Le coût de la non immigration

Dans le climat bizarroïde qui entoure les questions migratoires, il est heureux que des économistes fassent entendre leur petite musique.

Xavier Chojnicki a produit plusieurs travaux sur l’impact budgétaire de l’immigration en France et dans les pays de l’OCDE.

Ses conclusions sont nuancées et méritent attention.

La lettre du Cepii du 15 juin 2011 divulgue quelques uns de ses résultats.

On apprend que les immigrés contribuent positivement aux finances des administrations publiques, à hauteur de 3,9 milliards d’euros (2005).

Deux raisons à cela:

  • Plus jeunes que la moyenne, les immigrés appartiennent aux catégories d’âge qui contribuent plus qu’elles ne reçoivent de prestations (voir graphique ci-dessous).
  • Leurs retraites sont plus modiques, en raison de leur carrière professionnelle plus courte et heurtée.

Toutefois, la contribution nette des immigrés  est plus faible que dans les autres pays de l’OCDE.

Ceci résulte du sur-chômage et de la sous qualification des immigrés (moins de salaires=moins de prélèvements sociaux et moins d’impôts).

De ce fait, l’auteur est sceptique quant à l’opportunité de recourir à l’immigration pour rétablir nos comptes sociaux.

Pour autant, l’arrêt de l’immigration aurait des conséquences impressionnantes sur la population en âge de travailler:-6% d’ici 2030,  -11,5% d’ici 2050 et -24,1% d’ici  2100.

A moins d’élever massivement la productivité du travail par tête en revenant aux horaires extravagants des trente glorieuses, le PIB de notre pays chuterait.

Dans le même temps, le déficit de la protection sociale se creuserait de 1,3% du PIB.

En économie internationale, il est fréquent que les mauvais concepts chassent les bons et plutôt que de désigner le chômage comme source de nos maux, on préfère pointer du doigt l’immigration. Comme si, une fois incarné, le mal en devenait plus supportable.

Xavier Chojnicki nous aide à faire l’économie politique de cette triste erreur.

Il utilise des modèles dans lesquels l’arrêt de l’immigration se traduirait par un ballon d’oxygène pour la fiche de paie des salariés les moins qualifiés.

Ceci est à prendre en ligne de compte, car  tant qu’une protection supplémentaire n’aura pas été apportée à ces salariés, le repli nationaliste restera l’option de la dernière chance.

DG

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s