Le Pen, Rodrik et l’Euro

Madame Le Pen a pris l’habitude de citer des économistes pour défendre sa proposition d’un retour au Franc (Alain Cotta, Jacques Sapir, Paul Krugman).

Au palmarès du FN, le dernier cité est Dani Rodrik.

Il y a fort à parier que ceci ne plaise pas à l’intéressé.

En effet, Rodrik s’inquiète de la montée de l’extrême droite en Europe et redoute une explosion désordonnée de la zone euro.

Il voit dans ce scénario le prochain cauchemar de l’Europe.

L’économiste est un euro-sceptique modéré qui rejette la faute sur le manque d’ambition des leaders européens qui n’ont pas armé  la zone euro pour qu’elle résiste à la crise des dettes souveraines.

L’Euro n’est pas une mauvaise action, mais une construction inaboutie.

En effet, si la Grèce et l’Italie n’inspirent pas confiance, c’est parce qu’il n’existe pas sur le continent les mécanismes de transferts et de solidarité financière que l’on rencontre aux Etats-Unis.

L’Europe monétaire s’est arrêtée au milieu du gué, de sorte que la  Grèce n’a plus assez de souveraineté pour rembourser sa dette en activant la planche à billets et reste trop souveraine pour pouvoir compter sur la solidarité de principe de la BCE.

Pour Dani Rodrik, il est illusoire d’espérer maintenant un saut fédéral.

Dans le contexte actuel, il  faut se résoudre à réviser le périmètre de la zone euro, si l’on veut couper l’herbe sous le pied des nationalismes et sauver ce qui peut encore l’être:

In short, the euro’s institutional incompleteness has left the Eurozone badly exposed to the crisis. Euro-skeptics say “we told you so.” Others, like me, will argue that it was the EU’s misfortune to have been caught halfway in its institutional integration process by a financial crisis that was not its own doing. But that is all water under the bridge now. The main lesson from the debacle is that economic union requires political union. The EU needs either more political union if it wants to keep its single market, or less economic union if it is unable to achieve political integration. At this stage, the former path looks by far the less likely. If it has to come to it, the more orderly and premeditated the coming break-up of the Eurozone, the better it will be.

Alors que Rodrik souhaite une europe monétaire resteinte pour alléger les souffrances de l’Europe du Sud et apaiser les tensions nationalistes, Madame Le Pen espère la catastrophe pour nous imposer son petit musée des horreurs.

DG

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