Spécialisation: la divergence franco-allemande

Comme chaque année, le CEPII  publie un Panorama de l’économie mondiale.

L’étude nous donne à voir l’évolution de la spécialisation commerciale des principales économies entre 1967 et 2009.

Il existe deux grandes différences entre la France et l’Allemagne: diversification et  dynamique des avantages comparatif de ce côté du Rhin, spécialisation et  continuité de l’autre.

En France, la fin des tente glorieuses se caractérise par la montée en puissance des services, suivie par un affaissement de l’industrie entre 1980 et 1986, compensé par l’amélioration de nos positions dans l’énergie et l’agriculture.

La diversification est de mise parmi nos avantages comparatifs, puisque la majorité de nos 10 « points forts » ont été modifiés:

  • Basculement spectaculaire des « bastions » automobiles particulières et des produits raffinés du pétrole dans la catégorie « point faibles ».
  • Basculement, cette fois ci dans le sens inverse, des instruments de mesure.
  • Apparition de  5 nouveaux avantages comparatifs dans l’aéronautique, le fer et acier, les éléments de véhicules, les céréales et les corps gras.

On ne retrouve pas une telle instabilité en Allemagne.

La vocation industrielle de ce pays ne se dément pas.

L’Allemagne de 2009 a conservé la majorité des points forts qui étaient les siens en 1967 (automobiles particulières, machines spécialisées, quincaillerie, fournitures électriques, articles en plastique, moteurs).

Elle ajoute 4 nouvelles industries à son arc: produits pharmaceutiques, machines-outils, matériel de BTP et instruments de mesure.

Aujourd’hui, l’Allemagne affiche des désavantages comparatifs très proches de ceux de la France, en revanche, elle exporte beaucoup plus intensément que nous les produits sur lesquels sa position dominante est traditionnelle.

Curieusement, le pays de l‘Etat planificateur et centralisé est celui dont les avantages comparatifs manifestent le moins de continuité.

Le « trou d’air » que traverse actuellement le commerce extérieur français est peut-être le fruit d’une de ces énièmes mutations.

DG

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2 commentaires sur “Spécialisation: la divergence franco-allemande

  1. Très intéressant, merci.

    On pointe souvent du doigt en France que l’offre de produits est trop importante ce qui gonfle artificiellement les marges des vendeurs. Qu’en pensez-vous ?

    Sur ces graphiques on peut aussi voir le poids pour l’Allemagne du gaz naturel qui ne va qu’augmenter au fil des prochaines années. Le reste est impressionnant.

    Bonne année 2012 par ailleurs. C’est un plaisir de vous lire sur ces sujets technique qu’un néophyte comme moi avait beaucoup de mal à appréhender voilà encore deux ans. Merci Internet ! Et bonne continuation.

  2. J’ai déjà entendu cela en effet. Cela peut constituer une bonne stratégie pour étouffer la concurrence. Je ne sais pas si cela nuit à nos exportations, il faudrait le vérifier.
    Sait-on jamais, si l’on trouve du pétrole ou du gaz en Guyane, de nouveaux changements dans les avantages comparatifs sont en perspective.
    Merci!, bonne année 2012 à vous également, ravi de contribuer à vos réflexions économiques
    DG

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