L’Argentine rénove le protectionnisme

The Economist et La Nacion décrivent une pratique protectionniste innovante qui tend à proliférer en Argentine.

Dans l’objectif de rééquilibrer sa balance commerciale, ce pays harcèle les multinationales étrangères afin qu’elles exportent depuis son territoire un montant égal à ce qu’elles y vendent.

C’est ainsi que les firmes Mistubishi, BMW ou Nissan, si elles veulent vendre plus en Argentine, sont contraintes d’investir sur place pour produire ici du riz, là des bio-carburants ou encore de l’eau minérale à exporter.

C’est un peu la loi du talion dans le domaine des avantages comparatifs: je t’achète 100, à condition que tu me fasses vendre 100.

Dans la version old school du mercantilisme on fermait son marché intérieur aux pays jugés trop peu ouverts aux produit nationaux, puis l’on négociait âprement des concessions commerciales d’Etat à Etat.

Désormais, il est possible de moduler les flux entrants et sortants en intervenant sur une firme étrangère dont on menace de bloquer les ventes pendant quelques semaines, ce qui est permis par l’OMC.

A ce jour, le Ministère argentin de l’industrie se félicite d’avoir compensé près de 5 milliards d’importations, soit 1,4% du PIB local.

On n’arrête pas le progrès.

DG

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4 commentaires sur “L’Argentine rénove le protectionnisme

    1. Par exemple, imaginons que l’Allemagne ait un avantage comparatif dans les véhicules automobiles et l’Argentine dans les biocarburants. Si BMW souhaite vendre des véhicules sur le marché argentin pour 1 milliard de dollars, les autorités lui demanderont de contribuer aux exportations de l’ Argentine pour le même montant. Avec un peu de chance, BMW possède des activités de biocarburant en Argentine…sinon il faudra qu’elle se diversifie.

      1. Oui, j’avais compris ça, ce que je n’ai pas compris c’est ce que tu penses toi de cette politique mise en place par l’Argentine…

      2. Je trouve que c’est un moyen pour le moins inédit de forcer les multinationales à créer des emplois supplémentaires sur place. C’est malin, mais finalement, cela ne relève-t-il pas du bricolage et de l’entourloupe? Paradoxalement cela conduit à renforcer le poids des multinationales puisqu’il leur est demandé de concourir encore plus aux exportations du pays. D’une certaine façon, c’est reconnaître leur prééminence dans l’économie, et en particulier les plus importantes d’entre elles. Si l’on veut les forcer à se délocaliser en Argentine, après tout, très bien. Mais je soupçonne l’Etat argentin de ne pas vouloir se donner la peine de réfléchir à une politique industrielle ou à une politique de change adaptées à son objectif de redressement de la balance commerciale. Mais je te dis cela sans m’être plongé dans la presse argentine, qui doit certainement discuter une telle mesure.

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