Hausse du chômage: pourquoi le Gouvernement réagit-il avec retard?

Il aura fallu attendre que le taux de chômage retrouve le niveau de novembre 1999 pour que le Gouvernement annonce la tenue d’un « sommet sur l’emploi« , le 18 janvier prochain.

Pourquoi si peu d’empressement à l’action?

Le Gouvernement avait-il la tête ailleurs?

La réponse à ces interrogations réside dans l’argumentaire que déploie le ministère du Travail pour apaiser l’inquiétude générale.

Après avoir expliqué que « le chômage n’est pas un problème franco-français« , Xavier Bertrand nous dit que « les réformes de fond » adoptées par du Gouvernement n’ont pas eu le temps de porter leurs fruits.

Or, les réformes auxquelles Xavier Bertrand fait référence (activation des aides sociales, facilitation des ruptures de contrat de travail, incitation à garder les séniors au travail) ne visent pas  à combattre directement le chômage mais à améliorer le taux d’emploi.

Ce que ne nous dit pas Mr Xavier Bertrand, c’est qu’il est possible de doper la proportion des 15-64 ans qui produisent de la richesse économique sans forcément réduire le nombre de chômeurs.

En effet, à taux de chômage constant, il suffit qu’un seul inactif soit incité à chercher un travail…et en trouve un,  pour que le taux d’emploi augmente.

Abréger la durée d’étude, reporter l’âge du départ en retraite ou orienter aimablement les titulaires des minima sociaux vers des postes peu rémunérés,  c’est la priorité de ce Gouvernement, comme  des précédents.

Afin de mieux comprendre pourquoi il n’y a pas le feu au lac, en haut lieu, observons l’évolution récente du taux d’emploi  en France.

Comme le fait remarquer très justement le blog ByLine Data in the news, la France appartient à la catégorie de pays qui n’a  pas connu un effondrement du taux d’emploi.

L’évolution positive de janvier 2007 à juillet 2008 a été annulée partiellement, voilà tout.

Rien à voir avec la Grèce ou l’Irlande.

C’est à cette aune que le Gouvernement juge son action économique.

Certes, le taux de chômage est passé en 3 ans de 7,4 à 9,7%, mais les statistiques de l’emploi enregistrent également une plus forte mobilisation de la main d’oeuvre des séniors ainsi qu’un regain du sous-emploi.

Depuis 10 ans, on constate un amélioration tendancielle du taux d’emploi des 55-64 ans, qui a gagné 1,5 point supplémentaire depuis 2008.

Par ailleurs, le sous-emploi gagne du terrain: depuis 2008, temps partiel subi et chômage partiel ont concerné 114 000 personnes supplémentaires.

Ainsi donc, en s’entêtant à reporter l’âge de départ en retraite et à subventionner la reprise d’activité (RSA) ainsi que les heures supplémentaires, en pleine crise,  le Gouvernement a suivi la stratégie néolibérale, qui recommande d’inciter les agents à conserver ou à développer leur emploi, plutôt que de les protéger contre la perte éventuelle de leur travail.

Refuser de percevoir le chômage comme un risque social prioritaire et se focaliser sur les variantes, supposées, de l’oisiveté, telle est la traduction du slogan « travailler plus« 

Finalement, le Gouvernement estime avoir bien travaillé et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce que la hausse rapide et inattendue du chômage ne rappelle l’Etat républicain à son devoir démocratique.

DG

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