Le taux d’ouverture est caduc

Contenu en importation des exportations (1995-2005)

Le taux d’ouverture commerciale  mesure la dépendance d’un pays vis-à-vis du commerce extérieur.

La formule la plus simple consiste à diviser la valeur des exportations par le PIB.

En France, le taux est égal à 27% (Insee 2008).

Est-ce à dire que 27% des salaires et des profits proviennent des exportations?

Il faut prendre ses précautions avec cette statistique car elle est faussée par le commerce vertical, c’est-à-dire l’importation de composants et biens intermédiaires incorporés dans les exportations.

En moyenne, 100 euros d’exportations françaises contiennent 72 euros de valeur ajoutée locale et 28 euros de composants et biens intermédiaires étrangers (graphique ci-dessus).

Après correction, le taux d’ouverture réel de notre économie, termes de valeur ajoutée, passe de 27 à 21%.

Un papier suédois attire notre attention sur le biais statistique que provoquent les délocalisations. De son côté, l’OMC a lancé le projet Made in the World pour convertir en valeur ajoutée les chiffres bruts du commerce international.

A l’avenir, il faudrait disposer d’une mesure plurielle et qualitative de la mondialisation, intégrant les effets sur l’innovation, l’intégration des marchés, les inégalités sociales ou bien encore les contacts inter-culturels.

Sinon, l’écart entre la mesure et la perception de la mondialisation ira grandissant.

DG

Publicités

4 Comments

  1. Dans votre analyse vous pourrez ajouter le contenu de nos importations. En effet plusieurs responsables politiques français et pas seulement le FN veulent imposer des écluses douanières pour des produits fabriqués dans des pays à bas coût. Hors on importe énormément de produits d’Europe dont des composants sont aussi fabriqués en Chine. J’insiste sur ce point car beaucoup d’économistes médiatiques nous affirment que la concurrence déloyale provenant de Chine est minoritaire en prenant en compte seulement les importations directs qui ne représentent que 8% de nos importations globales.Or ils oublient que par exemple un NOKIA est importé de Finlande alors que beaucoup de composants viennent de Chine. Mon opinion à moi: du protectionnisme raisonnée est nécessaire mais imposer des barrières douanières aux pays à bas coût est totalement inefficace dans un monde où chaque composant d’un produit peut venir d’un pays différent.
    Je voulais terminer par une dernière question: ne pensez vous pas que l’Allemagne est cause de déséquilibre au sein de l’UE: en effet c’est un pays qui produit énormément mais qui dans le même temps consomme peu du fait de la courbe des âges. On reproche souvent à la Chine ce comportement, j’aimerais bien qu’on évoque aussi celui de l’Allemagne. Cette dernière doit aussi prendre ses responsabilité au sein de l’UE.

  2. Oui et dans ce cas, nous serions à l’Allemagne ce que les Etats-Unis sont à la Chine. Je suis d’accord pour la dimension démographique.
    Une autre ressemblance avec la Chine: cette dernière a choisi la voie rapide pour doper son PIB (l’export), l’Allemagne a fait de même pour retrouver la compétitivité de l’ex RFA.
    Il est vrai que L’Allemagne (mais aussi les Pays Bas etc…) creuse les déficits commerciaux de beaucoup de pays européens…en vendant bien des produits qui contiennent des intrants produits en asie ou dans l’est de l’europe.
    Mais, comme vous le dites, déclarer la guerre à un pays, c’est la déclarer à plusieurs à la fois.
    La meilleure solution ne serait-elle pas que les plans de rigueur, qui se propagent en Europe, soient équilibrés par une relance en Allemagne, pays excédentaire?
    L’Allemagne doit-elle ses excédents uniquement aux délocalisations?

  3. Le gros problème de l’Allemagne c’est son choix de continuer à préserver au mêmes niveaux ses gains de productivité. Nous voyons par exemple que l’Allemagne fait venir des travailleurs étrangers ( pays de l’est) pour éviter un effet de rareté sur le marché du travail. L’aspect positif c’est peut être que ces travailleurs immigrés consommeront, l’aspect négatif c’est aussi peut être le maintien de salaires relativement bas. Moi je pense qu’un moyen d’aider les pays périphériques serait de rétablir temporairement des droits de douanes ciblés (je sais vous aimez pas çà) à l’intérieur sur des produits semblables mais pour lesquels l’écart de compétitivité est trop fort entre Etats au sein de l’UE. Celà serait un mécanisme temporaire permettant aux pays en grosse difficulté de respirer un peu d’air.

  4. Oui, les gains de productivité allemands sont rapides. Pour faire face à la rareté du travail, les entreprises allemandes ont intérêt à délocaliser et à puiser dans le vivier de main d’oeuvre qualifiée de l’est européen.
    Ah, les droits de douane, parlons en.
    Je vais vous dire quelque chose qu’il ne faudra pas répéter: si on me prouve que le protectionnisme est le seul moyen de sauvegarder la protection sociale (en Grèce ou ailleurs), j’y serai mille fois favorable.
    Mais est-ce le cas?
    Vous proposez de protéger le marché intérieur de pays comme la Grèce ou le Portugal, à condition que la production locale prenne le relais.
    Cela revient à protéger les périphériques des autres pays périphériques (Grèce contre Pologne…ou Chine).
    Mais est-il nécessaire et possible de réindustrialiser la Grèce? Après tout, ce pays exploite ses avantages comparatifs dans les services:http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=53778
    Vous allez répliquer qu’il s’agit d’une spécialisation appauvrissante, et cette idée se défend. Mais les fonds structurels et d’autres transferts pourraient être mis en oeuvre pour soutenir ce pays, comme on organise la solidarité interégionale en France ou ailleurs.
    Face à la concurrence des pays européens plus avancés, la Grèce a modifié l’orientation de ses exportations et privilégie le moyen orient ainsi que le sud-est de l’Europe. Qu’elle poursuive dans cette voie.
    On peut également chercher d’autres solutions: La crise grecque n’a-t-elle pas été accentuée par les mouvements de capitaux et les prêts inconsidérés des banques françaises et allemandes? Comment rétablir la confiance entre l’Etat grec et ses citoyens, de manière à remplir les caisses publiques?
    On ne pourra pas établir des droits de douane dans ces pays sans qu’ils ne quittent l’euro.
    DG

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s