L’euro est-il un échec?

L’euro n’est pas encore un échec, mais il risque de le devenir si l’on ne remet pas en cause la doctrine libérale qui freine des quatre fers sur la voie d’une Europe politique.

L’euro a parachevé l’intégration des marchés de biens, de services et de produits financiers. Il a conquis une stature internationale. Et pourtant, la monnaie unique doit franchir une nouvelle étape si elle veut perdurer.

C’est ce qu’affirme Michel Dévoluy, au terme d’un petit livre publié par la Documentation française.

Vous pouvez avoir un aperçu de l’ouvrage en lisant l’interview de l’auteur accessible ici.

Il faut saluer l’auteur pour sa pédagogie et son sens de l’objectivité lorsqu’il passe en revue les retombées problématiques d’une sortie de l’euro…comme celles qu’implique le statu quo.

D’un côté, sortir de l’Euro, en solo ou en groupe, poserait des problèmes techniques considérables, encouragerait l’inflation importée et ruinerait la crédibilité des Etats concernés.

D’un autre côté, les performances macro-économiques de l’Euro sont médiocres et s’il est vrai qu’une dévaluation pénaliserait le pouvoir d’achat d’une partie importante de la population, les politiques d’austérité absurdes qui sont mises en oeuvre frappent surtout les plus faibles.

Pour sortir de cette logique mortifère, l’auteur fait preuve d’ambition.

Il souhaite, en quelque sorte,  sauver l’Europe monétaire d’elle même en la (re)politisant.

Pour cela, il préconise ce qu’il appelle la planification fédératrice, c’est-à-dire un budget et des impôts européens, une politique industrielle, un soutien à une agriculture relocalisée, une régulation financière et un Gouvernement économique responsable devant le Parlement européen, toutes choses à mille lieux de ce « plus petit dénominateur commun » auquel s’attachent l’indépendance de la BCE et le respect des « règles d’or », consensus minimal entre Etats qui refusent de politiser l’Europe.

Il voit dans ce projet un retour à l’inspiration première de la construction  européenne:

La mise en place d’une planification fédératrice permettrait de consolider l’Europe monétaire. En outre, elle renouerait avec le passé, puisque l’intégration européenne débuta en 1950, avec la CECA qui instaura une forme de planification des secteurs du charbon et de l’acier porteuse d’une ambition fédératrice  pour l’Europe et les Européens.

 

L’auteur reconnait que son projet n’est pas le plus probable, même si la messe n’est pas dite, comme le montrent certains mouvements de grève européens ou encore les discussions sur une taxation des transactions financières à l’échelle de l’Europe.

DG

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3 commentaires sur “L’euro est-il un échec?

  1. Enfin un article qui redonne le moral !
    En parcourant blogs et articles de presse, il apparait que les solutions pour en sortir sont connues, réalisables mais obstinément rejetées par le gouvernement allemand ( et autres pays à vocation libérale ) pour cause de position idéologique et problème de démographie ( les vieux allemands refusent de payer pour sauver leur pécule de retraités …je schématise, quoi que …).
    Il semble que les propositions de la commission ECON du Parlement européen vont dans le bon sens.
    Je ne suis malheureusement pas assez calée pour développer :
    http://www.europarl.europa.eu/activities/committees/homeCom.do?body=ECON&language=FR
    http://europa.eu/index_fr.htm

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