Libéralisme et citronnade

Dani Rodrik conteste l’héritage intellectuel ambigu et l’aveuglement de Milton Friedman.

Le pape du libéralisme, on le sait,  s’émerveillait que tout un monde de division du travail tînt dans un simple crayon.

Adam Smith éprouvait le même vertige devant une tête d’épingle.

Rodrik défend l’économie mixte au moyen d’une image culinaire:

« Les marchés sont l’essence de l’économie de marché, au même titre que le citron est l’essence du jus de citron. En lui-même il est pratiquement imbuvable. Pour faire un bon jus de citron, il faut ajouter de l’eau et du sucre. Mais s’il on en met trop, le résultat ne sera pas satisfaisant. Il ne faut pas pour autant refuser l’eau et le sucre, mais trouver les bonnes proportions. Il en est de même avec l’Etat »

Trop de jus de citron, et vous obtiendrez l’amer breuvage néolibéral.

A la fin de son texte (traduit ici), Rodrik rappelle que la plupart des crayons vendus dans le monde sont produits en Chine avec le soutien actif de l’Etat.

DG

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