Relativisons la désindustrialisation

L’effondrement de la production et l’emploi industriel dans nos pays depuis 30 ans provoque à juste titre l’inquiétude des pouvoirs publics et de l’opinion.

Comme il faut bien trouver un coupable, la Chine, son dumping social et monétaire et ses délocalisations sont pointés du doigt.

Il y a du vrai dans tout cela et le sourire éclatant qu’affichent certains managers à l’idée d’offshoriser leurs coûts salariaux n’est pas vraiment contagieux.

Mais de là à pronostiquer la disparition de toutes nos usines…

Dans le genre on positive, le Boston Consulting Group prévoit le retour en majesté de l’industrie manufacturière américaine dans moins de dix ans.

Le rapport (Made in America, again, août 2011) montre que ces dernières années, l’écart de salaire américano-chinois fond deux fois plus vite que l’écart de productivité.

Cela s’appelle perdre son avantage comparatif et nos managers aux dents blanches, qui sourient un peu moins depuis que les grèves se multiplient en Chine, en savent quelque chose.

Une autre étude (IHS Global Insight) nuance la réalité du déclin occidental en comparant le poids de chaque zone dans la valeur ajoutée industrielle mondiale, c’est-à-dire la richesse réelle produite par l’industrie.

Le graphique ci-dessus livre plusieurs enseignements:

  • La Chine produit peut-être la majorité des PC,  mais elle le fait à partir des conceptions et des pièces détachées occidentales. En termes de valeur ajoutée, l’atelier du monde demeure américano-européen.
  • L’industrie américaine reste puissante avec 20% de la valeur ajoutée mondiale.
  • Le déclin de l’industrie européenne est plus durable, mais il débute avant l’essor chinois. Il est aussi plus constant, alors que les Etats-Unis résistent mieux.
  • Les prévisions à 2020 indiquent moins la disparition de nos industries qu’un équilibrage entre les trois blocs Europe/Chine/Etats-Unis. L’industrie se partage entre les blocs un peu à l’image du PIB mondial.
Ces statistiques signifient que nos pays n’ont pas nécessairement vocation à devenir  un désert industriel.
Les politiques publiques peuvent contribuer ce que nos industries persistent à se spécialiser dans les segments de production à forte valeur ajoutée, comme l’indique un intéressant rapport du Conseil d’Analyse Economique.
DG

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