Les unions monétaires sont des processus politiques

Une étude de Natixis nous rappelle que les unions monétaires sont des processus politiques et non économiques.

Les différents Etats américains sont tout autant hétérogènes que les nations européennes en termes de revenu, de finances publiques  et de spécialisation productive.

A ce détail près: les Etats-Unis disposent d’un budget fédéral significatif.

Les Etats-Unis auraient bien des raisons économiques pour se disloquer, mais la volonté politique l’emporte.

DG

Publicités

9 commentaires sur “Les unions monétaires sont des processus politiques

  1. …vous n’êtes d’ailleurs pas sans ignorer que la volonté politique ne l’a pas toujours emporté aux USA. Il y a d’ailleurs déjà eu plus d’un dollar

    Le dollar confederé:

  2. …et des difficultés pour créer une fédération !

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_f%C3%A9d%C3%A9raliste_%28%C3%89tats-Unis%29

    Quand au budget fédéral des USA, à la veille de la 1ere guerre mondiale – soit un siècle plus tard(!), il était voisin du budget actuel de l’UE en % du PIB

    http://www.usgovernmentspending.com/spend.php?span=usgs302&year=1905&view=1&expand=&expandC=&units=p&fy=fy12&local=s&state=US#usgs302

    merci à vous pour ce blog aux textes court et riches.

    1. Merci,
      …et je vois qu’en 1905 la dette publique américaine dépassait pas 20% du PIB. Un rêve pour certains.
      Il faudra bien lever directement un impôt européen. Il est triste que la seule taxe commune dont on parle dans les médias soit…le relèvement des droits de duane.
      DG

  3. Le gros problème c’est qu’aux USA il existe une extrême mobilité des travailleurs à l’intérieur du territoire. Quand La zone industrielle de Detroit a commencé à décliner, nombreux sont ceux qui ont émigrés vers la Sun Belt. Ce processus de migration interne est beaucoup moins effectif au sein de la zone UE. Ainsi quand un Etat de la zone euro est en difficulté il ne peut pas y avoir aussi facilement qu’aux USA une réallocation de la force de travail vers les zones en expansion. Surtout, la politique de la BCE est extrêmement critiquable. Son obsession à vouloir contenir l’inflation au dépend d’autres variables est selon moi la mauvaise méthode. En effet, cette politique permet d’assurer aux investisseurs
    la garantie que leurs avoirs ne perdront pas beaucoup de valeur dans l’avenir mais celà a crée un effet pervers en attirant l’essentiel de l’épargne vers des produits peu risquées comme la dette souveraine au dépend de projets d’investissement. Je m’explique: si l’inflation était plus forte, les investisseurs seraient incité à financer des projets plus risqués mmais plus rentable. La politique de la BCE a certes permis à la France de se financer à taux extrêmement bas pendant des années alors même que la dette atteignait des sommets, dans le même temps cette demande de financement continu a phagocyté l’épargne disponible aux dépend des projets d’investissement. On pourrait considérer que l’Etat pourrait réinvestir le produit de ces obligations dans l’économie réelle. Malheureusement çà n’a pas été le cas. Il faut bien comprendre qu’un euro investi directement dans l’économie privée génère bien plus de croissance qu’un euro investi dans des obligations d’états. Le privée en effet assure généralement une meilleur allocation des actifs que le public.

  4. J’entendais hier les officiels chinois affirmer qu’ils avaient confiance dans l’avenir de l’euro. C’est déjà ça…
    A propos de la mobilité professionnelle et résidentielle aux Etats-Unis, elle est en effet plus forte que sur le continent européen, mais les statisticiens observent un déclin important de cette variable, ce qu’ils ne savent pas l’expliquer.
    La dette publique se creuse surtout en période de crise. Sans cela, ce serait au secteur privé et aux ménages d’encaisser (bien ou mal) le choc. En dehors de ces périodes, il faudrait, bien sur; que les Etats pensent à se désendetter. Or, l’Etat français n’accumule pas beaucoup de réserves en période de repris. Notre cher président n’a t-il pas dilapidé en 2007 les quelques milliards d’excédents primaires (hors intérêts) conquis de haute lutte par le gouvernement antérieur?
    L’inflation rendrait-elle moins attractive les obligations d’Etat? oui, sauf leur rendement est indexé sur la hausse des prix.
    DG

  5. Tout le monde répéter a satiété l’argument de la « faible mobilité » en Europe….
    Sans remonter plus loin que aux trente glorieuses, il est quand même étonnant d’oublier certains chiffres :

    10 % des portugais se seraient établis en france ( 1ere « communauté » dans ce pays)
    Plus proche , depuis la fin des années 90 : pres de 1 million de polonais au RU…

    il y a peut etre peu de mobilité en Europe, mais c’est parcequ’on observe des populations a des moment de prosperité relative.

    Dans les deux cas cités de plus, il y avait des freins importants (les portugais sont largement arrivés illégalement – on est dans les années 60-70, et jusqu’en 2004, la pologne n’est pas dans l’UE).

    Alors, dans le cadre d’une libre circulation et d’un acces aux emplois….

  6. Je suis tout à fait d’accord avec l’analyse de votre confrère de Natixis. Il s’agit bien d’une construction politique, mais alors celà signifie donc que pour sauver l’euro l’Europe doit aller vers plus d’intégration. Mais la on se heurte à la volonté des peuples. Chacun exprime des désaccords. Comprenez bien qu’il est plus facile aux USA d’aider un Etat car il existe un grand sentiment patriotique. En Europe ce sentiment patriotique n’existe pas. Personne ne parle d’identité européenne. Je me rappelle d’une analyse qu’avait fait un politologue américain sur l’Europe. Pour lui la faiblesse de l’euro est lié à un manque de personnages charismatiques à la tête de l’UE. En effet que ce soit Von Rompuy ou Ashton les gens ont l’impression que l’UE est une usine à gaz qui nous coûte plus d’argent qu’autre chose. L’Europe arrive donc à un moment de vérité. Soit de grands dirigeants européens à la Schumann où inévitablement elle risque de disparaître. Je dis çà parce que si on délègue désormais une partie de la politique budgétaire à l’UE, toute mesure d’austérité sera considérer comme inacceptable car venant d’autorités qui aux yeux des peuples n’a pas de légitimité. Ceci est mon analyse: soit de vrais dirigeants européens charismatiques émergent et plaident pour plus d’intégration, soient on fait le choix d’une intégration forcée et inévitablement on se heurtera à refus des peuples.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s