Le taux d’ouverture commerciale de la France est-il bidon?

Chez les protectionnistes, la dernière idée à la mode consiste à prétendre que la politique de fermeture ne serait pas une catastrophe…puisque que le protectionnisme existerait déjà (Causeur 17/01/12).

Cette sorte d’idée nous arrive d’un article qui est paru dans le Monde Diplomatique.

D’après ce journal, l’indicateur que l’on utilise pour mesurer le degré d’ouverture de l’économie française surestimerait la part de valeur ajoutée qui fait l’objet d’une exportation.

En effet,  au numérateur du ratio d’ouverture (exportations/PIB) se trouve un chiffre d’affaires (ce que les non résidents nous achètent) et non pas une valeur ajoutée (excédent des ventes sur les consommations intermédiaires nécessaires à leur production), alors qu’au dénominateur, nous n’avons pas un chiffre d’affaires mais une somme de valeurs ajoutées.

A partir de là, comme les exportations ne contiennent que 25% de valeur ajoutée, le taux d’ouverture officiel quadruplerait la réalité de notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur.

Il conviendrait de le diviser par 4, pour le ramener de 26 à 6,5%.

Tout ce raisonnement est erroné.

On ne mélange pas du tout les torchons et les serviettes en divisant les exportations par le PIB, car dans les deux cas, il s’agit de valeurs ajoutées.

Prenons l’exemple d’une élégante cloche à reblochon, toute en porcelaine cuite à 1400 degrés et vendue 20 euros à l’exportation.

En tant que produit final, destiné à combler le besoin d’hygiène du client précautionneux, la dite cloche contient tout ce qu’elle doit contenir, c’est-à-dire la somme des valeurs ajoutées réalisées par tous les acteurs qui ont contribué à sa production et à sa vente, de l’extracteur d’argile au négociant de cloches.

C’est la magie de la macroéconomie: prenez la valeur de la production par le bon bout, c’est-à-dire quand elle est prête à la consommation, et vous obtenez une mesure du PIB.

Le PIB n’est lui même que la somme des ventes de produits finals.

En soi, le taux d’ouverture officiel de l’économie française (26% du PIB est exporté) n’est pas une arnaque.

En revanche, il ne distingue pas entre la valeur ajoutée produite en France et celle qui vient d’ailleurs.

Considérez que si l’argile est importé d’Italie, la valeur des cloches contient  une part de valeur ajoutée transalpine.

Ainsi donc, si le taux d’ouverture réel de l’économie française est à revoir, ce n’est pas en raison de je ne sais quel protectionnisme, mais tout au contraire, parce qu’on s’approvisionne de plus en plus auprès de fournisseurs non résidents en biens intermédiaires, sans parler des simples opérations de réexportations.

Voilà pourquoi le Monde Diplomatique devrait prendre un peu plus son temps avant de crier victoire contre les petits économistes précis

DG.

Publicités

2 réflexions au sujet de « Le taux d’ouverture commerciale de la France est-il bidon? »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s