L’erreur protectionniste

Une enquête d’opinion  montre que la majorité de français voient dans le « protectionnisme national » une issue possible à la crise.

Compte tenu de l’envolée du chômage et de l’insouciance des pouvoirs publics, ce résultat n’est pas surprenant.

Croisons les doigts pour qu’on ne relève pas maintenant les obstacles aux échanges.

En effet, il en va du protectionnisme comme de la baisse des salaires: en période de crise de la demande, c’est une politique inutile ou contre-productive.

  • Tout d’abord, ce n’est pas la peine de s’échiner à vendre nos produits moins cher, où de taxer ceux des autres… les clients ne sont pas aux rendez-vous, ni ici, ni ailleurs. La dernière note de conjoncture de l’Insee montre à quel point le monde n’a plus grand chose à acheter aux entreprises françaises. La dépréciation de l’euro, qui donne à peu près les mêmes avantages qu’un protectionnisme tarifaire, ne nous a pas permis de vendre plus, ni au Japon, ni aux Etats-Unis, ni ailleurs. Pourquoi en rajouter?
  • Ensuite, le protectionnisme n’est justifié que si les échanges dépriment les salaires et la demande. Or actuellement, c’est la crise de la dépense qui entraîne les échanges dans sa chute.
  • Pire, en se fermant leurs marchés les unes aux autres, les économies s’enfermeraient dans un cycle vicieux aussi redoutable que si elles cherchaient à exporter le plus possible au même moment. Si nous parvenions à gagner des parts de marché sur nos voisins, nous les affaiblirions, ils nous achèteraient moins et nous perdrions notre avantage initial.

En période de crise, lorsque le ciel vous tombe sur la tête et que les politiques de relance budgétaire et monétaire sont insuffisantes ou tardent à produire leurs résultats, on est disposé à  confondre les causes et leurs effets.

Deux formes de populisme  se développent.

  • Le conservatisme financier: on s’affole devant la dette publique et l’on réclame une remise en ordre des dépenses publiques…qui nuit à l’activité et creuse le déficit.
  • Le patriotisme économique: les pays sont incités à se disputer des parts de marchés, dans un gâteau mondial qui ne cesse de rétrécir…et qu’ils contribuent eux mêmes à réduire.

Dans les deux cas,  le remède est inopérant, voire pire que le mal.

Lorsque la crise sera derrière nous (pas demain), il sera temps de réfléchir à une forme de régulation négociée des flux commerciaux mondiaux.

Par exemple, on pourrait envisager de relever la protection commerciale européenne vis-à-vis des pays émergents, à condition que nous renoncions aux formes les plus agressives et arbitraires de protection que constituent les procédures antidumping, et à condition que les salariés européens en soient les bénéficiaires principaux, en termes d’emploi et de conditions de travail.

DG

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2 réflexions au sujet de « L’erreur protectionniste »

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