Pourquoi l’Europe n’est-elle pas qu’une zone de libre-échange?

Salle de réunion de la Commission européenne

Kevin O’Rourke s’interroge sur les raisons qui ont poussé, au sortir de la seconde guerre mondiale, un nombre croissant de pays européens à s’engager sur la voie du fédéralisme.

Pourquoi le marché commun puis l’intégration monétaire, plutôt qu’une simple zone de libre-échange?

Véritable cours d’histoire européenne, le papier  met en évidence un certain nombre de facteurs structurels.

Il attribue une importance particulière à la géographie.

Selon lui, la dynamique fédéraliste procéderait d’une tension entre, d’un côté, la relative homogénéité culturelle d’un continent de petite taille et, d’un autre côté, la fragmentation politique d’une Europe riche de barrières naturelles intérieures.

Après avoir épuisé méthodiquement toutes les modalités de la querelle et de la guerre, les européens auraient ressenti le besoin de construire un projet commun.

Dans cette entreprise, ils pouvaient s’appuyer sur leurs similitudes culturelles.

Les circonstances socio-économiques jouent également leur rôle.

Après avoir été le théâtre de la première révolution industrielle, l’Europe cherche à conjurer son inévitable déclin économique en s’unissant.

A cela s’ajoute une dimension pratique: au moment où le projet européen voit le jour, l’intégration régionale des échanges est la seule voie possible dans monde hérissé de barrières commerciales.

L’auteur ajoute qu’une simple zone de libre-échange aurait été incompatible avec le compromis social d’après-guerre.

Suite à deux conflits successifs, les peuples européens aspiraient à la sécurité matérielle, ce qui exigeait une forte implication des Etats dans la vie économique.

Pour éviter que l’abolition des restrictions commerciales internes n’entrave cette aspiration démocratique, il était indispensable d’aller plus avant dans la coopération et de fédéraliser les politiques commerciales, agricoles puis monétaires.

De manière assez convaincante, l’auteur montre que l’absence de tous ces facteurs, géographiques, économiques, politiques, culturels, explique la moindre appétence de l’Asie pour des formes avancées d’intégration.

A l’heure où l’euro-scepticisme a le vent en poupe, il est bon de s’entendre dire que le fédéralisme européen  n’est peut-être pas l’artifice bureaucratique que l’on croit.

DG

 

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