L’outsourcing est dans le pré

Problème économiques vient de publier un intéressant papier de Thierry Pouch,  consacré au land grabbing.

L’accaparement des terres consiste en l’achat ou la location de millions d’hectares  par les pays qui cherchent à pallier  l’insuffisance, chez eux, de sols cultivables.

Par exemple, en 2008, la Chine a acheté ou loué près de 3 millions d’hectares au Cameroun et au Zimbabwe. Le Soudan a négocié auprès de la Corée du Sud, des Etats-Unis et des Emirats-arabes unis près d’un million et demi d’hectares.

En lisant ce texte, mon bon vieux logiciel marxiste s’est rappelé à moi.

J’ai pensé enclosures, accumulation primitive du capital et substitution de l’économie marchande à l’économie naturelle, pour reprendre les mots de Rosa Luxembourg, que l’auteur cite à juste titre.

Rosa Luxembourg dit quelque part que le capitalisme est une structure à deux étages, avec au premier la production routinière de profit et au second, le règne, légèrement plus sportif, des rapports de force inter-étatiques et de l’appropriation contrainte de facteurs de production (colonialisme, impérialisme…).

De fait, la plupart de ces terres sont achetées par des Etats, sur fond de spéculation et de soutien à des régimes plus ou moins recommandables et l’outsourcing food production se fait fort de diffuser le droit de propriété et de remettre un peu d’ordre dans les structures productives locales, souvent familiales ou communautaires.

La Banque Mondiale, très optimiste, voit dans le land grabbing une double opportunité pour le pays hôte: s’affranchir des contre performances agricoles qui ont jalonné l’évolution économique de bon nombre d’économies en développement (win-win strategy), et desserrer la contrainte des politiques agricoles menées par les pays industrialisés, qui sont source de distorsions de concurrence dans les régions les moins avancées.

DG

 

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4 Comments

  1. Je ne comprends pas la position de la Banque mondiale.
    Comment s’enthousiasmer d’une production « étrangère » de légumes (petits pois, haricots verts ou pommes de terre) qui nécessitent des ressources en eaux dont ne disposent pas forcément les pays hôtes, sans parler des intrants ?
    Un exemple en Egypte montre que tout pousse dans le sable avec forts apports en eaux et en produits phytosanitaires dont ne profitent pas les populations locales (mal payées, localités polluées …).

    Fultrix.

  2. En tout cas, les chinois qui vont exploiter ses terres sont loin de ressembler à l’image que l’on se fait du blanc colonialiste avec son colt en ivoire et son chapeau. Généralement les types envoyés sur place sont des fonctionnaires en disgrâce ou de simples contribuables qui ont fraudé aux impôts. En réalité c’est une nouvelle sorte de bagne.

  3. L’egypte importe des biens agricoles pour gérer son manque d’eau. La banque mondiale y voit un moyen de contourner les barrières aux échanges mais ne s’interroge pas sur le devenir des populations locales que l’on déplace ou prive des moyens de subsister.

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