue de communication, langue officielle, langue familiale, etc…), sans parler du degrés de maîtrise et du sens qui y est donné (par exemple, si le recueil de donné est déclaratif, beaucoup de personnes peuvent se déclarer parant catalan en tant que langue maternelle, bien plus que dans la réalité, alors que l’arabe pourrait être minoré en france – mais c’est déjà biaiser la réalité que d’imposer de déclarer une (et unique ?) langue maternelle. )

    Ceci dit, je fait peut être un faut procès, en partie au moins, mais je n’ai guerre trouvé plus d’informations en suivant le lien…

      1. Par langue seconde, je veux parler des langues qui ne sont pas maternelles strico-sensu, mais assument ce role dans la pratique ( reconnaissance institutionnelle et primauté dans le champs public). Par exemple en Afrique francophone. interprétation « maison » à l’emporte pièce, mais au plus je réfléchis à la construction d’un tel indice, au plus ça ne me semble pas être le meilleur exemple de ce que peut apporter l’impérialisme méthodologique économique à l’étude de champs « culturel »

        Par exemple, la conclusion de « corrélation » entre PIB et homogénéité linguistique me parait a la fois loin d’être évidente a l’oeil nu (je vois la papousie et le Congo en haut du graphique, et Cuba et la Corée du nord a l’autre extreme….) et particulièrement en défaut face à la dimension politique et historique contingente (il est évident a priori que l’inde et la l’indonésie ont un haut degrés d’hétérogeneité, cela reflète avant tout leur construction récente comme « nation-patchwork » et leur énorme taille ).

        Mais bon, je rouspète mais j’apprécie énormément vos articles concis et concentrés, même si je commente rarement….

  2. en regardant sur : http://www.ethnologue.com/show_language.asp?code=fra

    et si je ne comment pas d’erreur d’interprétation, j’ai du mal a comprendre certaines données

    Selon leurs décompte, le français est davantage parlé en Italie ( val d’Aoste 100 000 loctueurs)…qu’au sénégal, ou ils comptent 20 000 ou 111 000 locuteurs ( « maternels? ») en algérie…

    En additionnant tous ces chiffres, ils arrivent a 67 millions de locuteurs en français dans le monde. C’est sur qu’avec de tels chiffres…

  3. oups, désolé, mais je creuse encore la question avec l’italien, qui arrive a quelques places derriere le français

    http://www.ethnologue.com/show_language.asp?code=ita

    en regardant la page, on y apprend notamment qu’il y 1 million de locuteurs « maternels » italiens en france …soit plus d’italianophonez en france que de francophones dans toute l’afique…

    En regardant de plus pres, ces stats datent de 1977 (!), sachant que depuis, la vague d’immigration, déja terminée alors, a été complètement assimilée ( j’en sais quelque chose…)

    Premier écueil de taille, la situation de ces locuteurs migrants et leur « durabilité » est prise en compte au meme titre que les autres locuteurs. Et le procédé est répété dans le cas de l’Italie, puisque la somme de locuteurs est due à la somme de tous les émigrants – et certainement de leurs descendants.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s