La Règle d’or est une servitude volontaire

C’est tout de même étrange cette manie qu’ont les Etats européens de chercher fébrilement la confiance des marchés financiers.

Que la France ait accepté d’inscrire la règle d’or budgétaire dans sa Constitution,  sans réelle contrepartie de la part de l’Allemagne, laisse un peu songeur.

Pourquoi n’a-t-elle pas pris appui sur les exportateurs allemands, qui réclament la création d’obligations publiques communes à la zone euro?

Il entre certainement  dans cette décision un zeste d’égoïsme.

Après tout, la France paie des taux d’intérêt très bas sur sa dette publique et ne souhaite pas leur substituer ceux d’éventuels bons européens.

Et puis, mutualiser les emprunts reviendrait à opérer un transfert de richesse des pays les plus crédibles vers les autres.

Or, la Grande Nation n’est pas d’humeur généreuse. Elle se targue même de retrancher quelques fonds européens structurels aux pays qui ne rétabliraient pas leurs comptes publics.

Mais il y a peut-être plus.

Paul Krugman souligne que les marchés financiers regardent un peu de travers les pays qui ont perdu leur souveraineté monétaire car ces derniers sont dépourvus du prêteur en dernier ressort, leur banque centrale, qui pourrait actionner  la planche à billets en temps voulu.

Pour cette raison, à dette équivalente, un pays de la zone euro devra faire plus d’efforts qu’un autre pour obtenir la confiance des marchés auprès desquels il a placé une part de sa dette.

Par exemple, Krugman oppose la situation de  l’Italie (taux d’intérêt élevés)  à celle du Japon (taux très faibles).

Et c’est ainsi que l’euro  place spontanément les Etats membres  sous la surveillance particulière  des marchés et que nous sommes entraînés dans une course (sans fin?) à la crédibilité.

DG

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3 commentaires sur “La Règle d’or est une servitude volontaire

  1. « Le marché » n’existe pas : derrière les structures juridiques, il y a des hommes et des femmes de chaire et de sang.
    Il y a beaucoup de glose et des débats sur les CDS.
    J’ai eu plaisir à lire, même en anglais, la note rédigée par l’organisme « Finance Watch » dont je vous joint le lien. Peut-être y trouverez-vous matière à article !
    http://www.finance-watch.org/wp-content/uploads/2011/07/Why-sovereign-credit-default-swaps-do-not-lower-the-cost-of-funding-of-sovereign-borrowers3.pdf

    Fultrix.

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