L’impérialisme, ou la rente à tous les étages

Lenin (Arcade Fire)

En commentaire de la citation que j’ai faite, il y a peu, de Jacques Sapir (billet Nations et mondialisation), NKB notait que Lenine avait énoncé des choses similaires dans l’Impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916).

J’avoue ne pas avoir lu ce texte.

De mes pérégrinations étudiantes dans la galaxie marxiste, j’ai souvenir de Que Faire?, ainsi que d’un texte où Lénine défend le principe de l’épargne populaire, dans l’espoir du krach final. Un cours d’économie du développement m’avait donné les grandes lignes des thèses de Rosa Luxembourg et de Lénine à propos de l’impérialisme.

Rien de plus, car j’ai toujours eu un peu de mal avec le cynisme d’Oulianov.

Mais tout de même, voici deux citations piquantes, que j’ai picorées dans le célèbre opus de 1916.

Toute ressemblance avec des faits réels ne serait que pure anticipation.

La perspective du partage de la Chine provoque chez Hobson l’appréciation économique que voici : « Une grande partie de l’Europe occidentale pourrait alors prendre l’apparence et le caractère qu’ont maintenant certaines parties des pays qui la composent : le Sud de l’Angleterre, la Riviera, les régions d’Italie et de Suisse les plus fréquentées des touristes et peuplées de gens riches – à savoir : de petits groupes de riches aristocrates recevant des dividendes et des pensions du lointain Orient, avec un groupe un peu plus nombreux d’employés professionnels et de commerçants et un nombre plus important de domestiques et d’ouvriers occupés dans les transports et dans l’industrie travaillant à la finition des produits manufacturés. Quant aux principales branches d’industrie, elles disparaîtraient, et la grande masse des produits alimentaires et semi-ouvrés affluerait d’Asie et d’Afrique comme un tribut. »

Parmi les caractéristiques de l’impérialisme qui se rattachent au groupe de phénomènes dont nous parlons, il faut mentionner la diminution de l’émigration en provenance des pays impérialistes et l’accroissement de l’immigration, vers ces pays, d’ouvriers venus des pays plus arriérés, où les salaires sont plus bas. L’émigration anglaise, remarque Hobson, tombe à partir de 1884 : elle atteignait cette année-là 242 000 personnes, et 169 000 en 1900. L’émigration allemande atteignit son maximum entre 1881 et 1890 : 1 453 000 émigrants; au cours des deux dizaines d’années suivantes, elle tomba respectivement à 544 000 et 341 000 pendant qu’augmentait le nombre des ouvriers venus en Allemagne, d’Autriche, d’Italie, de Russie, etc. D’après le recensement de 1907, il y avait en Allemagne 1 342 294 étrangers, dont 440 800 ouvriers industriels et 257 329 travailleurs agricoles . En France, les travailleurs de l’industrie minière sont « en grande partie » des étrangers : Polonais, Italiens, Espagnols [11]. Aux Etats-Unis, les immigrants de l’Europe orientale et méridionale occupent les emplois les plus mal payés, tandis que les ouvriers américains fournissent la proportion la plus forte de contremaîtres et d’ouvriers exécutant les travaux les mieux rétribués [12]. L impérialisme tend à créer, également parmi les ouvriers, des catégories privilégiées et à les détacher de la grande masse du prolétariat.

DG

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